L'enquête que la rédaction de notre journal consacre depuis plusieurs semaines à l'affaire des 30000 emplois fictifs, soi disant sur des bateaux de croisière à travers des océans et des mers non-identifiés, connaît de nouveaux rebondissements. 

L'enquête que la rédaction de notre journal consacre depuis plusieurs semaines à l'affaire des 30000 emplois fictifs, soi disant sur des bateaux de croisière à travers des océans et des mers non-identifiés, connaît de nouveaux rebondissements.

Sincèrement on aurait tellement aimé nous tromper et découvrir que nous avions tort de semer le doute et la suspicion sur une opération qui suscite l'espoir et le rêve dans des milliers de foyers marocains. Les familles de ces jeunes qui ont cru à un chimérique projet d'immigration par l'entremise de la société émiratie Al Najat, ont d'autant plus cru à cette immense et diabolique mascarade qu'elle est cautionnée, voire co-gérée par l'Agence nationale de promotion de l'emploi et des compétences, un organisme public sous tutelle directe du gouvernement.

Mais hélas, les informations en provenance de Syrie et dont nous donnons un large condensé dans cette livraison nous informent de manière irréfutable sur une opération absolument identique à cette qui est en cours actuellement chez nous et qui fut une pure escroquerie à l'endroit de milliers de syriens qui avaient cru en les promesses d'Al Najat.

La même société utilisant les mêmes procédés, associant des structures nationales d'intermédiation pour l'emploi, faisant valider ses agissements par des pouvoirs publics locaux, centralisant l'encaissement des frais de la visite médicale dans un unique établissement médical « agréé » par les soins de la société émiratie. Et on se rend compte qu'en Syrie, fin 2001, au Kénya, début 2002, comme ce qui se déroule encore ces jours-ci dans les villes et localités marocaines ; il s'agit de la simple duplication de la même arnaque et des mêmes faux-semblants. Le génie maléfique des maître-d'œuvre de cette arnaque internationale consiste à reproduire des schémas simples, qui finissent par produire les mêmes réactions chez les intéressés, c'est-à-dire les pigeons de la mascarade appâtés par l'aubaine d'une émigration à peu de frais, les hommes publics proches de l'opération, qui y voient un moyen de valoriser leur action et de capitaliser un crédit qui servirait éventuellement lors d'élections, les intermédiaires de tous genres qui améliorent sérieusement leur ordinaire grâce aux différentes commissions qu'ils perçoivent.

Tout ce beau monde finit par devenir solidaire, même lorsque le doute commence à fissurer les certitudes les plus bétonnées. On ne veut surtout pas désenchanter. D'autant plus qu'à part les victimes directes, l'affaire est payante, d'une manière ou d'une autre, pour tous les autres intervenants.

Alors, on s'entête à argumenter et à défendre l'indéfendable. Et on fait front contre tous ceux qui pourraient mettre en doute le sérieux de l'opération. En Syrie, c'est un journal, « Al Ittijah Al Akhar » qui a le plus dévoilé le canular. Les responsables d'Al Najat et leurs affidés l'ont menacé de fermeture. À Aujourd'hui Le Maroc, nous sommes quasiment seuls à faire vivre cette enquête. Nous faisons face soit au dénigrement, soit à un mépris à peine voilé, soit tout simplement à des menaces. Or, nous poursuivrons notre travail avec le professionnalisme et la déontologie que nous nous imposons. L'avenir, nous en sommes absolument convaincus, nous donnera raison, malheureusement, dans cette enquête. 




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