Le nouveau coronavirus fait des ravages et les morts se compteront par dizaines de milliers. Selon un dernier bilan officiel, la pandémie touche 199 pays et les chiffres de contaminés grimpent quotidiennement crescendo. Pendant que l’épidémie se stabilise en Asie, le reste du Monde est frappé de plein fouet par une crise sanitaire. 
« Le monde n’a connu de tous temps que des phases cycliques qui ont permis aux civilisations de naître, de se développer, puis de décliner pour sombrer dans les méandres de l’histoire » (Les conditions de la renaissance / Malek Bennabi) 
Pour mieux comprendre la crise sanitaire en cours, nous avons sollicité un spécialiste, Dr Abdelhadi Zahouani, qui a accordé un entretien à la vigie marocaine. 

La Vigie marocaine : Nous vous remercions, docteur, pour cet échange concernant la pandémie engendrée par le virus Codiv19. Avant de commencer cet entretien, pouvez-vous vous présenter? 

Docteur Zahouani : Je suis Docteur en Physiopathologie de la nutrition clinique (PhD, CHU Bichat Claude Bernard-INSERM, Paris) et Pharmacologue (PharmaD, CHU Lariboisière, Paris), j’étais responsable pendant 20 ans des affaires médicales et scientifiques dans différents laboratoires en Europe (France, Belgique, Luxembourg, Espagne et en Suisse). J’ai à mon actif plusieurs publications à l’international et 4 brevets d’invention dans le domaine médical. Actuellement, je dirige le laboratoire EVOLINA , c’est une start-up Européenne spécialisée dans l’innovation dans le domaine de la nutrition clinique et de la pharmacologie. 

Beaucoup d’informations circulent sur ce nouveau virus, mais, une importante partie de la population s’interroge sur cette maladie. De quoi s’agit-il exactement ? 

Pour rappel de base, un virus (n’est pas une bactérie) est un agent microscopique infectieux qui nécessite un hôte, souvent une cellule, en utilisant son mécanisme et à ce titre il est qualifié de parasite. La maladie Covid-19 est causée par le SARS-CoV-2, un virus qui appartient à la famille des Coronavirus (couronne avec enveloppe). De nombreux coronavirus infectent des animaux, nous en connaissons à ce jour cinq capables d’infecter et de se reproduire chez l’homme. De nombreuses études pointent du doigt la destruction de la biodiversité et de l’habitat naturel de ces virus favorisant leur émergence. D’après la commission de l’OMS en Chine, où le Codiv19 est apparu pour la première fois, nous pouvons définir trois catégories parmi tous les cas diagnostiqués positifs au coronavirus : 80% légers à modérés ne nécessitant pas d’oxygène, 14% sévères ayant besoin d’une supplémentation en oxygène (ventilation), 6% critiques souffrant de défaillances respiratoires. 

Quels sont les symptômes constatés avant la déclaration de la maladie ? 

Les symptômes, parfois asymptomatiques, peuvent varier d’un simple rhume ou des syndromes grippaux bénins, à une grave infection respiratoire de type pneumonie mortelle comme ce fut avec le Sras ou le Mers. Pour la majorité des patients, la maladie se manifeste par des difficultés respiratoires dus à l’infection des cellules pulmonaires. Leur inflammation provoque de la toux puis de la fièvre. Durant cette période, la fatigue est intense et d’autres symptômes peuvent apparaître comme le nez qui coule, la gorge qui gratte, des courbatures, tremblements, maux de tête et perte d’odorat. Certains patients ont besoin d’une hospitalisation en raison de la difficulté à respirer et une partie d’entre eux développe une pneumonie sévère nécessitant une admission en soins intensifs. Tout le monde peut être infecté par le 2019-nCoV, les personnes âgées et ceux souffrant de maladies préexistantes (comme l’asthme, le diabète, les maladies cardiaques) semblent plus susceptibles de tomber gravement malades. 

Sur les 700 Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), d’Ile-de-France, il y aurait près de 200 personnes touchées par Covid-19. C’est une population très fragile dont la majorité est dépendante et souffrant de la dénutrition (parfois sévère), de déclin cognitif et de démence. Une personne âgée sur 4 (1/4), en France, est touchée par la maladie d’Alzheimer. 

