Dernièrement, un communiqué a fait état d’une initiative intéressante. Celle de la mise en place d’une coordination entre des représentants de huit partis politiques marocains (Istiqlal, MP, PJD, UC, PAM, RNI, USFP, PPS) au sein des pays d’immigration. Cette coordination a formé une délégation pour se rendre au Maroc afin de défendre auprès des acteurs politiques, parlementaires, gouvernementaux et institutions concernées, dans le cadre d’un programme de contacts entre le 5 et le 12 janvier 2021, l’effectivité du droit des citoyens marocains établis à l’étranger, à la participation et à la représentation politiques par rapport au Maroc (voir à la fin de cet article, le lien relatif au communiqué en arabe). 

Indépendamment de la manière dont a été composée la délégation au niveau de certains partis politiques marocains au sein des pays d’immigration et des problèmes que cela pourrait susciter au sein de certains d’entre eux pour manque d’information de leurs membres (c’est leur propre affaire), la formation de cette délégation est une bonne chose, d’autant plus que la représentation de certains partis, se fait au niveau de membres du bureau politique ou du comité exécutif de ces partis, ces responsables du secteur «Marocains du Monde » vivant au Maroc même.. 

Mais si l’initiative est louable, n’est-elle pas trop tardive ? N’aurait-il pas fallu la prendre (même avec vidéo conférences) AVANT les contacts-discussions entre le gouvernement et les formations politiques à propos des prochaines élections marocaines 2021, en particulier les législatives ? 

De plus, pourquoi n’avoir pas inclus dans la délégation des représentants d’autres partis politiques, certes non représentés au parlement, mais ayant toujours, y compris récemment, défendu dans leur mémorandum au ministère de l’intérieur la députation des citoyens MRE à partir de circonscriptions électorales législatives de l’étranger, comme c’est le cas du Parti de la renaissance et de la vertu (qui a une représentation en Europe) et le Parti démocrate national ? 

Au-delà de la composition partisane et du timing de la visite de cette délégation au Maroc, alors que les jeux sont déjà faits et que la direction de chacun des partis politiques a déjà défendu certains points et pas d’autres dans les faits et de manière claire et concrète, notamment les droits politiques des citoyennes et des citoyens marocains à l’étranger par rapport au Maroc, la question principale et fondamentale me paraît la suivante : 
  • Que va défendre exactement la délégation à Rabat et Casablanca auprès des directions de certains partis politiques, des présidents des groupes parlementaires des deux chambres et des deux présidents de ces dernières, de responsables gouvernementaux et institutionnels ? 
  • Quelle formule et mécanisme de participation politique et de représentation parlementaire vont-ils être mis en avant de manière collégiale par les membres de la délégation ? 
  • Quel sera le contenu précis de son plaidoyer ? 
Si c’est le vote et l’élection de député(e)s dans les pays d’immigration à travers les ambassades et consulats marocains, par le biais de circonscriptions électorales législatives de l’étranger, comme le réalisent de nos jours de nombreux pays, y compris du voisinage, c’est très bien. C’est conforme à la Constitution, aux décisions énoncées dans le discours royal fondateur du 6 novembre 2005 et aux revendications lancinantes de la Jaliya. Si c’est mettre des citoyens MRE dans les listes nationales, mais à condition que ce soit EN TÊTE DE LISTE, c’est le moindre «mal ». À la limite, cette dernière solution dépend de la volonté politique de la direction de chaque parti et n’a pas besoin d’une délégation multipartite. Le PJD le fait déjà depuis plusieurs législatures. 

Par contre, toute autre formule qui supposerait le maintien du mécanisme inique de la procuration et l’absence du vote direct réel des citoyennes et des citoyens marocains à l’étranger dans les consulats et ambassades marocaines est, de mon point de vue, à éliminer. 

S’agissant par ailleurs des contacts prévus à Rabat et au-delà du simple aspect protocolaire, pourquoi avoir choisi le secrétaire général au lieu du président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger ? Plus fondamentalement, pourquoi même avoir mis le CCME sur la liste des contacts, sachant pertinemment que sa direction bicéphale a joué un rôle des plus néfaste en matière de (non) participation politique et de (non) représentation parlementaire des citoyens MRE durant les 13 années d’existence du Conseil ? N’est-ce pas décerner un brevet de crédibilité à ces deux dirigeants institutionnels et donner l’illusion qu’ils ont été ou pourraient d’eux-mêmes à l’avenir, être pour l’effectivité pleine et entière des droits politiques des citoyens MRE par rapport au Maroc ? 

