L’étude suivante a été publiée en 2011 dans le cadre d’un ouvrage collectif coordonné par En Bokko, M.Cebrian, À Falek, A Serrano ayant pour titre général «les migrations marocaines : visions croisées à travers le Détroit (Université de Murcia, Espagne).

L’auteur du texte publié ci-après est Mimoun Aziza, historien à l’Université de Meknès 

Intro : Le Rif est une région de forte tradition migratoire. C’est la deuxième région au Maroc en terme de migration internationale après la région du Souss au sud du Maroc. Plusieurs écrits témoignent de l’ancienneté de ces flux migratoires et leur enracinement. La région a été historiquement confrontée au problème de surpopulation, c’est pour cette raison qu’une partie de la population doit partir pour chercher d’autres ressources à l’extérieur. 

A ce niveau, le Rif offre des analogies avec la Kabylie en Algérie ; dans les deux cas, on a affaire à des populations de paysans sédentaires que leur nombre a contraint à l’émigration et qui, aujourd’hui, vivent bien plus de ressources extérieures que des ressources locales. Il s’agit là d’un phénomène courant dans les sociétés traditionnelles peuplant des régions montagneuses, qu’une partie de la population aille travailler un certain temps ailleurs pour entrer ensuite chez elle. Les ressources agraires locales de bases sont insuffisantes pour subvenir à leurs besoins. Déjà dans les années vingt du XX e siècle Jacques Ladreit signale que l’émigration c’est l’exportation de la seule richesse que les Rifains aient en abondance : leurs bras et que dans l’ensemble du Maroc, le Rif joue le rôle de réservoir d’hommes. « Le Rif un pays non pas de production pauvre, mais de production insuffisante pour nourrir ses habitants. Ne produisant pas d’objets à échanger, il manque de moyens d’acquérir ce qui leur fait défaut, la densité de la population force les Rifains à chercher où elles sont les ressources indispensables, soit à refuser les impôts, soit à émigrer. L’émigration c’est l’exportation de la seule richesse qu’ils aient en abondance : leur bras. Dans l’ensemble du Maroc, le Rif joue le rôle de réservoir d’hommes. » [...]





 
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