Depuis l’annonce de la décision-massue tellement redoutée et plus ou moins attendue de la prolongation de l’Etat d’urgence sanitaire, j’avais hâte d’entamer l’écriture de ma chronique hebdo pour pouvoir pousser une fois de plus une gueulante et me libérer de toute la pression et tout le stress accumulés au fil des jours.

Je sais que je ne suis pas le seul à être mécontent, à me sentir brimé, bafoué, et je peux même dire méprisé. Je pense que nous devons être une grande majorité, peut-être cette majorité dite silencieuse et qui risque, à force de la fermer, de devenir à la longue carrément muette. 

Pour ma part, j’ai de plus en plus l’impression que ceux qui nous gouvernent nous considèrent comme leurs protégés pour ne pas dire leurs esclaves. 

Ils nous prennent pour des gamins, pour LEURS gamins. Ils nous infantilisent. Ils nous grondent, ils nous privent de sortie, ils nous mettent au piquet, ils menacent de nous couper les vivres, ou si vous préférez, notre argent de poche. 

D’ailleurs, ils sont devenus les maitres de notre destinée.

Ce sont eux qui disent ce qu’on a le droit de faire et surtout de ne pas faire, que ce soit pour notre vie personnelle ou notre vie professionnelle. 

Sous prétexte qu’ils oeuvrent pour notre bien, ils pensent et décident à notre place, sans nous consulter, sans nous demander notre avis, et sans même se soucier de ce qu’on peut en penser. 

Il est vrai que depuis le commencement de cette malheureuse affaire de pandémie, nous n’avons pas arrêté de les remercier, de les féliciter, de les applaudir, de les glorifier, de leur tisser des lauriers, qu’ils ont dû avoir la grosse tête et à croire qu’ils sont vraiment des génies aux idées toujours formidables et aux ordres jamais discutables.

Tenez ! Cette idée qui se veut logique, cohérente et rationnelle de partage de la carte du Maroc en deux zones géographiquement distinctes et théoriquement étanches. 

D’abord, ce qu’ils n’ont pas osé nous dire c’est que cette idée n’est pas la leur, et qu’ils l’ont juste copiée sur d’autres. Suivez mon regard. Eux ont mis des couleurs, nous avons mis des chiffres. Le génie numérique ! Sauf que chez ces gens-là, Monsieur, toutes les décisions sont discutées et débattues, à grande échelle, avant, pendant et après qu’elle soient prises. 

Chez nous c’est presque toujours : nous ordonnons, vous exécutez. Rompez les rangs ! 

Sans parler de l’incohérence quasi systématique des décisions prises.

Un exemple : mettre en Zone 2, c’est-à-dire, celle qui doit rester confinée jusqu’au 10 juillet, voire plus, les principales zones économiques de pays, et en même temps, crier sur tous les toits que tout le monde doit se remettre au travail, il y a comme qui dirait une petite contradiction. Il faut savoir : soit on va au boulot, soit on reste à la maison. On ne peut pas faire les deux en même temps. 

Et puis, comment peut-on mettre en Zone 2 une ville comme Casablanca, alors qu’elle est le poumon économique du Maroc, et alors que les derniers chiffres de cas positifs dépassent à peine les 10 par jour ? 10 cas dits “actifs”, de surcroit isolés et hospitalisés, pour une population qui atteint les 4 ou 5 millions !

Faut-il rappeler que de nombreuses personnes issues de la Zone 1, la zone “saine et sage”, vont travailler chaque jour chez les “indisciplinés” de la Zone 2 , et vice-versa. 

Allez comprendre ! 

Je ne vais pas énumérer toutes les aberrations de ces nouvelles décisions, mais je voudrais juste faire remarquer que nous n’avons aucune visibilité sur l’avenir proche et lointain, car au lieu de nous présenter un vrai plan de dé-confinement comme c’est le cas des pays qu’on essaye lamentablement de copier, on se contente d’édicter, à la dernière minute, des points qu’on met aussitôt en exécution, quitte à les remettre en cause le jour suivant. 

Tout cela, vous le comprenez bien, mais pas eux, ne peut pas ne pas créer des désordres dont, hélas, les conséquences vont probablement se ressentir très bientôt. 

D’ailleurs, au moment même où je suis en train d’écrire ces lignes amères, j’écoute une émission à la radio sur le sujet des enfants et le confinement. 
Ce que j’ai entendu est effarant, effrayant. Il semble que les enfants qui ont été acculés à rester confinés, pour ne pas dire emprisonnés, durant près de 3 mois, souffriraient actuellement ou risquent de souffrir à terme de maladies psychiques graves. 

En fait, à l’instar des personnes âgées ou à la santé fragile dont on ne parle presque jamais, les enfants ont été les grandes victimes silencieuses et soumises de cette pandémie. Pourtant, on n’a pas arrêté de nous dire depuis le début qu’ils seraient les plus résistants au virus et les moins contagieux. 

Qui sait et qui nous dira ce que vont devenir nos enfants et nos petits enfants lorsque tout ça va finir un jour ? 

Et dire que nous avons un psychiatre comme Chef du gouvernement !!!

En attendant d’être éclairés et libérés un jour, je vous souhaite un très bon week-end et vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit …

Mohamed Laroussi
Analyz.ma


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