La mobilité des personnes est l’une des questions les plus pressantes dans le monde actuel. Elle se pose notamment dans le cadre des relations entre l’Afrique et l’Union européenne. Le Maroc, où se croisent divers enjeux liés à la migration, est touché de façon directe par le sujet.

Depuis son Indépendance, et surtout à partir des années 1990, le Maroc était davantage un pays d’émigration. À partir des années 2000, les mouvements de départ ont commencé à se croiser avec ceux de transit de personnes migrantes d’origine subsaharienne, pour qui le Maroc est devenu une étape sur la route vers l’Europe. Avec le durcissement du contrôle des frontières de l’Union européenne (UE), la signature d’accords de collaboration entre le Maroc et l’UE et la crise économique sur le continent européen, le nombre de départs depuis le Maroc s’est réduit. Dans le cas des personnes marocaines, cette baisse s’explique par un intérêt plus faible à partir en Europe pour une recherche d’emploi, mais aussi par le retour des Marocains résidant à l’étranger (135 000 en 2014 selon le HCP). Dans le cas des personnes subsahariennes, l’impossibilité à franchir les frontières a entraîné un allongement de la durée de transit au Maroc, conduisant à une hausse du nombre d’étrangers sur le territoire national. À cela, il faut ajouter les personnes réfugiées arrivées au Maroc en raison du conflit en Syrie depuis 2011, mais aussi à cause d’autres situations sur le continent africain, ainsi que les étrangers qui ont choisi de s’installer au Maroc, un pays perçu comme offrant de meilleures opportunités. 

Pour comprendre la situation des enfants au sein de ces flux migratoires, toujours plus divers, il est important de placer le sujet au cœur du débat migratoire. Au cours des mouvements migratoires, tous les aspects liés à l’accès aux droits des enfants (éducation, soins de santé, nutrition, eau, assainissement et protection) se trouvent affectés, parfois de façon prolongée. Deux problématiques sont particulièrement concernées : garantir les droits des enfants en situation de mobilité malgré leur statut migratoire, et établir des protocoles clairs pour déterminer ce qui relève de leur intérêt supérieur.




 
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