Dernièrement, l’émission «Al Oâmk Almaghribi » a vu le passage de Abdellah Boussouf, secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger qui a défendu son point de vue comme responsable du CCME, sur un certain nombre de points importants relatifs au Conseil, aux droits politiques des MRE, aux politiques publiques en leur direction et à d’autres thèmes. L’émission s’est déroulée en arabe, mais le site a fait et publié également une synthèse en français sur chaque partie. 

Une des parties est relative à la participation politique des MRE , publiée par le site « Al Oâmk Almaghribi » en français sous le titre : « Boussouf appelle le gouvernement et le parlement à assumer leur responsabilité dans la participation politique des MRE » (voir le lien à la fin de la première partie du présent article publiée par WakeUpInfo). Mais pour chacun des passages (qui sont précédés par la référence : (le site «Al Oâmk»), nous intercalons en italique nos remarques. Notre dialogue public que nous voulons franc, serein, constructif avec le secrétaire général du CCME et respectueux de la personne, a déjà donné lieu, les deux derniers jours, à la publication de deux parties. Voici aujourd’hui la troisième et dernière partie. 

LE SITE «AL OÂMK » : 
Le secrétaire général du CCME a également rappelé que "lors de toutes les discussions que nous avions eu avec l'acteur politique qui constituait la majorité en 2011, Benkirane parlait toujours de la nécessaire participation politique des marocains du monde. Aujourd’hui, nous nous adressons à lui pour lui dire : pourquoi n'avez-vous pas présenté et voté de proposition à ce sujet au Parlement ?». 

NOTRE REMARQUE 
Bien entendu, les gouvernements Benkirane I le 3 janvier 2012 et II du 10 octobre 2013 au 4 avril 2017 et avant eux , les gouvernement d’alternance consensuelle dirigés par le socialiste Abderrahmane El Youssoufi ( I le 14 mai 1998 et II le 6 septembre 2000), les gouvernements Driss Jettou le 7 novembre 2002 et Abbas El Fassi le 15 octobre 2007, ainsi que les partis politiques formant les majorités parlementaires respectives ( quand ils sont dans l’opposition, ils ont des positions correctes) , endossent une très lourde responsabilité dans l’exclusion des citoyens MRE de la vie politique nationale, en raison notamment de leur manque de courage politique et d’absence manifeste de volonté politique d’opérationnaliser de manière démocratique les dispositions avancées de la Constitution 2011 relatives aux citoyens marocains établis à l’étranger. 

Mais de notre côté, nous posons les quatre questions suivantes au secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger : 

1- Pourquoi le CCME n’a-t-il pas présenté au Souverain un avis consultatif sur la participation politique des citoyens MRE ? Cette défaillance n’est-elle pas due à la fois à des négligences, mais surtout à des raisons foncièrement politiques, qu’a expliquées notamment la lettre (février 2013) de démission de Abdou Menebhi du CCME, reproduite hier dans la rubrique « Dakira ». 

2- En supposant un instant que le livre du CCME en arabe et en français d’octobre 2013 soit un véritable avis consultatif sur la participation politique des MRE (ce qui n’est nullement le cas), ou bien qu’il constitue une synthèse des deux positions au sein du groupe de travail qui ne se serait pas mis d’accord, pourquoi après plus de 6 ans de l’édition de ce livre, le CCME n’a pas formulé réellement un avis consultatif en bonne et due forme ? 

En préparant sérieusement le projet d’avis, de manière inclusive, participative et démocratique, n’est-ce pas là un des meilleurs moyens de faire « mûrir » les choses, au lieu de décréter, comme le fait constamment le secrétaire général du Conseil, que les conditions ne sont pas mûres et qu’elles ne peuvent nullement mûrir !!! 

Ce fatalisme à outrance n’est-il pas plutôt l’expression d’une démarche profondément conservatrice, le changement démocratique par rapport aux citoyens MRE, ne pouvant et ne devant nullement se produire, en dépit de la Constitution avancée de 2011 !? Est-ce cela enfin de compte, la mission réelle envisagée et suivie par le dirigeant du Conseil !? 

3- Le secrétaire général du CCME se souvient-il de l’instruction royale qui lui avait été donnée ainsi qu’au président de ce Conseil lors de l’audience royale de nomination les concernant le 21 décembre 2007, consistant précisément à réfléchir aux formules concrètes et aux mécanismes permettant aux citoyens marocains à l’étranger d’être notamment représentés à l’institution parlementaire ? (voir à la fin de cet article, le lien vers le communiqué du Cabinet royal en date du 21 décembre 2007). 

