Résolument le Maroc, dernière frontière africaine aux portes de l’Europe est en passe de devenir le gendarme du vieux continent, au sens propre du mot, puisqu’il sera doté de moyens techniques et technologiques à cette fin.

En effet, dans le cadre du projet de soutien à la gestion des frontières et de la migration au Maroc, financé par l’Union européenne, la Chambre Espagnole de Commerce, d’Industrie et de Navigation de Casablanca a lancé un premier des quatre importants appels d’offres prévus dans le cadre de ce projet.

Doté d’un montant de 40 millions d’euros, le projet est géré par la Fondation internationale et ibéro-américaine pour l’administration et les politiques publiques (FIIAPP) avec pour principal partenaire le ministère marocain de l’Intérieur.

D’une durée de 36 mois, ce projet se fixe comme objectif de contribuer à « l’atténuation des vulnérabilités liées à la migration illégale et à la lutte contre ce fléau, à travers le renforcement des capacités opérationnelles et institutionnelles pour la surveillance des frontières, y compris les mécanismes de coordination et de coopération nationale, régionales et transfrontalières ».

Justement pour y parvenir, le projet se décline en quatre appels d’offres relatifs à l’approvisionnement de matériels techniques. Dans ce sens, le premier appel d’offres lancé par la Chambre Espagnole de Commerce, d’Industrie et de Navigation de Casablanca, doté d’un budget global de 66.800 euros concerne l’acquisition de matériel de télécommunication nautique. Le marché est réparti en cinq lots : le premier porte sur 5 radars maritimes pour un budget de 27.000 euros, le deuxième lot est doté de 15.000 euros pour 10 systèmes d’identification automatique. Le troisième porte sur 10 GPS, dont 7 portables pour 8.000 euros. Le quatrième lot concerne l’acquisition de 5 radios fixes VHF pour un budget total de 8.600 euros. Enfin, le cinquième lot porte sur l’acquisition de trois systèmes de cartographie, pour un budget de 8.200 euros.

La FIIAPP encourage par ailleurs les entreprises marocaines à participer à ces appels d’offres, sachant que la date limite pour le dépôt des dossiers pour ce premier appel d’offre est le 12 juillet à 12h, heure espagnole.

Surtout le deuxième appel d’offres qui sera lancé courant juin sinon en juillet relatif aux véhicules utilitaires légers pour un budget de 26 millions d’euros ! Réparti sur 7 lot, cet appel d’offre concerne l’acquisition de (230 véhicules 4×4 tropicalisés (pour 13,8 millions d’euros), 10 véhicules 4×4 avec configuration ambulance (520.000 euros), 100 4×4 Pick Up véhicules (5,5 millions d’euros), 10 camions-citernes 4×4 (1,65 million d’euros), 8 camions-citernes pour essence (1,32 million d’euros), 18 camions 4×4 plate-forme (2,61 millions d’euros) et enfin 8 camions frigorifiques d’une valeur de 600.000 euros. Une véritable flotte de guerre pour contrôler les flux migratoires aux larges frontières du Royaume.

Le projet de soutien à la gestion des frontières et de la migration au Maroc, prévoit également deux autres appels d’offres pour l’acquisition de caméras thermiques et de navires semi-rigides et dont les budgets ne sont pas encore clôturés.

Le projet lui-même s’inscrit dans un vaste volet de coopération entre le Maroc et son vieux partenaire, l’Union européenne, et dont les négociations sont passées par plusieurs années et plusieurs phases (tendues souvent comme ce fût le cas pour l’accord de réadmission rejeté par le Maroc avant d’aboutir à cette nouvelle formule fin 2018 dotée d’un budget global de 148 millions d’euros.

Il faut reconnaître que le lancement de cet appel d’offres a été lancé le lundi 1er juillet 2019, juste après la tenue jeudi 27 juin de la 14ème session du Conseil d’association UE-Maroc à Bruxelles. Cette rencontre entre la Haute Représentante de l’UE, Federica Mogherini et le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, marque un coup de boost aux relations de coopération entre les deux partenaires après êtres passées par une période de « bas régime ».

D’ailleurs l’un des sujets au menu du jour de la rencontre à Bruxelles est la migration, en plus de la mobilité. Des sujets qui sont l’objet de plusieurs programmes entre les deux partenaires portant sur l’asile, la protection et intégration des migrants, l’aide aux migrants vulnérables, (y compris les femmes victimes de violence, accompagnées de jeunes enfants, de mineurs non accompagnés) victimes de la traite, la promotion des droits des migrants, le retour volontaire dans les pays d’origine; les projets de retour et de réintégration; la mobilisation de la diaspora marocaine et l’attraction de ses investissements; et la migration légale. Parce que plus important que l’approche sécuritaire qui consiste à intervenir à nos frontières et mettre en échec les tentatives de ces migrants à rejoindre la rive nord de la Méditerranée, il faut savoir, comment le Maroc gérera-t-il ce flux en protégeant les droits de chacun !




 
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