Trente ans, c'est ce que nous avons gagné en espérance de vie depuis 1900 : la totalité d'une existence au XVIIe siècle. Formidable avancée qui bouleverse tout : notre vie professionnelle, amoureuse, familiale, notre rapport au monde, à la maladie, le sens même de notre destin.Le défi de la longévité n'est-il pas d'arbitrer entre la fatigue et la ferveur, la grâce du renouveau et la disgrâce du renoncement ?



"Ce qui caractérise notre époque, écrit Robert Redeker dans son livre au titre provocant Bienheureuse vieillesse, c'est l'éclipse de la vieillesse, non comme âge ou état, comme réalité, mais comme présence dans la vie collective et dans l'imaginaire". 

Nous allons, dans la mesure de nos moyens, tenter de remédier à cette situation, avec Robert Redeker et Pascal Bruckner qui publie ces jours-ci Une brève éternité : philosophie de la longévité. La vieillesse sera donc présente, non seulement du fait de l'âge canonique des trois personnes réunies dans ce studio, mais parce que ces personnes vénérables s'interrogeront sur la signification et la valeur de la scène finale de l'existence.

Je partirai d'un souvenir personnel : mon beau-père qui faisait face sans jamais se plaindre à toutes les agressions du temps, avait l'habitude de me dire " _Alain , ne vieillis pas" _Je n'ai, hélas, pas su suivre ce judicieux conseil. 

Je vous demanderai , pour commencer, de m'aider à me réconcilier avec mon destin. Est-il possible de voir dans la vieillesse autre chose qu'une diminution d'être ou qu'un catalogue d'inconvénients ? 


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