Chaque année, des dizaines de milliers de Japonais disparaissent dans la nature. Des sociétés permettent en effet à leurs clients de « fuguer », et c’est aujourd’hui un business florissant. Mais pourquoi certains Nippons désirent-ils fuir de la sorte ?

S’échapper de sa propre vie
Depuis une trentaine d’années au Japon, des sociétés se sont spécialisées dans la fugue de leurs clients. Plus précisément, il s’agit de les aider à s’évaporer de la société, et ce, de manière volontaire. Ces clients sont de tous bords, qu’ils soient célibataires, en couple, parents, etc. Ceux-ci fuient des situations très diverses, comme un mariage sans amour ou un surendettement. Comme l’indique la BBC dans un article du 3 septembre 2020, pas moins de 100 000 personnes disparaissent ainsi chaque année.

Par ailleurs, ce nouveau business florissant entretient loi du silence et la discrétion. C’est pour cette raison que ces sociétés proposent par exemple des déménagements de nuit. L’objectif est de permettre aux clients de s’évaporer en toute discrétion. Ensuite, ils sont hébergés dans des lieux secrets, « à l’abri » de leur famille, leurs amis, leurs employeurs, voire leurs créanciers.


Démarrer une nouvelle vie
Sho Hatori est un ancien dirigeant de Nighttime Movers, une société proposant déjà ce genre de service dans les années 1990. Selon l’intéressé, un déménagement est habituellement quelque chose de positif, synonyme d’une entrée à l’université ou de l’obtention d’un nouvel emploi. Toutefois, le déménagement peut aussi parfois représenter quelque chose de triste, à savoir l’abandon des études ou la perte d’un emploi. Pour Sho hatori, sa société aidait tout simplement ses clients à démarrer une nouvelle vie.

L’article de la BBC évoque notamment un certain Sugimoto, confirmant cette recherche de seconde vie. Ce père âgé de 42 ans a eu subitement envie de fuir les relations sociales et de s’échapper de son propre quotidien. Il y a un an, l’intéressé a décidé de disparaître avec une simple valise. Désormais, l’homme vit dans une maison dont l’adresse reste secrète et n’a jamais repris contact avec son enfant. Il faut savoir qu’au Japon, ce genre de service se monnaye plus de 3 000 euros. Si la vie n’a pas de prix, le fait d’en changer semble en avoir un. Toutefois, les conditions tarifaires restent secrètes, à l’image de ce business atypique entretenant le mystère.

Enfin, ce business incarne une dérive sociétale comme il en existe d’autres au Japon. Citons par exemple les « réfugiés » des cybercafés, des personnes n’ayant pas d’autre choix que de vivre de manière permanente dans ce genre d’établissement.

Voici un reportage (en anglais) évoquant ces personnes désirant disparaître :





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