Les médias occidentaux et les bonnes consciences de la pensée unique nous serinent que le dissident russe Alexeï Navalny serait menacé par le pouvoir russe. Tout cela serait plus crédible si on avait entendu ces mêmes donneurs de leçons antirusses sous Staline et le régime communiste (car c’est la même chose puisque le stalinisme est une forme de communisme comme le maoïsme, le polpotisme, la Corée du nord, etc.) qui n’a pris fin qu’en 1991 pour ce qui concerne l’URSS. Or, à de très rares exceptions près, ni les journalistes, ni les hommes politiques, ni les prêcheurs professionnels, n’ont alors dit un mot pour condamner le goulag, ses plus de vingt millions de détenus et près d’un million et demi de personnes froidement assassinées. 

Et que l’on ne vienne pas nous dire qu’on ne savait pas, ce qui est l’éternelle ritournelle des complices des assassins aussi bien ceux l’Allemagne nazie que du stalinisme ou du maoïsme. En effet, les livres de Soljenitsyne et de quelques autres ont suffisamment témoigné des crimes abjects du système communiste. En 1973, paraissait L’Archipel du Goulag et l’accueil qui lui fut réservé, dans une France encore influencée par les dogmes et la dictature intellectuelle du Parti communiste, fut plutôt mitigé. L’intelligentsia, compagnon de route traditionnel (que l’on se souvienne des Aragon, Sartre et autre Montand !) du système totalitaire communiste, était alors toute puissante. 

Aujourd’hui c’est une autre intelligentsia qui se mobilise pour Navalny. Tout aussi prétentieuse et autiste que la précédente. Il s’agit de faire oublier les propres défaillances de l’Occident, sa désastreuse gestion de la crise sanitaire, sa lâcheté proverbiale et son impuissance congénitale. Mais il y a plus que la veulerie des Le Drian et autre Van der Leyen, puisqu’il y a le jeu des États-Unis qui poursuivent vaille que vaille leur politique d’endiguement de la Russie, alors qu’ils sont plutôt complaisants — surtout sous Biden — à l’égard de la Chine rouge ou de l’Iran des mollahs. Comme l’a souligné le président Vladimr Poutine le 24 février 2021, la Russie est « confrontée à une politique d’endiguement… Nous sommes confrontés à une politique dite d’endiguement de la Russie ». 

Pour les Russes il ne fait pas de doute que la politique de l’Occident vise à affaiblir la Russie et la contrôler de l’extérieur. C’est dans ce contexte qu’il convient de replacer l’agitation occidentale autour d’Alexeï Navalny. 

Charles Saint-Prot 
Directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques Paris




 
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