Les élites, dans tous les domaines, produisent et reproduisent l’ordre établi. Le système éducatif, dans sa totalité, est structuré en sas successifs pour prolonger cet état des choses. La relation mandarinale, pyramidale, maître-disciple, maître-élève, maître-serviteur, maître-esclave, perpétue à travers les siècles, la reproduction de processus discriminatoire par le savoir le savoir. Le professeur, au même titre que le militaire, le policier, le juge est un oppresseur, un fonctionnaire de l’aliénation générale. 

La révolution numérique, qui désapproprie le pouvoir du monopole de l’information, dès lors qu’elle est délivrée de la technostructure qui l’administre, du management qui la détourne à des fins néolibérales, est une opportunité pour faire basculer le monde dans la transversalité, où la connaissance s’investit dans la vie quotidienne sans capitalisation, sans autorisation. 

Le pouvoir perd le contrôle de l’information, mais garde le monopole de la méthode. Il technocratise la culture, la standardise, la mercatise, pour la vider de sa substance diversitaire. Quand l’élite déploie son étouffoir des libertés, la culture reste la première et dernière arme de résistance. 

Multiplier les expériences d’autogestion culturelle sur le terrain, à la base, dans la praxis créative, libérer la société de l’emprise des élites, laisser le sommet s’écrouler sur lui-même, démonitiser les intelligences, sont désormais des ambitions raisonnables. 

Mustapha Saha 
Sociologue, poète, artiste peintre



 
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