Les Marocains, au nombre de plus de deux millions, constituent la 3ème communauté étrangère la plus importante dans les pays de l'Union européenne, derrière les Turcs et les Italiens. 

L'économiste, Abdelkrim Belguendouz, consacre à cette communauté un livre intéressant à plus d'un titre, car basé sur une méthodologie rigoureuse qui ne néglige aucun aspect, ni historique, ni économique, encore moins politique, puisqu'il le place dans le contexte du gouvernement d'alternance. 

"Les Marocains à l'étranger" est le titre du tout dernier ouvrage de Abdelkrim Belguendouz. Avec le surtitre indicatif de "Citoyens et partenaires", qui indique l'angle choisi par l'auteur, le livre se veut "une interrogation sur la place du dossier de la communauté marocaine à l'étranger dans les préoccupations nationales et dans les relations du Maroc avec les principaux pays d'immigration"; aussi, une réflexion et une somme de propositions sur la politique marocaine à suivre dans ce secteur négligé dans l'ensemble par l'analyse et par l'action.

Importance
Dans sa préface, l'auteur souligne que "si plusieurs acquis des résidents marocains à l'étranger ont été remis en cause au Maroc ces dernières années, et si en 1999 l'héritage est lourd, par contre on ne voit pas encore poindre à l'horizon des signaux forts qui devraient leur rendre justice". La première partie s'attache à des repères sur la politique migratoire passée du Maroc et les prémisses d'une approche rénovée.

La seconde partie a trait à la place du volet social dans le nouvel accord d'association Maroc-UE du 26 février 1996 et ses rapports avec les conventions bilatérales de main-d'uvre et de sécurité sociale. La troisième partie, appelle à l'assainissement du dossier migratoire des Marocains en Europe en termes de droits de l'homme. Et, enfin, dans la quatrième et dernière partie, Abdelkrim Belguendouz fait des propositions et des perspectives pour le Maroc concernant la communauté marocaine à l'étranger. 

À plusieurs occasions, il a estimé que les problèmes des émigrés concernent plusieurs départements ministériels à la fois, mais, selon lui, cela ne veut pas dire qu'on n'a pas besoin d'un département chargé de ce dossier et de la coordination de l'action gouvernementale dans ce domaine. 

Selon lui, le Maroc se doit de se doter des moyens nécessaires pour venir en aide aux Marocains résidant en Europe, lesquels doivent être considérés comme des Marocains à part entière et non pas comme des Européens d'origine marocaine. M. Belguendouz suggère la recherche d'une plate forme sur une base consensuelle en liaison avec le mouvement associatif des émigrés afin d'adapter le programme gouvernemental aux spécificités de chaque pays et aux exigences des émigrés marocains, là où ils se trouvent. 

S'il faut reconnaître que le gouvernement d'alternance mène simultanément plusieurs chantiers nationaux de réflexion et d'action et qu'on ne peut tout faire d'un coup, la communauté marocaine résidant à l'étranger, évaluée à plus de 2 millions de personnes, doit également avoir toute sa part dans ces préoccupations en se donnant un cap mobilisateur lisible.

La volonté de réforme existant chez les nouveaux décideurs politiques, c'est pour stimuler ce changement nécessaire, accélérer son rythme et activer l'action dans le domaine de la communauté marocaine résidant à l'étranger, que les réflexions contenues dans ce livre sont proposées au débat pour l'action.

Par Karim Bendaoud
Maroc Hebdo n° 374 du 18 mai au 3 juin 1999









 
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