Près d’un quart du stock de capital humain médical a déjà fui, ce qui engendre un manque à gagner en terme quantitatif mais aussi en terme qualitatif. Les conditions de travail, la relativement faible qualité des institutions, la faible rémunération et la crise économique favorisent l’émigration des médecins. 

Les États-Unis, le Canada et de nombreux pays européens tentent d'attirer des médecins, y compris des Marocains, pour leur offrir un processus de migration facilité et des avantages financiers alors qu'ils cherchent à combler le fossé des médecins créé par l'épidémie de coronavirus. 

Les médias français ont déclaré qu'il y avait une course entre les laboratoires européens et les hôpitaux pour attirer les médecins marocains, tunisiens et sénégalais basés en France. 

La France et l'Allemagne ont créé des portails pour embaucher des médecins marocains ciblant notamment ceux qui poursuivent des recherches dans les centres médicaux allemands. 

La France compte 9 000 médecins marocains, dont la plupart ont été formés dans des universités marocaines, ce qui représente une perte énorme pour leur patrie. 

Les Marocains ont exprimé leur fierté après que leur national Moncef Slaoui ait été nommé par la Maison Blanche pour diriger l'effort américain de vaccination Covid-19, mais en même temps, ils regrettent de ne pas avoir chez eux des institutions de recherche avancées. 

Le Maroc compte près de 950 médecins en soins intensifs et se prépare à porter à 3 000 le nombre de lits en soins intensifs. Jusqu'à présent, le verrouillage a ralenti la propagation du virus, mais les analystes locaux appellent à davantage de recrutement pour le personnel des hôpitaux, à la construction de nouvelles installations et à plus d'incitations à garder le Marocain médecins de leur pays. 

La fuite des cerveaux a pris une ampleur considérable dans les pays du Maghreb central (Algérie, Maroc et Tunisie) ces dernières années. Elle touche, en effet, la crème des qualifiés : médecins, ingénieurs et professeurs universitaires. Les statistiques les plus récentes sur les émigrants qualifiés fournies par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) montrent que la part d’émigrants niveau supérieur dans l’émigration totale est de 16,6 % pour le Maroc, 20 % pour la Tunisie et 21,1% pour l’Algérie en 2010/2011 (OCDE, 2016). Bien que cette part ne représente pas actuellement une situation globalement alarmante pour ces pays comparativement à d’autres pays du monde, il ne cesse de générer un manque à gagner progressif important en termes de qualité du capital humain nécessaire à leur croissance économique.







 
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