Rappelons au secrétaire général que cette représentation à la Chambre des députés par le biais des circonscriptions électorales législatives de l’étranger, était déjà décidée depuis le discours royal du 6 novembre 2005. (voir à la fin de cet article le lien vers ce discours) 

4- Pourquoi, au lieu d’orienter les efforts ces 12 dernières années sur l’éclosion de formules démocratiques pratiques, de mécanismes concrets d’inclusion, les responsables du CCME ont tout fait au contraire et poursuivent toujours dans un autre sens, pour que cette démarche pratique ne soit pas suivie, l’objectif étant de ralentir constamment, de reporter toujours à plus tard la concrétisation de ces droits politiques pour les citoyens MRE, voir même leur non-réalisation coûte que coûte !? 

LE SITE «AL OÂMK » 
A la question de savoir si les Marocains du monde n'ont pas été autorisés à participer au vote parce que le PJD en aurait bénéficié, Boussouf répond : "Je ne suis pas du tout d'accord avec cette affirmation. Je ne pense pas qu’elle soit possible, car je connais bien les tendances des Marocains du monde. Nous ne pouvons prévoir quel parti aura la majorité des sièges au sein des MRE. C'est une question de conjecture qui n’est ni réaliste ni plausible » 

REMARQUE 
Le secrétaire général du CCME affirme de manière péremptoire « bien connaître les tendances (politiques) des Marocains du monde », mais il ne le démontre nullement. Et même le sondage de 2009 commandité par le CCME à l’institut BVA, avec un échantillon de 2819 personnes marocaines ou « d’origine marocaine » en France, Italie, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, a été instrumentalisé. En effet, la participation des sondés a été relevée dans divers domaines aussi bien dans le pays de séjour que par rapport au Maroc, sauf dans celui de l’intérêt pour la vie citoyenne : intérêt à l’actualité politique, à l’inscription sur les listes électorales…où n’ont été étudiées que les perceptions en pays de résidence et non pas également par rapport au Maroc, pour justifier par la suite, l’absence de demande démocratique des citoyens MRE par rapport au Maroc ! La ficelle était bien grosse ! 

Rappelons que pour les législatives de 2007, l’exclusion des MRE provient des informations-conseils fournies par le ministre français de l’Intérieur à l’époque, Nicolas Sarkozy, sur la probable hégémonie du vote « intégriste » si les MRE participaient au scrutin législatif à partir des pays d’accueil. Si ce genre d’hypothèse, selon Boussouf, « n’est ni réaliste, ni plausible », elle a été émise sur la base des services de renseignement français, qui ont leurs propres bases d’information et qui collaborent eux-mêmes avec les services d’autres pays européens d’immigration marocaine comme la Belgique, l’Espagne, les Pays-Bas etc... 

De l’avis de certains analystes, ce serait l’aspect « plus indépendant », « moins modéré », « non soft », et la non-maitrise de courants islamistes « ravageurs » (autres que le PJD) par les autorités marocaines à l’étranger, qui auraient amené les responsables à Rabat à modifier leur position, en hypothéquant le vote des MRE, décidé pourtant solennellement par le discours royal du 6 novembre 2005. 

La présence de ces éléments non maîtrisés au sein de l’émigration marocaine et proches de mosquées très différentes, serait dérangeante et perturbatrice au fonctionnement normal ou habituel de l’institution parlementaire, qui offrirait une tribune et un espace d’expression inespéré pour ces courants « intégristes » ou « islamiste » indésirables et non fréquentables. 

Il s’agissait par conséquent de ne pas accorder à la mouvance islamiste (au sens large), une sorte de prime ou de bonus électoral, qui lui permettrait de conforter son avance dans la représentation parlementaire, étant donné son dynamise parmi les membres de la communauté marocaine à l’étranger et son immense capacité de mobilisation électorale (grâce surtout aux mosquées, comparée aux formations politiques « traditionnelles », qu’elles soient de la majorité ou de l’opposition. 

Depuis cette date, l’approche du dossier politique des MRE est restée dominée par la vision sécuritaire, avec la peur des résultats des urnes, les MRE étant considérés comme un danger, une source de risque et de menace déstabilisatrice pour le Maroc. Dans un lapsus révélateur, c’est le CCME lui-même qui reconnaît à la page 19 de son livre édité en français en octobre 2013 et intitulé : «la question de la participation politique et de la représentation parlementaire des Marocains du monde » que « la participation politique des expatriés pose des questions majeures quant aux équilibres politiques intérieurs » ! Cette citation a été reprise dans l’édition en langue arabe du même livre et également dans des brochures ultérieures du CCME. 