Coïncidence du hasard, je viens de déposer un brevet d’une solution nutritionnelle, sous contrôle médicale, pour la prise en charge des personnes en dénutrition, elle a pour but de limiter la progression du déclin cognitif et la démence. Elle sera sur le marché dans les prochains mois, en parallèle avec l’étude clinique que je mène avec CHU la pitié salpêtrière (Paris) et CHU de Lille et une dizaine d’Ehpad. Un autre brevet et une solution nutritionnelle pour renforcer la défense immunitaire de ces sujets est en cours d’étude par EVOLINA. L’objectif, est de présenter, par une démarche holistique, des solutions innovantes qui prennent en charge la santé cognitivo-comportementale et la défense immunitaire vis-à-vis des infections virales en temps normal comme pendant les pandémies. 

Après l’Asie, le reste du Monde est touché en plein fouet, la dangerosité de ce virus n’est plus à prouver, quels sont, selon vous, les éléments qui aggravent cette pandémie et comment y remédier ? 

La mondialisation est un facteur qui favorise la propagation du virus, en raison du nombre considérable de déplacements des humains et des marchandises d’un pays à l’autre. L’ignorance d’une partie de la population et la désobéissance en refusant de se conformer aux recommandations mises en place pour éradiquer la contagion, sont des faits aggravants. Il faut se conformer aux consignes des pouvoirs publics afin de limiter la propagation de la maladie, notamment le respect des règles de confinement pour arrêter l’expansion du virus. 

Certains médias spéculent sur l’origine de ce virus et avancent l’hypothèse que codiv19 serait une arme biologique, qu’en pensez-vous ? 

Je suis un scientifique et ce n’est pas mon rôle d’affirmer une telle chose pour le codiv19. Cependant, oui, il existe des armes biologiques utilisant des organismes (germes pathogènes entre autres) destinés à affaiblir l’adversaire par la propagation de maladies graves. Les progrès scientifiques font que les germes pathogènes sont modifiables par manipulation génétique, les rendant plus résistants ou plus virulents, dites armes de 2e génération. Les conséquences destructrices de ces armes sont difficilement prévisibles, les dégâts psychologiques et sociaux sont considérables, du fait de la forte charge émotionnelle dans la population. 

En votre qualité de spécialiste en nutrition et pharmacologie, quels conseils donnez-vous en cette période de confinement ? 

Avec le confinement obligatoire, le premier risque est la prise de poids. Il faut diminuer son apport énergétique d’environ 15% pour éviter le surpoids. On va profiter de ce long confinement pour apprendre, et à nos enfants, comment consommer des légumes et des fruits sous différentes dormes (respectant les consignes d’hygiènes). Ces aliments nous apportent des minéraux, des vitamines et des antioxydants dont nous avons besoin pour booster notre défense immunitaire. Il faut essayer de varier différentes familles d’aliments (viandes, poissons, céréales, légumineuses, matières grasses…) et les sources de plaisir de nutrition dans chaque famille. Les préparations, sous forme, de soupe de légumes (différentes couleurs) sont les bonnes cures de détoxification, observer quelques jours de jeune intermittent pour préparer l’avènement du mois sacré de Ramadan. Ce sont aussi des bonnes résolutions en ce moment de confinement. 

Le Maroc n’échappe pas à la règle et il est également touché par la pandémie. Comment jugez-vous l’approche du royaume face à l’épidémie ? 

Je suis agréablement surpris par la réactivité du royaume face à cette tragédie. Il est incontestable que l’impulsion et le dynamisme du souverain marocain est un atout dans la prise de décisions rapides et énergiques. Le Maroc a pris des mesures drastiques de protection de la population : fermeture des frontières, interdiction des rassemblements, y compris la fermeture des mosquées, et dernièrement le confinement total pour contenir l’expansion du coronavirus. 

Pendant que la France se pose des questions de faisabilité et de consultations interminables pour le traitement de la maladie, le Maroc achète, une semaine auparavant, tout le stock de médicaments susceptibles de guérir les malades. Deux réunions du comité technique et scientifique du programme national de contrôle de prévention et de contrôle de la grippe et des infections respiratoires aigües et sévères (IRAS) ont été tenues et ont lancé des recommandations pour les protocoles thérapeutiques, le bilan à réaliser pour les patients en dehors de réanimation. Ce comité a émis (vu la situation d’urgence de santé publique) des recommandations d’utilisation de la chloroquine et du sulfate d’hydroxy-chloroquine (anti paludiques) ainsi que l’association Lopinavir/itonavir hors AMM. 




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