Driss El Yazami, président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) préfère organiser un événement virtuel au lieu de réclamer des mesures énergiques et promptes en faveur des ressortissants marocains bloqués à l’étranger. Selon les données officielles, ils sont plus de 27.000 touristes, étudiants ou hommes d’affaires privés de regagner le pays du fait de la suspension des liaisons aériennes. 

Driss El Yazami, président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) et son deuxième homme, Abdellah Bousouf, organisent un événement virtuel sur les vertus de la marocanité, annoncé le vendredi 15 mai. Au lieu de contribuer à secourir efficacement leurs compatriotes bloqués à l’étranger, les deux hommes, avec une imprévoyance cruelle, agissent comme des publicistes déconnectés de la réalité, faisant fi des inquiétudes, des agitations, des déceptions et des amertumes des ressortissants acculés à une situation insoutenable ailleurs. Alors que plusieurs voix exigent que leur rapatriement s’accomplisse non successivement, mais en une seule fois, le pressant examen et la solution catégorique de cette question ne semblent pas concerner El Yazami et son institution qui, au lieu de prendre une résolution digne d’un grand corps constitutionnel qui connaît toute l’étendue de ses devoirs, sombre dans l’immobilisme. 

Des milliers de Marocains bloqués à l’étranger depuis la suspension des liaisons aériennes sont dans un état lamentable. Ils étaient partis en touristes ou pour un déplacement professionnel. Les voilà désormais livrés à eux-mêmes, en raison de la pandémie de Covid-19. Alors que les autorités marocaines organisent au fin détail le retour de quelque 27.000 ressortissants, El Yazami et son fidèle lieutenant surveillent ces démarches en spectateurs, afin d’en faire tourner à peu de frais le mérite à leur côté, peut-être. 

Le Maroc a bouclé à la mi-mars ses frontières et suspendu tous ses vols internationaux pour contenir la propagation de la pandémie de maladie à coronavirus. Les Marocains se trouvant à l’étranger, dont le gros contingent est établi en France, en Turquie et en Espagne, demandent incessamment de l’aide. Au lieu de se prononcer en faveur d’une action urgente pour eux, le CCME, manquant de précision, de suite et de netteté, préfère se contenter d’organiser de puériles manifestations sans grand intérêt par l’argent public. Des centaines de Marocains coincés à Melilia ont été autorisés à entrer, le 15 mai, sans qu’El Yazami ne réagisse. 

Les services consulaires marocains qui ont déployé des «cellules d’accompagnement» et pris en charge les frais d’hébergement pour les plus vulnérables de ces ressortissants travaillent sans trêve. Le CCME, lui, prouve qu’il ne va pas à l’esprit et aux besoins du moment. Les tendances de cette institution constitutionnelle ne peuvent plus être l’œuvre solitaire d’un homme ou de ses collaborateurs. Pour être effectives et fécondes, il faut maintenant qu’elles soient comprises, adoptées, voulues par les acteurs civils et l’opinion publique. L’élan qui agit le CCME ne peut plus être capricieux, tortueux, ambigu, étranger à toute action collective comme à toute direction commune. 

Le nombre total de cas officiellement déclarés au Maroc depuis l’apparition de la pandémie était de 6.681 samedi 16 mai, avec 192 décès. 






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