Selon cette approche, les responsables du CCME interviennent dans le sens du lobby qui bloque, sabote et ne veut nullement ni de la participation et de la représentation politique au Maroc des citoyens marocains à l’étranger, ni d’un CCME élu. 

Pourtant, sur ce dernier aspect, le discours royal du 6 novembre 2007, envisageait pour l’avenir un conseil représentatif, démocratique et efficient. Il préconisait en effet pour le prochain CCME, concernant les modalités de sa constitution, sa « conviction que la représentativité authentique profonde procède en fait de l’élection ». Dans la même lignée, le roi ajoute une seconde prémisse de base : « le deuxième fondement traduit la nécessité d’écarter la désignation directe, et ce pour des raisons de principe. Car c’est d’une instance représentative qu’il s’agit, et non d’une fonction administrative ou d’un poste politique. Par conséquent, l’élection reste nécessaire est souhaitable comme point de départ et comme objectif pour la mise en place de cette institution ». (Voir à la fin de cet article, le lien vers le discours royal du 6 novembre 2007). 

Enfin, au vu du comportement d’un nombre relativement important de membres de la communauté marocaine à l’étranger , impliqués dans des actions violentes et mortifères, principalement en Europe, que fait le «Conseil Européen des Oulémas Marocains » et qu’elle est la démarche menée dans le domaine religieux par certains membres du CCME ( un groupe de travail spécifique existe en ce domaine) et une partie de sa direction, qui ont été choisis en raison dit-on, de leur connaissance du milieu, de leurs expertise et de leurs potentialités d’intervention dans le domaine cultuel !? Pourquoi, là aussi, en dehors de séminaires ou l’édition de livres (qui constituent des activités intéressantes en soi), aucun avis consultatif en bonne et due forme, n’a été préparé et adopté par les instances habilitées du CCME ? 

LE SITE « AL OÂMK » 
Selon lui, « la question de la participation politique est épineuse et sensible, et nécessite un consensus ». Et d’ajouter que le CCME a toujours appelé à « ouvrir une discussion approfondie avec toutes les composantes essentielles. Lorsqu'ils soumettent des projets de loi, certains partis politiques savent qu'ils ne passeront pas au Parlement. Par conséquent, il s’agit plus d’une surenchère politique de leur part que d'un travail sérieux ». 

NOS REMARQUES 
En fait, les responsables du CCME ont toujours mené des actions, voir combattu les initiatives parlementaires en faveur des droits politiques des citoyens MRE pour faire barrage à leur représentation au parlement. 

A titre d’exemple, à la veille de l’interpellation mensuelle à la Chambre des conseillers du chef de gouvernement, Benkirane, sur le dossier des MRE, le CCME a entrepris des contacts avec des parlementaires marocains. C’est ainsi que le 7 mai 2013, El Yazami et Boussouf, respectivement président et secrétaire général du CCME, tenaient une réunion à Rabat avec la direction du Rassemblement National des Indépendants (RNI) et son groupe parlementaire à la chambre des conseillers. 

L’objectif était de communiquer en particulier sur la non faisabilité de la représentation des MRE au parlement à partir des pays de résidence, en invoquant l’existence d’obstacles insurmontables tels que : le nombre de pays ayant institué la représentation parlementaire de leur diaspora est peu élevé ; les pays d’immigration refusent de permettre l’organisation sur leurs territoires de campagnes électorales en considérant celles-ci comme une atteinte à l’ordre public (comme aux Pays-Bas alors que ceci est totalement inexact); le découpage des circonscriptions électorales législatives de l’étranger est très difficile à obtenir ; casse-tête pour arbitrer les conflits électoraux etc. (voir le PV de réunion du 7 mai 2013 du groupe parlementaire du RNI élaboré par le groupe du RNI à la Chambre des conseillers, numéro 3, session parlementaire d’avril 2013, 5 pages en arabe) . 

Néanmoins, cette communication-pression des responsables du CCME au parlement, n’a nullement empêché que le lendemain, au nom de tous les groupes de l’opposition relevant de la Chambre des conseillers, Maâti Benkaddour, président du groupe RNI (qui était encore dans l’opposition), faisant preuve d’indépendance d’esprit, d’honnêteté intellectuelle et restant fidèle à ses convictions et à des engagements antérieurs du RNI sous l’ère d’Ahmed Osman (qui avait appuyé l’effectivité des droits politiques des MRE), pose notamment la question de la représentation parlementaire des MRE. De même qu’il avait plaidé pour la nécessité de revoir de fond en comble le CCME, et l’impératif de la restructuration et dynamisation de la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger, dont le comité directeur, où siègent toujours les « Amicales » de l’ère des « années de plomb » et qui doit normalement se réunir 2 fois par an, ne s’était pas réuni depuis l’an 2000 (c’est toujours le cas début février 2020). 

