Les nuits sont courtes dans l'hémisphère boréal aux abords du solstice d'été, elles sont même inexistantes si vous habitez à une latitude très septentrionale, mais que cela ne vous empêche pas d'observer le ciel.

De Mercure à Neptune, les planètes du Système solaire peuplent la fin de la nuit en ce début d’été. Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, les planètes les plus brillantes, celles que l'on peut voir sans difficulté à l'œil nu dans un ciel clair, vous donnent rendez-vous à l'aube.

En fait, Jupiter et Saturne sont déjà visibles en début de nuit et Mars les rejoint vers une heure du matin, mais il faut attendre l'orée de l'aube pour voir Vénus pointer son éclat puissant à l'est-nord-est. Et, après la mi-juillet, il faudra guetter le lever de Mercure un peu plus d'une heure avant l'arrivée du Soleil, donc dans un ciel déjà coloré.


Utilisez le mince croissant lunaire du dimanche 19 juillet pour vous aider à repérer l'éclat de Mercure au ras de l'horizon est-nord-est. Pivotez alors lentement vers le sud et vous trouverez sans mal Vénus à une quinzaine de degrés au-dessus de l'horizon est, Mars à une quarantaine de degrés au-dessus de l'horizon sud-sud-est et le couple Saturne-Jupiter à près de 10° de l'horizon sud-ouest ; choisissez un site d'observation bien dégagé ! Même si nous ne pouvons pas les voir sans instrument, Uranus et Neptune, les deux dernières planètes du Système solaire, seront également présentes sur la voûte céleste lors de ce tour d'horizon. Uranus se situe actuellement dans la constellation du Bélier, pratiquement à mi-distance entre Vénus et Mars, et Neptune se cache dans le Verseau, entre Mars et Saturne. Vous n'aurez que quelques matins pour apprécier ce vaste panorama car Jupiter plongera vers l'horizon sud-ouest et elle se couchera avant le lever de Mercure à la fin du mois.

Et une comète brillante ?
J'aurais préféré me tromper dans mon billet du 4 mai dernier en affirmant qu'il est toujours difficile de prévoir l'évolution de l'éclat d'une nouvelle comète ! La comète C/2020 F8 (SWAN) s'annonçait en effet splendide, mais comme la comète C/2019 Y4 (ATLAS) quelques semaines avant, elle a été très décevante. Son éclat n'a pas progressé au rythme attendu et il a fallu toute la persévérance des astrophotographes pour parvenir à la repérer dans les lueurs de l'aube après la mi-mai. L'astronomie est l'école de la patience et de la persévérance et peut-être que la troisième « belle comète » de l'année sera la bonne...

J'ai attendu le passage de C/2020 F3 (NEOWISE) - un astre découvert le 27 mars 2020 par un instrument automatique (Near-Earth Object Wide-field Infrared Survey Explorer) - dans le champ du coronographe LASCO C3 de la sonde SOHO pour vous en parler et jusqu'à présent tout va bien. L'observatoire solaire spatial américano-européen a pu l'observer entre le 22 et le 27 juin alors qu'elle approchait de son périhélie - le point de son orbite le plus proche du Soleil - qui se produira le 3 juillet. Durant ce bref passage son éclat a été multiplié par huit, sa queue de gaz et de poussière s'est bien développée et son noyau n'a montré aucun signe de désintégration comme cela arrive fréquemment à l'approche du brasier solaire.

Entre le 22 et le 27 juin, la comète C/2020 F3 (NEOWISE) était visible dans le champ du coronographe LASCO C3 de la sonde spatiale SOHO. Cet instrument permet d’observer les astres autour du Soleil en cachant l’éclat de celui-ci derrière un disque occulteur. Le 27 juin en fin de journée, l’éclat de la comète était proche de la magnitude 1,8.

Les spécialistes semblent confiants et l'Union astronomique internationale a calculé que sa magnitude pourrait atteindre 0,6 le 5 juillet juste après son passage au plus près du Soleil.

Son écart apparent avec le Soleil vu depuis la Terre sera alors de 15° et elle se lèvera un peu moins de deux heures avant lui à la latitude de la France métropolitaine.

