Dans les pays dits civilisés, les personnes âgées deviennent une tare pour la société. La fin de la vie de nos ainés est un véritable naufrage social. « Leurs paroles, poignantes, laissent entrevoir un fragment de la fin de l'existence des 90.000 aînés qui meurent chaque année en maison de retraite. Loin du tumulte médiatique des affaires d'euthanasie » (Étude de l'Observatoire national de la fin de vie (ONFV) 2013. 

«On est devenu pas grand-chose: une table, un pot. On n'est plus vivant quoi, on est un morceau de bois», lâche une vieille dame de 97 ans, apparemment touchée par la dépression, comme le sont 40% des personnes âgées en institution. «Ça ne m'effraie pas de mourir, au contraire: je serai débarrassée de ce que je vis, je débarrasserai les miens aussi. C'est gai pour personne de venir ici», avance une autre résidente, soucieuse de ne pas être un poids pour ses proches. Avoir le sentiment d'être inutile: la première mort des personnes âgées est «une mort par exclusion de la “vraie vie”, celle des gens qui bougent, qui vont vite, qui travaillent», souligne l'étude. Cette angoisse est renforcée par le «non-choix» de l'entrée en institution, «nécessité qui s'est imposée» aux proches faute de ne pas pouvoir poursuivre une prise en charge à domicile, trop « coûteuse ? » ou ingérable. Les trois quarts des personnes âgées en Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) n'ont pas choisi d'y vivre. «Elle m'avait dit: “J'aimerais mieux me jeter du 7e étage que de venir en maison de retraite”», confie un enfant au sujet de sa mère. «La maison de retraite a une image vraiment… c'est plus que la fin de vie, c'est “on se débarrasse des gens”. C'est cela que je ressens, c'est ce que ma famille m'a fait ressentir: je me suis débarrassée de ma mère», résume un autre, déchiré entre un sentiment de culpabilité et le besoin de préserver sa vie personnelle. 

Il aura fallu rien de moins qu'une crise sanitaire pour nous obliger à regarder en face ce que personne ou presque ne souhaitait trop regarder : les conditions de vie et de mort des résidents en Ehpad, ou des "vieux dans les maisons de retraite" quand on les appelait encore par un autre nom. 

"Les vieux devront continuer à rester confinés, plus de petits enfants, plus de vie sociale, plus de bénévolat, et sans doute pas de vacances cet été. Jusqu'à présent je m'accommodais très bien de mon âge, mais là c'est le découragement absolu. Quelle merde de se sentir inutile..." 

UNE RÉALITÉ LA MALTRAITANCE

Les personnes âgées, comme tout le monde, et peut-être même davantage, ont besoin de contacts sociaux. Besoin de leurs proches. Besoin d'une chaleur humaine, que les écrans, aussi perfectionnés soient-ils, ne peuvent pas leur offrir. Et que dire alors de celles et ceux qui meurent loin de leurs proches, avec le poids de douleur que cela représente également pour ceux-ci...



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