Par ailleurs, lorsque certains partis politiques (Usfp, Istiqlal, Pjd) ont pris leurs responsabilités en déposant en 2014, à travers leurs groupes parlementaires, des amendements à la loi organique de la Chambre des Représentants, le secrétaire général du CCME a mené une véritable guerre contre ces initiatives. Ainsi, dans une longue interview parue le 15 août 2014 sur les colonnes d’ « Akhbar Al Youm », le numéro 2 du Conseil fustige certains partis politiques qui « essaient d’avoir une position avancée au sein de la Jaliya » et faire de celle-ci «une base arrière politique pour faire pression sur l’Etat marocain ». 

Adoptant des positions antinomiques avec la Constitution et déniant aux partis politiques leur droit d’encadrer également les citoyens marocains à l’étranger et de défendre leurs droits politiques par rapport au Maroc, le responsable de l’institution constitutionnelle CCME estime que «la Jaliya ne doit pas dépendre des partis mais de la nation et de l’Etat marocain, en lien avec la commanderie des croyants pour qu’elle soit loin des conflits politiciens et de la surenchère » (!!!) « pour qu’elle soit une communauté forte, capable de défendre ses intérêts » (voir à la fin, le lien de notre réponse sous le titre : « Chapeau bas au Secrétaire général du CCME !!! ». 

En somme, toute implication et intégration des MRE dans le processus démocratique du Maroc est contraire aux intérêts nationaux du Maroc et des MRE eux-mêmes, le seul lien que puisse avoir les MRE avec le Maroc est le lien culturel et religieux, comme il l’a de nouveau rappelé lors d’une intervention publique le 12 décembre 2019 à la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc, à l’occasion de la présentation d’un ouvrage intitulé : « le Maroc vu par des voyageurs néerlandais 1605-2005 ». 

Dans la couverture autorisée de cette déclaration insupportable publiée encore de nos jours sur le site officiel du Conseil, on relève notamment le passage suivant, qui s’inscrit dans la vision purement restrictive et antidémocratique du volet politique du dossier MRE, en instituant une véritable déchéance de la citoyenneté marocaine des Marocains établis à l’étranger et en prônant impunément une forme de «sécession» : « Contrairement aux allégations des courants d’extrême droite, M. Boussouf a affirmé que les Marocains des Pays-Bas ont un attachement culturel, spirituel et émotionnel avec le Maroc, loin de toute considération politique. Ils sont d’abord des citoyens néerlandais qui ont des droits et des devoirs parmi lesquels figurent la préservation de leur culture d’origine, qui constitue un élément essentiel du dialogue des civilisations et des cultures ». (Voir à la fin de cet article le lien vers la couverture par le site officiel du CCME de cette activité culturelle, mais aussi, à notre sens, politique et même idéologique !!!). 

LE SITE «AL OÂMK » 
Commentant les récents meetings exceptionnelles lancées par le RNI envers les marocains du monde et qui laisseraient entendre que ce parti a reçu des signaux selon lesquels une prochaine participation de nos MRE est en cours de préparation, Boussouf indique que «tous les partis sont actifs à l'étranger, cela dépend du poids de chaque parti mais ils sont tous actifs, et je ne pense pas qu'il y ait des signaux qu’un parti aurait spécialement reçus parce que tous les partis travaillent et cherchent à se rapprocher de cette communauté ». 

Pour Bousouf, la question qui se pose aujourd’hui est la suivante : "Quelle est la position du gouvernement concernant cette question dans la perspective des élections de 2021 ? A-t-il l’intention de présenter un projet au Parlement pour qu’il soit voté par la majorité sachant que cette question ne fait pas l’objet d’un désaccord entre la majorité et l'opposition. Au contraire, elle est le seul sujet sur lequel ils sont tous les deux d’accord ».

