Le récent remaniement ministériel en France aura laissé plus d'un insatisfait. M. Paul Dijoud par exemple, qui a été gardé comme Secrétaire d'Etat à l'immigration est, parait-il, très mécontent du maintien du rattachement de son département au ministère du Travail.

Cela donne trop l'impression de n'accepter les travailleurs étrangers que lorsqu'on a besoin d'eux, et de les rejeter vers leur pays d'origine en temps de crise ou une fois l'activité saisonnière terminée, en étant sûr de les retrouver (eux ou d'autres) à moindres frais, au bon moment.

N'ayant pu être promu ministre, à l'occasion de la « démission » de M. Chirac, qui s'apparente plus à un renvoi, il aurait peut-être au moins préféré, pour être fidèle à l'image de marque qu'il veut se donner, dépendre du ministère de la Coopération. Cela lui aurait permis de mieux présenter l'immigration comme une « aide au développement » des pays exportateurs de main-d’œuvre, en faisant valoir notamment l'envoi de devises et la prétendue acquisition par les travailleurs immigrés d'une formation professionnelle, qui serait bénéfique à l'économie de leur pays au moment du retour…

D'autres, plus réalistes et ayant le sens des affaires, ont certainement préconisé de rattacher le département de l'immigration au ministère du Commerce pour mettre le pétrole, les oranges et les hommes sur la même balance.

Après les nombreuses expulsions arbitraires de travailleurs immigrés dont des Marocains, pour avoir participé à des grèves dans les foyers Sonacotra, ou alors comme ces travailleurs saisonniers marocains qui avaient commis le « crime » en juillet dernier, de participer à une grève de la faim dans les locaux de la CGT à Nîmes, pour exiger la régularisation de leur situation, il aurait été plus logique de rattacher les services du secrétariat d'Etat aux travailleurs immigrés à ceux du ministère de l'intérieur.

M. Dijoud aurait pu faire ainsi bon ménage avec M. Poniatowsky qui est resté au gouvernement, d'autant plus qu'ils se sont entendus très bien jusqu'à présent, dans le domaine de l'atteinte aux libertés et à la dignité des travailleurs immigrés, comme le montrent encore les dernières déclarations racistes du ministre français de l'intérieur.

Abdelkrim Belguendouz






 
Top