Le Souverain annonce le droit de vote, une représentation législative et un conseil supérieur pour la communauté marocaine à l'étranger. L'émigration clandestine doit être traitée à la racine. 

Nos MRE à l'honneur
Les Marocains résidents à l'étranger (MRE) seront désormais représentés au Parlement dans leur pays d'origine. C'est la décision annoncée par SM le Roi lors du discours prononcé le 6 novembre 2005, marquant le trentième anniversaire de la Marche Verte. Quatre mesures complémentaires ont été prises à ce sujet. Un. Les élus MRE de 2007 siègeront à la Chambre des Représentants. Deux. Des circonscriptions électorales seront créées à cet effet, à l'étranger. Trois. Les jeunes générations d'émigrés auront droit au vote, au même titre que leurs aînés, et conformément à l'abaissement à 18 ans de l'âge de participation aux différents scrutins. Quatre. La création d'un Conseil supérieur de la Communauté marocaine à l'étranger "constitué de façon démocratique avec toutes les garanties de crédibilité, d'efficience et de représentativité authentique".

Cette question de vote et de représentation nationale des MRE a une histoire en dents-de-scie. C'est ainsi qu'aux élections législatives de 1984, les MRE y avaient pris part dans cinq circonscriptions, à Paris, Lyon, Bruxelles, Madrid et Tunis. Ils ont donc eu cinq représentants aux cours de la législature 1984-1992. Puis plus rien. Cette représentation fut supprimée en 1993, sans raisons exprimées.

La décision royale arrive donc à point nommé, pour permettre à une diaspora marocaine de près de trois millions d'âmes de recouvrer un droit constitutionnel et participer à la marche démocratique et au développement du pays. On a bien vu nos MRE se mobiliser, un peu partout à travers le monde pour réaffirmer la marocanité du Sahara. Ils méritaient donc de ne plus être perçus simplement comme une source de devises, mais aussi d'avoir un droit de parole et de regard à partir d'une tribune institutionnelle nationale.

Le Sahara, précisément, était l'opportunité, inscrite au calendrier officiel, du discours du 6 novembre 2005. Le Souverain a rappelée à cet effet "la disponibilité" du Maroc pour "des négociations sérieuses et responsables", des "initiatives positives" et "une vision prospective clairvoyante". Des consultations seront également engagées, incessamment, avec les partis politiques.

L'immigration clandestine, une actualité brûlante à laquelle le pays est confronté et que SM le Roi n'a pas manqué de soulever. Rappelant la situation particulière du Maroc comme pays d'émission, de transit et de destination, le Souverain a estimé que ce phénomène s'inscrit entre deux extrêmes : la misère réelle à fuir et l'opulence supposée à acquérir. Aussi, ajoute-t-il, la solution "appelle un traitement global, au-delà de l'aspect sécuritaire". Les causes de ce flux difficile à contenir doivent être appréhendées à la source, "par un soutien approprié de développement local", pour les pays africains. 

SM le Roi avait entamé son allocution par un événement malheureux, celui de l'enlèvement qualifiés, à juste titre, de "crime odieux", de nos compatriotes, Abderrahim Boualem et Abdelkrim Al Mouhafidi, employés de l'ambassade du Maroc à Baghdad.




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