Ses membres déplorent la frilosité des partis politiques Hors-jeu, exclus, ignorés... tel est le sentiment du Collectif de MRE de France (CUAPLMF) en pleine campagne électorale. 

«Nous avons tous les droits pour être électeurs et éligibles», soulignent les membres.Les MRE, ce sont plus de 3 millions de Marocains dans le monde. Pour l'année 2001, plus de 37 milliards de DH de dépenses globales de MRE. A elles seules, les recettes touristiques représentent 24 milliards de DH, dont 25% proviennent uniquement de France. 

Les membres du Collectif contestent leur “exclusion ou omission” des élections du 27 septembre. Lors d'une conférence du Collectif, tenue vendredi dernier sous le thème «Statut politique, économique et social des MRE au Maroc», les membres soulignent avoir adressé, en juin dernier, un manifeste au Souverain. Ils ont même saisi la Primature. Leur recours au Premier ministre, à la veille des élections, a été enregistré par la Chambre administrative de la Cour Suprême. Une audience est prévue pour ce 26 septembre en présence de l'agent judiciaire du Royaume et du représentant du ministère public. La défense du Collectif est assurée par Me Abdelmagid Choufani, avocat aux barreaux de Paris et de Casablanca. 

«Face au mur de silence vis-à-vis de nos différentes doléances, nous avons saisi la Justice et intenté un recours pour détournement et excès de pouvoir», affirme ce dernier. Selon le Collectif, des milliers de lettres ont été envoyées aux différentes parties, en vain. Et c'est la raison même de la création du Collectif. Pour sa part, Abdelmajid Baghdadi, président du Collectif, souligne que «même les différents partis politiques, contactés par le Collectif, ont fait preuve de frilosité étonnante, sauf un». Et d'ajouter: «Nous n'avons ni la velléité, ni l'ambition de parler au nom de tous les MRE». Le Collectif représente des associations de l'Hexagone uniquement, soit plus de 1.280 membres (voir encadré).

Abdelkrim Belguendouz, professeur universitaire et membre du Collectif, considère que «le vote est un droit constitutionnel et non pas une contrepartie. Il suffit d'être Marocain pour avoir droit au vote et à l'éligibilité». Pour lui, les justifications données jusque-là pour la non-organisation des élections à l'étranger restent techniques. Les membres refusent que l'on avance des justificatifs techniques pour violer un droit constitutionnel. Selon eux, il faut revoir tout l'appareil diplomatique et consulaire. Ils parlent même de paresse diplomatique. Toujours d'après le Collectif, même si l'expérience de la députation a échoué en Europe au préalable, ce n'est pas une raison non plus de l'annuler. «On ne supprime pas un parlement si les députés ne font pas bien leur travail», ironise-t-il. 

Amin RBOUB

Carte de visite 
La mission du CUAPLMF (Conseil de l'union des associations des professions libérales des Marocains de France) est de réunir les amicales et associations de l'Hexagone, en vue d'une action commune dans différents domaines (éducation, culture, social, sport, économie...). Le Conseil est reconnu par le gouvernement français depuis 1993. Il représente plus de 22 associations de MRE en France. Quant au Collectif des Marocains de l'Ile-de-France, il a été créé en juin 2002. Sa mission est de défendre les droits des Marocains résidant en France. Le Collectif comprend 126 des 132 présidents d'associations amicales. 



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