La Pleine Lune sera présente de l'autre côté du ciel donc sa forte luminosité qui éclairera le fond de ciel pourrait être gênante pour trouver la comète au ras d'un horizon nord-est parfaitement dégagé et pur. Si l'activité de C/2020 F3 (NEOWISE) se maintient, nous pourrons probablement admirer cette comète à l'œil nu dans un ciel noir vers la mi-juillet. Il faudra alors s'éloigner des lumières artificielles pour tenter votre chance, mais je vous donnerai tous les conseils nécessaires pour la repérer et la photographier.

Quelques rendez-vous célestes à ne pas manquer
Le dimanche 5 juillet au crépuscule, une heure après le coucher du Soleil et près de vingt heures après une nouvelle éclipse partielle par la pénombre pratiquement imperceptible en France métropolitaine, la Lune gibbeuse à peine décroissante se glisse en souplesse dans le ciel. Le globe lunaire luit à l'est-sud-est et le diamant jovien est bien visible à moins de 3°, soit à peu près la largeur de votre pouce bras tendu. Nous sommes en plein été et il est possible qu'une forte brume de chaleur voile l'horizon et teinte la face lunaire, mais cette coloration, généralement orangée ou jaune, disparaît rapidement lorsque notre satellite s'élève en tirant Saturne à sa suite. Les deux planètes sont à leur éclat maximum car elles passent à l'opposition le 14 juillet pour Jupiter et le 20 juillet pour Saturne.


Il faut vous lever tôt le dimanche 12 juillet pour apprécier le passage de la Lune juste à côté du point rutilant de Mars dans un ciel encore étoilé. Loin des lumières artificielles, la Voie lactée retombe du zénith vers Cassiopée, Persée et le Cocher au nord-est et vers le Triangle de l'été et le Sagittaire au sud-ouest. La planète rouge et le quartier lunaire sont à plus de 30° de hauteur au-dessus de l'horizon sud-est et à un peu plus de 3° d'écart apparent. La distance de notre voisine est à présent de 112 millions de kilomètres et elle diminue chaque jour, ce qui engendre une augmentation régulière de son diamètre apparent et de son éclat pour la plus grande joie des observateurs.


Le même matin, pendant que Mars brille à côté du dernier quartier au sud-est, Vénus resplendit au cœur de la constellation du Taureau, juste à côté d'Aldébaran. Ces astres sont à quelques degrés de hauteur au-dessus de l'horizon est-nord-est et moins de 1° les sépare. Ils ne jouent vraiment pas dans la même catégorie puisque Vénus est 140 fois plus lumineuse que cette belle étoile aux reflets orangés. Aldébaran est entourée par le fourmillement d'étoiles des Hyades qui forment un grand V sur la voûte céleste.


Du jeudi 16 au samedi 18 juillet à l'aube, le croissant lunaire traverse le Taureau et rencontre les Pléiades, les Hyades, Aldébaran et Vénus. Si vous passez la nuit dehors ou si vous avez le courage de sortir du lit à l'orée de l'aube, soit près de deux heures et quart avant le lever du Soleil, vous profiterez de la fraîcheur nocturne avant la chaleur diurne et vous contemplerez un ciel encore généreusement étoilé. Placez-vous devant un horizon est-nord-est dégagé car Vénus et Aldébaran sont à moins de 5° de hauteur, soit la hauteur de votre pouce bras tendu. Le jeudi 16, la portion nocturne de la Lune est éclairée par une très belle lumière cendrée provenant du reflet de l'éclat solaire sur la Terre et son croissant brille à près de 7° des Pléiades ; le plus bel amas stellaire du ciel boréal est déjà à plus de 15° de hauteur à cette heure matinale. Le vendredi 17, le corps argenté de Séléné est plus fin et il dessine un beau triangle avec Aldébaran et Vénus, qui sont à 3° d'écart ; sur la droite d'Aldébaran, les petites étoiles des Hyades sont plus délicates à voir à l'œil nu, surtout en milieu urbain. Le samedi 18, enfin, l'arc lunaire se lève tout juste à l'orée de l'aube et la lumière cendrée est un peu moins contrastée

Phases de la Lune en juillet
La Lune est pleine le 5 dans le Sagittaire, à son dernier quartier le 13 dans les Poissons, nouvelle le 20 dans le Cancer et au premier quartier le 27 dans la Vierge.

