Fièvre, maux de tête, fatigue, malaises… Les hôpitaux de Brest et de Saint-Lô ont suspendu la vaccination de leurs professionnels de santé en raison d’un trop grand nombre d’effets secondaires qui ont eu pour conséquence de très nombreux arrêts maladie. Ce qui perturbe le bon fonctionnement des services. Faut-il s’en inquiéter ou est-ce une réaction normale?

Que se passe-t-il (encore) avec AstraZeneca? Le vaccin britannique a fait les gros titres jeudi soir après que le CHRU de Brest, dans le Finistère, mais aussi l’hôpital de Saint-Lô, dans la Manche, ont décidé de suspendre "jusqu’à nouvel ordre" son administration aux soignants, en raison d’un trop grand nombre d’effets secondaires qui ont eu pour conséquence de très nombreux arrêts maladie dans les services de l’établissement.

À la suite des premières injections dans le service des maladies infectieuses au CHRU de Brest jeudi, sur 44 soignants vaccinés, 18 auraient connu des effets secondaires importants, ce qui aurait entraîné autant d’arrêts maladie. Conséquence: ce vendredi matin, les membres CHSCT de la CGT ont déposé "un droit d’alerte pour danger grave et imminent" concernant la vaccination des agents du CHRU au vaccin covid Astra-Zeneca, rapporte Ouest France

"Climat de défiance"
Le syndicat déplore "l’absence de réponse de l’employeur à nos questionnements", précise le quotien. Selon lui, ce "manque de transparence dans les informations transmises par la direction du CHRU Brest-Carhaix est de nature à engendrer des risques psychosociaux chez les agents et un climat de défiance vis-à-vis de la vaccination". 

Même scénario à l’hôpital de Saint-Lô: les malaises chez les personnels vaccinés ont mis en difficulté le fonctionnement de certains services. "La raison de la suspension, c’est qu’on a vacciné une cinquantaine de personnes hier (mercredi) et qu’on a une proportion de personnes qui n’était pas bien aujourd’hui, qui avait des symptômes du type fièvre et nausée. Cela nous met en difficulté quand on a des équipes entières qui sont vaccinées le même jour et qu’on a 15% de l’équipe qui a des symptômes post-vaccin", a indiqué la chargé de communication de l’hôpital, Mélanie Cotigny.

"Une petite dizaine" de professionnels sur la cinquantaine vaccinée ont présenté ce type de symptômes, a-t-elle précisé. "On a repris l’intégralité de nos plannings pour pouvoir mieux disperser la vaccination entre services et on devrait reprendre avant le week-end je pense", a ajouté Mélanie Cotigny.

A la question de savoir si l’hôpital a été surpris par la proportion de personnel vacciné touchée par des symptômes, Mélanie Cotigny a expliqué: "On a eu plutôt moins d’effets secondaires sur les Pfizer – sur Moderna on a moins de recul – mais le labo (Astrazeneca ndlr) annonçait 12 à 15% d’effets secondaires sur cette vaccination. Donc on le savait mais on ne l’a pas anticipé de cette manière là".

La réponse de l’ANSM? Des effets indésirables "connus"
L’Agence du médicament (ANSM) a relevé un "signal potentiel" jeudi avec 149 déclarations de syndrome grippal, souvent de forte intensité (fièvre élevée, courbature, maux de tête) touchant des professionnels de santé pour la plupart, parmi les quelque 10.000 personnes vaccinées entre le 6 et le 10 février. "Ces effets indésirables sont connus et décrits avec les vaccins", a indiqué l’ANSM. 

"Les établissements de santé sont informés de ce signal potentiel" et pour "limiter le risque" de perturbation du fonctionnement des services de soin, il est recommandé de vacciner de façon échelonnée le personnel d’un même service, indique l’agence sanitaire en recommandant, si besoin, de privilégier l’utilisation du paracétamol à la dose la plus faible et le moins longtemps possible.

Concernant le vaccin Comirnaty de Pfizer/BioNTech, les 73 cas d’augmentation de la tension artérielle, immédiatement après la vaccination ou de façon différée, ont été de courte durée et d’évolution favorable, a détaillé l’ANSM. Devant tout symptôme évocateur d’une hypertension artérielle tel qu’un malaise des maux de têtes, des vertiges, l’ANSM recommande aux personnes vaccinées d’effectuer un contrôle de la pression artérielle pour une prise en charge médicale la plus précoce possible, si cela s’avère nécessaire. Les informations concernant ces deux vaccins ont été transmises à l’Agence européenne du médicament (EMA), indique l’agence. "A ce jour, il n’y a pas de signal de sécurité avec le vaccin Moderna", ajoute l’ANSM.





 
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