La crise sanitaire mondiale occupe les États soucieux de défendre la santé de leurs peuples, au moins pour certains, dont le Maroc qui y consacre toute son énergie. 

Mais des factieux, à l’affût de la moindre occasion, ont cru pouvoir en profiter pour mener des opérations de déstabilisation en vue de porter atteinte à l'intégrité territoriale du Royaume. 

C'est ainsi que les milices du « polisario » ont mené des opérations visant à instaurer le désordre dans la zone tampon de Guerguerat au Sahara marocain - zone située à l'extrême sud-ouest du Sahara occidental qui fait partie de la province d'Aousserd, dans la région Dakhla-Oued Ed-Dahab - qui relie le Maroc à la Mauritanie, notamment par une route que le Royaume a goudronnée en août 2016. 

Rabat entendait ainsi mettre en place une politique active de désenclavement et de dynamisation de la région, où se trouve un point de passage commercial international pour les flux entre l'Europe et l'Afrique. 

Cette volonté politique forte s'est depuis toujours heurtée aux actions séparatistes du front polisario, qui a multiplié les provocations au niveau de la zone tampon, avec de nombreuses violations du cessez-le-feu, en méconnaissance de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, sur le Sahara, notamment celles numéros 2414 et 2440, qui ont enjoint au « polisario » de mettre fin à ces actes déstabilisateurs. 

Depuis le 21 octobre 2020, sans doute pensant profiter de la pandémie venue de Chine ou d'ailleurs, qui occupait naturellement Rabat, plusieurs groupes se sont introduits dans cette zone en bloquant les communications routières entre le Royaume et la Mauritanie et, par là même, les échanges commerciaux internationaux qui y transitent. 

C'est ainsi qu'une soixantaine de personnes encadrées par des miliciens armés du polisario ont interdit tout passage, menant par ailleurs des opérations de guérillas de-ci de-là se traduisant notamment par des attaques et intimidations à l'égard des observateurs de la Minurso (Mission des Nations Unies) en assiégeant leurs véhicules et en jetant des pierres sur leurs hélicoptères. 

Le but était clairement d'instaurer un climat de tension pour déstabiliser et tenter d'impressionner tous ceux qui sont chargés de faire respecter la légalité internationale et de protéger les frontières du Maroc. 

Face à ces développements gravissimes le Maroc a immédiatement alerté, et régulièrement informé, le Secrétaire Général de l’ONU et les hauts responsables onusiens, a et pris à témoin les membres du Conseil de Sécurité et la Minurso, ainsi que plusieurs États voisins, dans une action diplomatique intense. 

En même temps, Rabat s'est préoccupé d'assurer la protection de son territoire, de sa population et des observateurs de la Minurso. C'est ainsi que les Forces Armées Royales ont procédé – dans la nuit de jeudi à vendredi – à la mise en place d’un cordon de sécurité en vue de sécuriser le flux des biens et des personnes à travers cet axe majeur de communication national et international, dans le strict respect de la légalité internationale. 

«Cette opération non offensive et sans aucune intention belliqueuse s'est déroulée selon des règles d’engagement claires, prescrivant d’éviter tout contact avec des personnes civiles et de ne recourir à l’usage des armes qu’en cas de légitime défense», comme l'indique, dans un communiqué, l'État-Major Général des Forces Armées Royales. Ainsi en défendant son territoire contre des visées déstabilisatrices de groupes organisés et soutenus par l'étranger, le Royaume, dans le cadre de la légalité internationale et en étroite association et information des Nations Unies, a mené une action proportionnée, mais déterminée, pour concourir également au maintien de la stabilité de cet espace sensible. Par cela, le Maroc œuvre en faveur de la sécurité régionale, mais plus largement au soutien de la défense contre les visées extrémistes de toutes natures dont les effets néfastes peuvent dépasser le seul territoire africain. 

Doyen Jean-François Poli
Membre du conseil scientifique de l’Observatoire d’études géopolitiques Paris






 
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