Le ciel de juillet
La nuit noire tarde à venir en juillet et le début des observations célestes est repoussé autour de minuit. À ce moment-là, si la Lune éblouissante est absente, il est possible de découvrir la Voie lactée dans les sites éloignés des lumières urbaines. Elle domine le côté est du bol nocturne, avec la constellation de Persée au ras de l'horizon nord-nord-est, celle du Scorpion au sud-sud-ouest et le Triangle de l'été pratiquement suspendu au zénith par son étoile Véga. Notez que les figures printanières sont encore présentes en début de nuit, avec le grand losange de l'astérisme du Diamant, qui assemble les étoiles Cor Caroli, Arcturus, Spica et Denebola, couché sur l'horizon ouest.

Notre galaxie a la forme approximative d'une galette tournant sur elle-même et son axe de rotation pointe vers la Chevelure de Bérénice, au beau milieu du Diamant. Avec un peu d'imagination, vous pouvez « voir » la lente giration de la Voie lactée se matérialiser dans le ciel. Le grand carré de Pégase s'élève de plus en plus tôt au-dessus de l'horizon est et il entraîne l'arc d'Andromède qui vous ramène jusqu'à Persée si vous le prolongez. L'été, dans l'hémisphère Nord, l'écliptique est rabattu vers l'horizon sud et les constellations zodiacales (dont les noms sont colorés en orange sur les cartes) sont confinées dans la bande la plus turbulente et polluée de la voûte nocturne. Cette année, Jupiter et Saturne sont à l'opposition en juillet et elles nous accompagnent donc toute la nuit. Mars les rejoint plus tard et Vénus, qui est à plus de 10 degrés sous les Pléiades, apparaîtra sur la carte de l'aube le mois prochain.

Carte du ciel visible en juillet 2020 vers la fin du crépuscule à la latitude de la France métropolitaine ; la position des planètes est exacte pour le 15. Les cartes de ce billet peuvent être utilisées en Europe et dans le monde à l'intérieur d'une bande s'étendant de 38° à 52° de latitude nord. Si vous êtes à plus de 45° nord, l'étoile Polaire sera plus haute dans votre ciel et, le soir, Altaïr de l'Aigle sera d'autant plus proche de l'horizon sud-est. Si vous êtes à moins de 45° nord, l'étoile Polaire sera plus proche de l'horizon nord et Altaïr sera plus éloignée de l'horizon sud-est. Cliquez sur la carte pour l'afficher en grand et l'imprimer pour votre usage personnel.


Cette carte ( ci-dessous ) montre le ciel visible en juillet 2020 à l'orée de l'aube à la latitude de la France métropolitaine. Remarquez le couple formé par les planètes Saturne et Jupiter au sud de la voûte céleste et le point orangé de Mars à l'est-sud-est. Attention, les cartes du ciel ne sont pas à l'envers ! Elles représentent simplement les astres qui sont situés au-dessus de nos têtes. Si vous vous allongiez avec la tête vers le nord et les pieds vers le sud, l'est serait bien à votre gauche et l'ouest à votre droite. Utilisez ces cartes en les imprimant et en les faisant tourner de telle sorte que le nom de la direction dans laquelle vous observez soit écrit à l'endroit. Les constellations et les étoiles que vous retrouverez dans la portion du ciel qui vous fait face sont toutes celles dont le nom est lisible sans trop pencher la tête. Les noms des constellations et de leurs principales étoiles sont indiqués, ainsi que le tracé des constellations les plus importantes ; ce tracé est parfois incomplet lorsque la figure est en partie cachée sous l'horizon.


Le ciel est très vaste et les constellations qui semblent petites sur les cartes sont, en fait, très grandes : votre main ouverte et bras tendu cache ainsi à peine l'ensemble du Chariot de la Grande Ourse.



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