Les migrations sont un phénomène évolutif, multidimensionnel et pérenne. Pérenne, ce phénomène est présent depuis l'aube de l'humanité, comme il ne disparaîtra pas de sitôt. S'il connaît des flux et des reflux, sur le long terme, il est promis à « un bel avenir », si l'on peut dire.

Partout où des êtres humains se sentent à l'étroit, n'ont pas la reconnaissance qui leur est due, ont des ambitions, des aspirations ou des rêves qu'ils pensent ne pas pouvoir réaliser « chez eux », ils migrent vers d'autres cieux où nait à leurs yeux une lueur d'espoir, nonobstant les incertitudes, les risques, les dangers mêmes. Le rapport 2020 du département des Affaires économiques et sociales de l'ONU montre clairement que, malgré un ralentissement dû à la pandémie de la Covid-19, la migration internationale a continué d'augmenter, et les pays de destination restent toujours ceux aux revenus les plus élevés, suivis de ceux aux revenus élevés - selon la classification de la Banque mondiale. Cette tendance semble être là pour durer, car les efforts des États et de la « Communauté internationale » dans la lutte contre les effets néfastes et dévastateurs du changement climatique et pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris - dépassés par les événements de « mère nature » - et ceux du développement durable (ODD) suivant l'Agenda 2030 et en vue de concrétiser LA transition écologique adéquate, ces efforts se sont révélés insuffisants jusqu'à présent. Preuve en est, parmi d'autres, le dernier appel du Secrétaire général de l'ONU pour atteindre la neutralité carbone d'ici à la fin du siècle. Tout, ou presque, semble indiquer que les migrants « climatiques » viendront s'ajouter à toujours plus de migrants, réfugiés compris. On peut saluer l'adoption du Pacte de Marrakech pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, aux fins de les limiter étant donné l'état de l'économie mondiale. Cependant, il est tout aussi légitime de se poser quelques questions sur ses chances de réussite. Réussite n'a pas été au rendez-vous dans de nombreux accords internationaux ces dernières décennies. 

Ainsi, la problématique migratoire reste d'actualité, et elle le restera d'autant plus qu'elle est aussi multidimensionnelle. La migration, dans le sens le plus large, a été l'un des principaux facteurs à l'origine de la civilisation. Mais la civilisation n'a pas que de bons côtés. Elle a aussi ses côtés moins brillants. Combien d'ouvres grandioses ont été bâties au prix de souffrances, d'injustices ? A certains égards, dans certains pays et sous certaines conditions, c'est ce que l'expression moderne « participation des migrants au développement » veut dire quand on regarde bien la réalité. Et les migrants participent au développement dans toutes ses dimensions, directement et indirectement. Et comme ce dernier, bien qu'il revête des significations différentes, parfois antinomiques, est et restera l'ultime objectif de tout pays (d'envoi, de transit ou de destination), les migrants continueront d'y participer, quelles qu'en soient les conséquences et les retombées. pour eux, leurs familles, leurs pays. 

La problématique restera d'actualité, évoluera selon les constantes et les variables, les hauts et les bas de cette actualité changeante et évolutive. Hier encore, les migrants aux États-Unis ont subi la politique de l'ex-président Trump. Aujourd'hui, ils commencent à entrevoir les grandes lignes de celle du président Biden. Plus proches de nous, ils se sont pliés aux fluctuations, aux dépassements, aux insuffisances des politiques migratoires de l'Union européenne et ses membres, sans omettre celles des États dont ils sont ressortissants, ou ceux dont ils traversent les territoires ou ceux où ils ont élu domicile. Ces fluctuations seront toujours là, au rythme des avancées techno-scientifiques - la robotisation en particulier, avec la suppression de nombreux métiers -, des conjonctures économiques, des situations sociales, des enjeux politiques et aussi au rythme des revendications, des luttes pour les droits humains et le droit humanitaire. Et selon bien d'autres considérations, événements et faits que l'on ne peut prévoir. 

Si la problématique migratoire est et restera d'actualité, le présent ouvrage, fruit du travail de nombreux chercheurs, venus d'horizons divers et complémentaires, l'est également. Il ajoutera une pierre à l'édifice important des publications sur la question, qu'il enrichira sans aucun doute. Sa lecture apportera des éclairages nouveaux et sera utile tant pour les universitaires (étudiants et chercheurs) que pour les praticiens. 

Espérons qu'il encouragera d'autres à « creuser » cette problématique pour faire avancer encore plus la connaissance dans le domaine des migrations. 






 
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