Les migrations internationales font l’objet, depuis les années 2000, d’une attention accrue de la part des organisations internationales. Cela a débouché, entre autres, sur la publication de rapports et l’émergence d’un discours international sur les migrations, qui aspirent à la fois à comprendre les enjeux migratoires et à proposer des pistes d’action politiques afin de construire des mécanismes de gouvernance internationale. 

De tels récits supposent cependant de surmonter les divergences d’intérêts entre les acteurs concernés (États, ONG, secteur privé notamment). Cet article analyse la manière dont ces rapports abordent la question des migrations qualifiées, lesquelles se caractérisent par des dilemmes économiques, moraux et politiques particulièrement clairs. Il montre comment les organisations internationales tentent de concilier des positions potentiellement incompatibles afin de surmonter discursivement ces dilemmes et de créer un consensus. Bien que cela fasse partie de leur mandat, le résultat de cette approche est une dépolitisation des questions liées aux migrations.





 
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