Un avion de Royal Air Maroc rapatriant des ressortissants marocains depuis Wuhan, en Chine, à l’aéroport de Benslimane, le 2 février 2020.
Selon la presse locale, ils sont plus de 32000 touristes, étudiants ou hommes d’affaires à ne pas pouvoir rentrer dans leur pays du fait de la suspension des liaisons aériennes.

Des milliers de Marocains bloqués à l’étranger depuis la suspension des liaisons aériennes vers le royaume multiplient les appels à l’aide, avec lettres ouvertes aux plus hautes autorités de leur pays et campagnes sur les réseaux sociaux.

Le Maroc a bouclé à la mi-mars ses frontières et suspendu tous ses vols internationaux pour endiguer la propagation de l’épidémie liée au coronavirus. Des vols spéciaux ont permis de rapatrier les milliers de touristes bloqués au Maroc, mais les Marocains se trouvant à l’étranger n’ont, eux, pas pu regagner leur pays. Selon la presse locale, ils sont plusieurs milliers  de touristes, étudiants ou hommes d’affaires dans cette situation, avec de gros contingents en France, en Turquie et en Espagne. Certains sont notamment coincés dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, seules frontières terrestres de l’Union européenne (UE) avec l’Afrique.
« Nous arrivons aujourd’hui à l’épuisement de nos ressources financières et notre santé mentale se dégrade », ont récemment écrit, dans une lettre adressée au roi Mohammed VI, des Marocains « bloqués en France, en Espagne, au Canada, en Belgique, en Suisse, en Thaïlande et dans d’autres pays ». « Nous ne sommes plus en mesure de continuer à vivre dignement dans un pays qui n’est pas le nôtre. A cela s’ajoute la souffrance d’être séparés de nos femmes, de nos maris et de nos enfants en bas âge », témoignent-ils dans cette lettre ouverte.
« Notre situation ne cesse de se dégrader »
Dans une pétition adressée au gouvernement marocain et signée par plus de 25000 personnes, d’autres alertent sur leur « situation de plus en plus précaire avec la hausse des restrictions imposées par la pandémie ». « Nous avons l’impression que notre patrie nous a oubliés ou, pire, rejetés […] Notre situation ne cesse de se dégrader jour après jour dans l’indifférence collective », est-il écrit dans cette pétition.

Les services consulaires marocains ont annoncé avoir mis en place des « cellules d’accompagnement » et pris en charge les frais d’hébergement pour certains. Mais aucune annonce de rapatriement n’a été faite, la priorité des autorités marocaines étant jusqu’à présent de limiter le risque de contagion, selon les informations obtenues par l’AFP de source diplomatique.

Le nombre total de cas officiellement déclarés au Maroc depuis l’apparition de la pandémie était de 1763 mardi 14 avril, avec 126 décès.

Le Monde avec AFP


 
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