Autres interrogations : pourquoi n’avoir pas mis sur la liste de contacts la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger ? La délégation va-t-elle soulever auprès de tous ses interlocuteurs la nécessaire représentation démocratique des citoyens MRE au sein du comité directeur de la Fondation (gelé depuis l’an 2000), dont la composante MRE est réservée depuis 1990 aux «Amicales » sécuritaires datant des années de plomb ? 

Outre la députation des citoyens MRE, la délégation va-t-elle soulever également la question de la représentation MRE au sein de la Chambre des conseillers, ce qui supposerait la révision de l’article 63 de la Constitution pour introduire un collège MRE, et supposerait par exemple un CCME élu ? 

Indépendamment de la représentation MRE à la deuxième chambre, la délégation va-t-elle défendre le principe de l’élection (plutôt que la nomination) de la composante MRE au CCME, conformément aux orientations du discours royal du 6 novembre 2007, qui a préconisé pour le prochain Conseil, le principe de la représentativité démocratique et de l’élection ? Va-t-elle présenter en ce domaine un projet précis pour la mise en place du nouveau Conseil, en application de l’article 163 de la Constitution de 2011, sachant que le projet gouvernemental en la matière n’est pas encore parvenu au Conseil de gouvernement (voir même au secrétariat général du gouvernement), alors que le 19 avril 2017, lors de la présentation au parlement du programme du gouvernement, Saâd Eddine Elothmani, chef de l’exécutif, en faisait une urgence absolue ? 

Qu’en est-il aussi de la question de la représentation MRE dans les institutions de bonne gouvernance en dépit de l’article 18 de la Constitution et du discours du Trône 2015 ? Au-delà du principe, y a-t-il des propositions concrètes pour chacune des institutions concernées, nécessitant au niveau du caractère OBLIGATOIRE de cette implication, la révision des lois ou lois organiques portant leur création, voir même la révision de l’article 18 de la Constitution, dans la foulée d’une révision constitutionnelle que nécessiterait éventuellement le lancement du Nouveau Modèle de Développement au Maroc, à la lumière des suites à donner par le Souverain au rapport qui vient de lui être soumis par la CSMD (Commission spéciale pour le modèle de développement) ? 

Au-delà de ces questions politiques de fonds, la délégation va-t-elle soulever d’autres questions d’ordre social, économique, judiciaire, juridique, administratif, culturel, religieux, institutionnel, stratégique, concernant Al Jaliya, lesquelles ? 

Sur l’ensemble des aspects précités, la délégation a-t-elle préparé un mémorandum précis à remettre aux interlocuteurs et aux différents médias et s’est-elle mise d’accord sur son contenu !? Bien entendu, il ne s’agit pas de se disperser, mais les éléments précités, ne renvoient-ils pas à des revendications de la Jaliya, formant un tout ? 

La coordination a bien fait par ailleurs de prévoir après les divers contacts entrepris, de rédiger et remettre un mémorandum spécial au Cabinet Royal. En effet, c’est là en fin de compte, la bonne porte à laquelle il faudrait se diriger. 
Une communication publique explicite de la délégation, AVANT les contacts, serait la bienvenue pour informer l’opinion publique en général et les citoyens MRE en particulier, sur le contenu exact du plaidoyer et lobbying qui vont être menés. 
Rabat, le 3 janvier 2020

Abdelkrim Belguendouz 
Universitaire à Rabat, chercheur en migration 

Ci-dessous, le Communiqué de la coordination partisane

بلاغ لتنسيقية الأحزاب المغربية بالخارج 
مغاربة العالم : الحق في التصويت و التمثيلية في قبة البرلمان 

عقدت تمثيليات الأحزاب السياسية المغربية في الخارج عدت اجتماعات للتداول في قضايا وانتظارات مغاربة المهجر، وقد تميزت اغلبية النقاشات بحوار عميق، استحضر فيها منسيقي الأحزاب : 

