En cas d'échec des négociations avec la société émiratie, l'Anapec menace de recourir à la Justice Pour un pétrin, c'en est un. L'affaire Annajat défraye toujours la chronique et promet encore des soubresauts. 

Les contacts avec les représentants des 30.000 victimes se succèdent. Hier, une réunion devait avoir lieu à l'agence d'Anfa entre Chafiq Rached, DG de l'Anapec et des représentants des victimes qui se sont organisés en «commission nationale«. Seul un représentant des autorités, un autre du ministère de l'Emploi et un troisième de l'agence d'Anfa étaient au rendez-vous. Rached s'est excusé en expliquant que «les rencontres sont prévues pour avoir lieu au niveau local«. Autrement dit, les représentants des 30.000 victimes doivent avoir pour interlocuteur le directeur de l'agence où ils sont inscrits. La rencontre qui a duré 20 minutes n'a débouché sur rien de concret. Les négociateurs parlent de réunion bidon. Pour eux, les représentants ressassent la même rengaine. «Soyez patients, les négociations sont en cours«. «Ils ne nous ont donné aucune date butoir en vue d'une quelconque solution«, affirme un membre de la délégation. Les grévistes rétorquent qu'il est hors de question d'obtempérer. «Ils veulent nous éparpiller pour que nos revendications aient moins d'impact«. La ténacité des manifestants devant l'agence d'Anfa et devant le siège de la CDT à Derb Omar ne semble pas pour autant entamée. «Ça fait un mois que je passe la nuit devant l'agence. J'exige une solution«, râle un jeune originaire de Settat, passeport en main. Un autre jeune de Sidi Bennour affirme passer ses nuits à la gare routière de Ouled Ziane depuis déjà une dizaine de jours. 

Pendant ce temps, les réunions des responsables vont bon train. Selon Rached, certains ministres qu'il n'a pas nommés se sont réunis durant le week-end pour discuter du problème. A l'ordre du jour également, une réunion technique qui, ajoute Rached, a eu lieu hier entre différents départements étatiques afin de les éclairer sur les tenants et les aboutissants de l'affaire. 

L'Anapec, tonne Rached, serait en mesure de porter plainte, «au niveau international«, contre la société émiratie Annajat si celle-ci persiste à faire la sourde oreille. Entre-temps, l'Anapec, en guise de réponse à la problématique «Annajat«, est déjà en train de revoir sa copie. Selon Rached, l'agence procède aujourd'hui à «la réactualisation de la base de données où sont inscrits les 30.000 candidats«. Il s'agit d'un travail de tri où les diplômes sont classés par spécialité pour établir une nouvelle base d'offres d'emplois. «Les dossiers des candidats seront décortiqués CV par CV. Nous serons ainsi en mesure non pas de trouver un emploi à chacun des 30.000 jeunes, mais au moins d'aider, dans la limite du possible, le maximum d'entre eux«. En parallèle, Rached affirme être en contact permanent avec le secrétariat particulier de l'émir Sakr Ibn Abdellah Al Kassimi, le premier concerné par l'affaire au niveau d'Annajat (il y détient 51% des actions). Seulement, la bonne foi du DG de l'Anapec ne laisse pas moins sceptiques les jeunes lésés qui ne démordent nullement de leur «droit au travail qu'ils attendent depuis plus de 7 mois«. Mostafa BENTAK 

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