Isabelle Adjani giflée par Lino Ventura... Paf ! Cette scène a rendu culte le film de Claude Pinoteau. Et inspiré deux décennies de rébellion adolescente au cinéma.


En 1974, Valéry Giscard d'Estaing battait de peu François Mitterrand à la pré­sidentielle, l'équipe des Pays-Bas de ­Johan Cruyff s'inclinait devant l'Allemagne en finale de la Coupe du monde de foot et Isabelle Adjani prenait une claque de Lino Ventura. Cette Gifle, toute la génération qui avait des posters de Charlie Brown dans sa chambre s'en souvient. Pour la première fois en France, une héroïne adolescente s'élevait contre l'autorité paternelle traditionnelle : « Je veuuuux arrêter mes études de médecine, je veuuux la ­liberté ! » « Mais ce n'est pas un métier, ça », répondait le père agacé, dans son costume-cravate. Puis elle visait là où ça fait mal, montait dans les aigus, et paf, la baffe partait : un grand acteur ancien lutteur filait une tarte magistrale à la future Adèle H., et Claude Pinoteau ­empochait le prix Louis-Delluc pour cette comédie de moeurs coécrite avec Jean-Loup Dabadie. Un film matrice (ou plutôt... patrice) qui fit, ensuite, un enfant ou deux par décennie.


“Ne nous fâchons pas” de Georges Lautner, la grande baffe
Lino Ventura, Jean Lefebvre, Michel Audiard… En reprenant le trio gagnant des “Tontons flingueurs”, Georges Lautner réussit le parfait pastiche du film de gangsters. Truculent, turbulent, hilarant.


Ne nous fâchons pas ? Justement, il est possible qu’on se fâche avec certains et qu’on risque même un bourre-pif de la part des moins urbains en prétendant ce qui suit : Ne nous fâchons pas (1966) est plus libre, plus rythmé et… plus drôle que Les Tontons flingueurs. Réalisé trois ans après, mais toujours avec Lino Ventura en grand distributeur de baffes et Michel Audiard en grand dispensateur de claques verbales, cet autre pastiche de film de gangsters narre les mésaventures d’Antoine Beretto (Lino, donc), truand rangé des voitures qui s’occupe de bateaux sur la Côte d’Azur et se dérange juste pour rendre un petit service : récupérer un magot auprès de Léonard Michalon, escroc minable et embrouilleur de première.

Léonard est une plaie, une malédiction, et dans le rôle, Jean Lefebvre est exceptionnel : un sommet de pleurnicherie, chantage affectif, et autres roueries du pot de terre contre le pot de fer – « Vous promettez, vous promettez !

Prochainement sur vos écrans : La Grange Gifle






 
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