Le Maroc refuse de suivre la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de suspendre temporairement l’utilisation de la Chloroquine dans le traitement des malades de la Covid-19. Le royaume chérifien est convaincu des effets positifs de l’Hydroxychloroquine associé à de l’artémisinine. 

Les statistiques officielles du Maroc montrent que sur les 7554 cas de covid- 19, recensés dans le pays le 26 mai, le taux de guérisons atteint des records, en suivant le protocole précité. Le Maroc est loin d’être un cas isolé en Afrique, son voisin immédiat, l’Algérie est sur la même longueur d’onde. 

Le ministre marocain de la Santé, Khalid Aït Taleb dit que «les résultats sont positifs». En effet, il a fait savoir jeudi 30 avril lors d’un passage dans l’émission «Questions Corona» de la chaîne 2M que «la pandémie est sous contrôle et que les résultats sont positifs», soulignant que «l’expérience marocaine est actuellement saluée à l’international». M.Aït Taleb a affirmé que c’était en grande partie grâce «au protocole thérapeutique à base de chloroquine et d’azithromycine». Il a rappelé que ces deux médicaments étaient «administrés aux malades depuis le 23 mars», insistant sur le fait que leurs «effets secondaires sont minimes». 

The Lancet : Une étude contre la Chloroquine tronquée 
Un infectiologue marocain, le Pr Jaâfar Heikel, a critiqué l’étude Lancet d’un point de vue méthodologique et épistémologique de l’étude publiée par The Lancet sur l’inefficacité de la chloroquine, remettant en cause les conclusions de l’étude. Le Pr Heikel a montré les limites de cette étude et par conséquent a remis en question sa valeur scientifique. 
«Attention, il faut bien comprendre que ce n’est pas une étude clinique mais une analyse de registres [informatisés] de données de différents hôpitaux et pays. C’est évidemment une publication importante qu’il faut considérer pour ce qu’elle vaut ni plus ni moins», a-t-il indiqué, ajoutant que «si vous avez bien lu, ce n’est pas une étude ou un essai clinique mais l’analyse statistique de données de registres [informatisés]». 
Dans le même sens, le spécialiste a affirmé qu’il «faut attendre la publication de la grande série mondiale, celle de Raoult et celles d’autres équipes de différents pays, basées vraiment sur la recherche clinique et thérapeutique et non pas sur l’analyse de données de dossiers informatisés». 

L'OMS n'est pas un organisme indépendant
Dans la crise du Covid-19, l’OMS émet des recommandations à tous les pays. Sont-elles fiables? Financée majoritairement par des fonds privés, peut-on lui faire confiance? Anne Sénéquier, médecin, chercheuse et codirectrice de l’Observatoire de la santé mondiale à l’IRIS, se penche sur cette organisation pour le Désordre mondial. 

Quel crédit apporter à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui pilote la réponse planétaire à la crise sanitaire du coronavirus? Ses conseils sont souvent contradictoires et 80% de son financement ne provient pas des États, mais d’intérêts privés. Dans ces conditions, l’OMS devrait-elle vraiment être impliquée dans les décisions qui touchent aux politiques de santé publique? 

Anne Sénéquier commente la porosité des agences de l’Onu, dont l’OMS fait partie, à l’influence du lobbying: 

 
«C’est malheureusement le jeu de toutes les organisations de l’Onu, de la même manière que ces États membres sont soumis au lobbying de chacune de leurs entreprises. Il y avait un exemple assez frappant là-dessus [...] On avait justement les pays occidentaux qui détenaient de grandes entreprises d’alimentation infantile, qui ont fait le forcing pour faire en sorte que le lait infantile en poudre soit la nouvelle norme de l’alimentation du nourrisson de zéro à six mois.
Donc on dit, très bien, ça va diminuer les famines, ça va permettre d’avoir des bébés en bonne santé. Sauf que ça a été effectivement une nouvelle norme et l’on s’est retrouvé avec des millions d’enfants qui sont décédés de diarrhée aiguë, parce ce que là où il n’y avait pas d’eau potable, on faisait des biberons avec de l’eau souillée, ce qui les a rendus malades.» 



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