Les pesticides, utilisés dans l’agriculture au Maroc, sont mille fois plus dangereux pour la santé publique que le virus Covid. Selon une enquête publiée le 10 septembre, le Maroc fait partie des pays importateurs de pesticides nocifs pour la santé et l’environnement. Paraquat, Dichloropropène, Triasulfuron ou Propargite…, ces produits tuent des milliers de personnes par an et sont la cause de maladies incurables. 

Des milliers de tonnes de pesticides interdits sont expédiés vers les pays pauvres depuis des usines européennes. L’enquête révèle l'ampleur du commerce `` odieux '' de l'Europe de pesticides interdits. L’Europe a exporté plusieurs milliers de tonnes de produits contenant des substances chimiques interdites dans leurs propres champs. Ces pesticides représentent des risques avérés pour la santé, tels que l'échec de la reproduction, les perturbations endocriniennes ou le cancer, et des risques environnementaux tels que la contamination des eaux souterraines ou l'empoisonnement de poissons, d'oiseaux, de mammifères ou d'abeilles. 

Les failles de la législation européenne signifient que les entreprises chimiques comme Bayer et Syngenta peuvent continuer à fabriquer des pesticides pour l'exportation longtemps après leur interdiction d'utilisation dans l'UE pour protéger l'environnement ou la santé de ses citoyens. 

L'enquête a permis de rassembler des centaines de documents révélant 11 États membres différents de l'UE impliqués dans l'exportation de «produits phytosanitaires» interdits. La société chinoise Syngenta, basée en Suisse, était de loin le plus gros exportateur de produits agrochimiques interdits parmi les fabricants, avec des exportations notifiées de 29 307 tonnes - près de trois fois celles de son concurrent le plus proche; 

Paraquat, dichloropropène, cyanamide: ces pesticides interdits dans l’Union européenne pour leur nocivité sont exportés par des sociétés européennes hors du continent, dénoncent les organisations Greenpeace et Public Eye, qui pointent en particulier la société suisse Syngenta. 

Le Paraquat est si toxique qu’une gorgée suffit à causer la mort. Et une exposition chronique, même à de faibles doses, peut favoriser le développement de la maladie de Parkinson. Son nom ? Le paraquat. Commercialisé en 1962, il est interdit dans l’Union européenne (UE) depuis 2007 – et en Suisse depuis 1989 – en raison des risques très élevés pour les agriculteurs.

En 2017, la justice européenne a interdit l’herbicide Paraquat, soupçonné de lien avec la maladie de Parkinson. Le dichloropropène, utilisé dans la culture de légumes, est interdit depuis 2007 dans l’Union européenne, et la cyanamide, utilisée dans la vigne et la culture de fruits, depuis 2008. 
« Un règlement européen de 2009 empêche, de façon générale, de mettre sur le marché et d’employer tout pesticide contenant des substances non autorisées », mais ce règlement « s’applique seulement au sein de l’UE », a indiqué un officiel de la Commission européenne.

« Ainsi, la production, le stockage ou le transport de tels produits destinés à des pays tiers ne sont pas soumis à autorisation », même si les règles sur l’exportation de ces pesticides sont encadrées par la Convention de Rotterdam (initiée par l’Onu en 1998) dont les Etats de l’UE sont signataires et selon laquelle les pays exportateurs s’engagent à respecter les éventuelles restrictions de pesticides des pays importateurs, a-t-il ajouté. 
En revanche, une interdiction formelle de l’exportation des pesticides incriminés « ne conduirait pas automatiquement les pays tiers à cesser l’usage de ces produits: ils pourraient en importer d’ailleurs. Les convaincre de ne pas utiliser de tels pesticides serait une stratégie plus efficace et cela fait partie des efforts de +diplomatie verte+ » de l’Union, estime cette source. 




0 commentaires:

Publier un commentaire

 
Top