En cette période de campagne électorale, les Marocains de France sont en colère. Ils revendiquent leurs droits de vote et d’éligibilité. Le Premier ministre avait estimé récemment dans un entretien au quotidien Le Matin du Sahara que la participation des MRE aux législatives n’est du moins pour le moment pas possibles techniquement. 

Un argument vite rejeté par les Marocain de France qui estiment que ce droit leur est garanti par la Constitution. Ils sont allés plus loin en adressant un manifeste à SM le Roi et en saisissant le Premier ministre devant la Cour Suprême. 

Depuis plus de deux années, les Marocains de France réclament leur participation aux élections du 27 septembre 2002. En vain. Ils ont saisi le Premier ministre et le président du Parlement. Résultat : « un silence total de la part des institutions et une frilosité étonnante des partis politiques », s’insurge M. Abdelmajid Baghdadi, président du Conseil de l’union des associations des professions libérales des Marocains de France, regroupant près de 22 associations de MRE en France et reconnu par les autorités française depuis 1993. 

Dans un récent entretien qu’il a accordé au quotidien Le Matin du Sahara, le Premier ministre estimait que la participation des MRE (Marocains résidant à l’étranger) à ces échéances électorales n’est point possible pour des raisons administratives et techniques. 

Rejetant en bloc les arguments tendant à expliquer leur non participation à l’opération électorale, les Marocains de France estiment qu’il était possible d’impliquer l’appareil consulaire et diplomatique, qu’il taxent au passage de paresse bureaucratique, en prévoyant notamment des votes par correspondance ou par procuration. 

Echec dans le passé 
« Cette exclusion n’est plus tolérable et nos protestations sont légitimes », s’élèvent M. Baghdadi et ses pairs. Devant cette impasse, les Marocains de France, qui revendiquent 25 % des 24 milliards de dirhams de recettes touristiques en 2001, ont saisi la chambre administrative de la Cour Suprême. 

Un recours dirigé contre le Premier ministre pour détournement et abus de pouvoir. La séance qui sera plaidée en audience publique est prévue ce jeudi 26 septembre. « Après des milliers de courriers nous sommes acculés à saisir la justice », souligne M. Baghdadi. « Nous voulons être des citoyens à part entière. Il faut tenir compte de cette communauté riche et influente constituée de gens fiables, rentables et utiles pour leur pays d’origine », poursuit-il. 

Déjà dans le passé, la communauté marocaine résidant à l’étranger (près de trois millions de Marocains) avait participé aux élections, notamment pendant la période 1984-1992. Une expérience qui s’est soldée par un échec cuisant. Mais de l’avis des MRE de France « ce n’est pas parce que certains députés avaient échoué en n’honorant pas leur engagement qu’on supprime cette représentation. » 

Quoi qu’il en soit, les Marocains de France s’accrochent à leur droit constitutionnel et affichent une détermination pour la réouverture des listes électorales pour les MRE. « Notre revendication n’est ni nouvelle ni facile à réaliser, mais nous la poursuivrons aussi bien au Maroc qu’ailleurs. C’est une action qui s’inscrit dans le long terme afin de garantir les droits des générations futures. »



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