S’il y a une leçon à tirer de la Ve édition des Intégrales de l’investissement, organisée les 13 et 14 décembre et placée sous le signe de la mobilisation de la diaspora marocaine, c’est bien le fait que, pour les Marocains résidents à l’étranger (MRE), les sentiments patriotiques n’ont aucun lien avec l’acte d’investir, ou très peu.

Non pas que ces derniers n’aiment pas leur pays d’origine. Bien au contraire. Ils le prouvent par l’évolution croissante du montant des transferts de devises, mais comme le souligne un intervenant, «moins de 10% des MRE ont l’intention de rentrer au pays pour y investir», les autres ont leur vie professionnelle, leur vie tout court, ailleurs. Pour l’essentiel, les transferts servent en effet à soutenir la famille ou à se payer un pied-à-terre.

Lourdeurs administratives, foncier, formation, les obstacles cités par les investisseurs
Cette édition a aussi été marquée par un décalage entre le discours des officiels qui continuent de vendre le Maroc d’une manière plutôt classique et celui de jeunes MRE venus de tous les horizons qui n’ont pas manqué d’afficher leur pragmatisme. Que ce soient dans les tables rondes ou lors des pauses-cafés, la question qui revenait sans cesse était de savoir «ce que le Maroc offre aux hommes d’affaires, qu’ils soient nationaux ou étrangers».

De manière générale, trois types de problèmes ont ainsi été soulevés par les hommes d’affaires ou investisseurs potentiels. Le premier a pour nom «administration». En effet, malgré les progrès accomplis ces dernières années, celle-ci continue d’être un sérieux frein à l’investissement. On a ainsi pu entendre le témoignage d’un homme d’affaires français qui, voulant profiter des avantages du plan Emergence, est venu installer à Casablanca une unité de fabrication de pièces destinées à l’industrie aéronautique. Employant une soixantaine de personnes qu’il a formées lui-même, il attend toujours de pouvoir signer une convention avec l’administration pour la formation de formateurs dans le domaine de l’aéronautique. Selon ses dires, au moment où il s’apprêtait à signer avec le département concerné, après avoir dépensé beaucoup d’énergie à identifier le bon interlocuteur, il y eut le changement de gouvernement... Résultat : il a perdu un an sur son plan d’investissement initial.

Deuxième problème, le foncier. A quelques exceptions près, on continue à penser que l’offre de foncier adapté est inexistante et quand bien même des opportunités existeraient, les procédures, surtout concernant l’apuration, sont trop contraignantes.

Enfin, le système éducatif et de formation est jugé peu performant. «Il y a une main-d’œuvre formidable et qui apprend vite, mais, souvent, la formation doit être complétée ou revue de fond en comble», explique un investisseur. Ce n’est pas la première fois que l’on entend ce genre de propos, et le mythe des compétences prêtes à l’emploi, dont se targue le Maroc depuis des années, est de plus en plus battu en brèche.





 
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