Une société émiratie "Annajat" a escroqué plusieurs milliers de jeunes Marocains, tout en engageant la responsabilité de l'ANAPEC, d'Abbas El Fassi et du Parti de l'Istiqlal. 

Le Maroc a été secoué, au début de l'année 2002, par l'affaire Annajat. C'est le nom d'une société émiratie fictive qui a escroqué plus de 60.000 jeunes chômeurs marocains, originaires de toutes les régions du pays. Dans cette affaire, ces milliers de candidats ont versé 900 DH chacun pour une visite médicale à une clinique de Casablanca. Ces sommes se sont évaporées comme par enchantement lorsqu'il s'est avéré que les promesses d'embauche d'Annajat n'étaient que pure supercherie. 

Cette escroquerie à grande échelle a éclaboussé l'Agence nationale pour la promotion de l'emploi et des compétences (ANAPEC) qui a diligenté toute l'affaire et le ministère de l'Emploi en tant qu'autorité de tutelle dirigée à l'époque par Abbas El Fassi. Par ricochet, le Parti de l'Istiqlal a été accusé par les victimes d'avoir utilisé ces opportunités d'emploi pour s'attirer la sympathie des électeurs lors des élections législatives de septembre 2002.

S'en est suivie une série de manifestations des victimes, souvent matées par les forces de l'ordre à Rabat et ailleurs. 

Les victimes crient à la responsabilité de l'Etat dans cette affaire puisque l'ANAPEC, un organisme public, était l'intermédiaire entre la société Annajat et les candidats au travail à bord d'hypothétiques bateaux de croisières. Le Conseil d'administration de l'agence n'avait pas pris en considération des informations et les avertissements, venus de différentes sources nationales et internationales et qui, toutes, ont signalé que l'affaire relevait de l'arnaque, semblable aux opérations que la société a déjà entreprises dans de nombreux pays dont le Kenya, la Syrie, la Jordanie. 

L'ex-ministre du Travail, Abbas El Fassi n'a également pas cessé d'affirmer au Parlement et dans les médias que toutes les garanties juridiques pour cette opération étaient réunies. 

Dès sa nomination à la tête du gouvernement, Driss Jettou, a chargé son nouveau ministre de l'Emploi, Mustapha Mansouri, de créer une commission spéciale pour l'examen des mesures urgentes à prendre au sujet de l'affaire "Annajat". 

La responsabilité de l'Etat était engagée et il s'agissait même de réparer financièrement les victimes ou du moins les considérer comme prioritaires dans toute autre opération de recrutement à l'international, gérée par l'ANAPEC. Aussi, une enquête a été ouverte pour déterminer les responsabilités dans cette arnaque. 

Presque trois ans plus tard, bon nombre de victimes ont réussi à obtenir des contrats de travail à l'étranger, essentiellement en Espagne et en Italie. Mais aucun responsable n'a été désigné comme fautif.



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