- التوجيهات الملكية المتعلقة بالمواطنين المغاربة المقيمين بالخارج (الخطابات الملكية ل 6 نوفمبر 2005 و 6 نوفمبر 2007، و 30 بوليوز 2015). 
- الفصول المتعلقة بمغاربة العالم والهجرة في الدستور 2011 (الفصول 16, 17, 18, 30, 163)، الذي ساهم أعضاء الأحزاب المغربية بالخارج بشكل فعال في تأطير عملية التصويت عليه في العديد من بلدان المهجر. 
- ‏الظرفية الحالية على المستوى الوطني والدولي، وانتظارات مغاربة العالم ودورهم في المساهمة في بلورة مستلزمات النموذج التنموي الجديد مع التأكيد من جديد على إن التمثيلية المؤسساتية لمغاربة العالم ضرورة وطنية و دستورية. 

في هذا الإطار، تم الإتفاق على مايلي : 
‏القيام بمبادرات للترافع حول أحقية المشاركة المؤسساتية لمغاربة العالم و تفعيل مقتضيات الدستور و‏انصافهم بتمكينهم من إسماع صوتهم والتعبير عن أوضاعهم والمساهمة في الدفاع عن مصالح الوطن والمواطنين اينما كانوا . 

- تحديد تاريخ 5 الى 12 يناير 2021 ‏لعقد لقاءات مع السادة الأمناء العامين للأحزاب، لقاء مع السادة رؤساء فرق الأحزاب بمجلس النواب و مجلس المستشارين، لقاء مع السيد الأمين العام لمجلس الجالية، لقاء مع السيدة رئيسة المجلس الوطني لحقوق الإنسان، لقاء مع السيد رئيس مجلس النواب، لقاء مع السيد رئيس مجلس المستشارين، لقاء مع السيد وزير الداخلية وأخيراً لقاء مع السيد رئيس ‏الحكومة. 
- تحديد يوم 12 يناير 2021 ‏لعقد ندوة صحفية ‏من أجل تنوير الرأي العام المغربي وخصوصا الجاليه المغربية بالخارج ‏بنتائج هذه اللقاءات و رفع مذكرة لصاحب الجلالة الملك محمد السادس نصره الله . 

الوفد مكون من : 

حزب الإستقلال 
الدكتور محمد سعود 
- عضو اللجنة التنفيدية المكلف بمغاربة العالم وشؤون الهجرة، والنائب الأول لرئيس جهة طنجة-تطوان-الحسيمة سابقا 
السيد عادل اشراوضو 
- عضو اللجنة المركزية - منسق الحزب بإفريقيا و رئيس لجنة المغاربة المقيمين بالخارج 
السيد الحاج شفيق 
- عضو المجلس الوطني - منسق الحزب بأوروبا و منسق رابطة الإقتصاديين الإستقلاليين لمغاربة العالم 
السيدة أمينة الزوبير 
- كاتبة جهوية وعضوة رابطة الإقتصاديين الإستقلاليين 

حزب الحركة الشعبية 
الدكتور محمد الغراس 
- عضو المكتب السياسي المكلف بالعلاقات الخارجية و كاتب الدولة لدى وزير التربية الوطنية والتعليم العالي سابقا 

حزب الإتحاد الإشتراكي للقوات الشعبية  
السيد صلاح الدين المنزوي 
- عضو المكتب السياسي و منسق مغاربة العالم 
السيدة عائشة الكورجي 
- عضوة المجلس الوطني و الكاتبة الاقليمية لاسبانيا 
السيد شكيب بوعلو
- عضو المجلس الوطني والكاتب الإقليمي لفرنسا 

حزب الإتحاد الدستوري 
الدكتور احمدو الباز 
- عضو المكتب السياسي و منسق مغاربة العالم 

حزب العدالة والتنمية  
السيد محمد التفراوتي 
- عضو المجلس الوطني و منسق الحزب بفرنسا 

حزب التجمع الوطني للاأحرار  
السيد عبدالرحيم خي بابا 
- عضو المجلس الوطني ومنسق الحزب بكندا 
السيد محمد بيهمدن 
- عضو المجلس الوطن ومنسق الحزب بإيطاليا 

حزب التقدم والإشتراكية  
السيد حميد بشري
- رئيس فدرالية مغاربة العالم لحزب التقدم والإشتراكية 

حزب الأصالة والمعاصرة
السيدة لطيفة الحمود 
- نائبة برلمانية عن حزب الأصالة والمعاصرة من بلجيكا 



 
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