Le conseil régional de l'ordre des médecins de Casablanca a chargé deux de ses membres de diligenter une instruction disciplinaire à l'encontre de la clinique Dar Salam dans l'affaire des 30.000 emplois. 

La clinique Dar Salam à Casablanca fait l'objet depuis une semaine d'une instruction disciplinaire diligentée par le conseil régional de Casablanca au sujet de l'offre mirobolante des 30.000 emplois de l'agence Al Najat Marine Shipping. Les responsables de cette clinique, menés par le directeur Jamil Bahnini, ont été convoqués par le conseil dirigé par le Dr Abdelouahed Anbari pour s'expliquer sur les tenants et aboutissants de cette affaire. La question était de savoir comment Dar Salam a obtenu le monopole du marché des visites médicales et surtout en fonction de quels critères le tarif de la prestation fut fixé à 900 Dhs par candidat. Un prix, il est vrai, excessif de l'avis des médecins, qui le trouvent surenchéri de 50%. Autrement dit, le prix convenable pour ce genre d'acte ( analyses de sang, radiologie, poids…) ne devrait pas dépasser les 400 ou 450 Dhs. Alors que cache la facture de Dar Salam ? 

Un patron d'une clinique casablancaise nous a affirmé qu'il avait été contacté en premier par un individu mandaté par Al Najat pour lui proposer un deal pour le moins douteux : facturer 900 Dhs par personne et donner la moitié de la somme sous la table. 

Scandalisé, le propriétaire de la clinique a envoyé balader le courtier. “ Je ne pouvais pas rentrer dans cette combine contraire à toute éthique, a expliqué notre interlocuteur. Et puis, cette affaire dégageait pour moi un parfum d'escroquerie. Trop risqué, les candidats grugés ne s'en prendraient qu'à moi et à ma clinique“. 

Nous sommes visiblement en face d'une affaire de gros sous, sous couvert de promesses d'emplois à bord de bateaux de croisière. Al Najat a-t-elle montée toute cette opération pour être ristournée sur le prix des visites médicales ? Si oui, par quelle filière, l'argent va sortir, si ce n'est déjà fait ? 

Contacté par nos soins, l'ambassadeur du Maroc aux Émirats-arabes unis, Abdallah Azmani, nous a assuré que l'agence Al Najat n'est pas une entreprise fictive et qu'elle existe bel et bien. Cependant, Il nous a expliqué que l'ambassade n'est pas responsable du déroulement de cette opération au Maroc. 

Or, toutes les pistes d'investigation mènent au conseiller économique de l'ambassade, Hassan Machichi. C'est lui qui manage cette opération avec les responsables d'Al Najat, aux Émirats-Arabes-Unis où se trouve depuis une semaine le directeur général de l'Anapec, Chafil Rached. Le déplacement de ce dernier dans ce pays ressemble à un voyage en catastrophe, une tentative de repêchage en haute mer. Car ce sont les dirigeants de la société émiratie qui étaient attendus au Maroc. Mais il semble que ces derniers ont changé d'avis à la dernière minute. Ce qui ajoute davantage au mystère et à la confusion.

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