NOS REMARQUES 
L’interpellation du gouvernement El Othmani est fort pertinente, mais nous posons également les deux questions suivantes au secrétaire général du CCME : 
  • Ce Conseil va-t-Il se résoudre enfin à défendre les droits politiques des citoyens MRE par rapport au Maroc, et à présenter un avis consultatif au Souverain dans cet esprit ? 
  • Les responsables du CCME, dont son secrétaire général, vont-ils cesser de pratiquer le double langage et de reporter toujours à plus tard l’effectivité des droits politiques des citoyens MRE par rapport au Maroc ? 
LE SITE «AL OÂMK » 
L'officiel marocain a appelé à "un dialogue responsable et sérieux afin de trouver un consensus qui serve les intérêts et des marocains du monde et du Maroc", ajoutant qu’" il n'y a probablement pas un modèle de participation politique à travers le monde, car chaque pays traite ce dossier selon son intérêt. C’est en ce sens que le Maroc doit créer son propre modèle afin de permettre la participation politique des marocains du monde ». 

Cependant et afin de montrer un certain sérieux, le secrétaire général du CCME déclare : « Nous devons commencer par des choses qui ne nécessitent pas la participation politique comme la participation des MRE aux instances de gouvernance, ce qui est également essentiel et pourrait atténuer la tension, et permettre de traiter les problèmes des MRE à travers ces instances ». 

NOS REMARQUES 
Relevons que cette démarche de prendre encore plus de temps, de reculer l’échéance, de reporter toujours à plus tard l’effectivité des droits politiques des citoyens RME par rapport au Maroc, n’est pas nouvelle, ayant déjà été défendue par le dirigeant du Conseil dans bien d’autres interventions médiatiques. 

En guise de discussion de cette « recette » évoquée dans l’entretien avec « Al Oâmk Almaghribi », nous renvoyons ici à notre article du 17 juillet 2017 intitulé : « Le temps politique des citoyens MRE et l’approche intemporelle du CCME. Réponse à « Al Ayam » et à Boussouf », article reproduit dans l’édition de ce jour, 3 février 2020 par WakeUpinfo, dans la rubrique Dakira ». 

Par ailleurs, la représentation parlementaire des expatriés dans leurs pays d’origine est assurée notamment dans les pays suivants : Algérie, Tunisie, Mauritanie, Sénégal, Mozambique, Cap-Vert, France, Italie, Portugal, Croatie, Colombie, Équateur qui vient d’abriter la 12ème session du Forum Mondial Migration Développement, etc....Pourquoi ne le serait-elle pas au Maroc ? Est-ce en continuant à délégitimer et à décrédibiliser de fait la représentation parlementaire des MRE que l’on parviendra à « créer le propre modèle du Maroc » en ce domaine ? 

CCME et CSMD 
Enfin, en revenant à l’original de la vidéo, on relève que le secrétaire général du CCME a fait un appel du pied à la Commission spéciale du modèle de développement pour qu’il soit auditionné par elle, s’agissant des aspects relatifs aux Marocains résidant à l’étranger. Bien entendu, comme nous l’avons montré dans un livre récent, intitulé « Immigrés au Maroc et citoyens marocains à l’étranger, un double plaidoyer », l’inclusion des Marocains de l’extérieur dans le développement politique, démocratique et citoyen, est une exigence de l’heure (Voir à la fin de l’article, le lien vers la 4ème partie du livre-audio en la matière). 

Les attentes et revendications des MRE doivent être prises en compte par la CSMD, y compris les aspects démocratiques et politiques, car il ne peut y avoir de développement sans démocratie, et la démocratie suppose la non-discrimination et la non-considération des MRE comme des sous-citoyens, et alors que ces exclusions sont justifiées et cautionnées en particulier par les responsables du CCME. 

De ce fait, les dirigeants de ce Conseil, étant juges et parties en ce domaine et n’ayant pas assumé leur cahier de charge institutionnel notamment en ce domaine, sans parler de leur excès de zèle contre l’effectivité des droits politiques des citoyens MRE, l’écoute doit se faire, à notre sens, directement par l’implication directe des ONG de la société civile MRE qui sont appelées à s’exprimer en conséquence, par le biais notamment de mémorandums et être largement auditionnées par la CSMD. 

Dans le même esprit, s’agissant du CCME lui-même, «institution de bonne gouvernance », mais caractérisée après plus de 12 ans de sa création par l’absence d’efficacité et de transparence, il est grand temps à notre sens , par respect des dispositions de la Constitution et de son esprit , de lui appliquer un traitement de choc, en rénovant son statut et ses structures par le biais de l’opérationnalisation de l’article 163 de la Constitution et en lui renouvelant très toutes ses instances pour permettre particulièrement aux jeunes compétences de Marocains à travers le monde, de contribuer comme le déclarait le Souverain dans son discours le 20 août 2012, «à la construction du Maroc de demain» ! 


Abdelkrim Belguendouz 
Universitaire à Rabat, chercheur en migration 

(FIN) 

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