Il nous parait utile de revenir à un point particulier concernant la teneur du mémorandum soumis par la Koutla à l'appréciation de S.M. le Roi, à savoir la représentation de la communauté marocaine à l'étranger, au sein de la seconde chambre. 

Dans une vision complète et cohérente des réformes nécessaires à mettre en place pour édifier le pays sur des bases saines, solides et crédibles, la Koutla a proposé que la deuxième chambre permette non seulement la représentation professionnelle, locale, régionale et celle du monde du travail, mais aussi la représentation de la communauté marocaine à l'étranger.

Cette initiative est la bienvenue, car elle permet un ancrage de la communauté marocaine à l'étranger dans les sources et les valeurs du Maroc, le renforcement de ses liens identitaires, attaches patriotiques et esprit d'appartenance au Maroc. Elle considère les émigrés comme des citoyens marocains à part entière et la communauté marocaine à l'étranger comme une question stratégique, les émigrés faisant encore et toujours partie de la communauté nationale.

Cette représentation des résidents marocains à l'étranger au sein de la deuxième chambre, permettra d'être à leur écoute, de favoriser une politique de sauvegarde de leurs droits, de promotion et de soutien de leurs aspirations, de défense de leurs intérêts moraux et matériels, d'affermissement de leur identité arabe-musulmane et de leur ancrage à la nation marocaine.

Une participation active attendue
Par cette proposition, la Koutla contribue à dépasser la suppression des cinq circonscriptions électorales, qui revenaient à la communauté marocaine à l'étranger au sein de la Chambre des Représentants, pendant la dernière législature.

De ce fait, les Marocains seront très certainement sollicités au moins pour quelques unes des prochaines opérations électorales, à savoir le référendum concernant les amendements de la Constitution et les élections liées à la composition de la seconde chambre. Une réflexion sera sans doute nécessaire pour envisager la représentation de la communauté marocaine à l'étranger de manière démocratique et transparente, à l'instar de tous les scrutins qui auront lieu.

La Koutla est dans l'attente des consultations et la communauté marocaine à l'étranger a un intérêt évident au changement, lorsqu'on constate l'absence d'une réelle politique dans sa direction par le sous­-secrétariat d'Etat...

La Koutla est une réalité tangible
La Koutla existe. Elle est prête, politiquement et organisationnellement, à assumer ses responsabilités. Un des signes concrets récents est la présentation, jeudi dernier, par les partis de l'opposition démocratique formant la Koutla (PI, USFP, PPS, OADP), de deux propositions de la loi portant réforme et amendement de la loi 12/92, pour que les prochaines élections soient réellement transparentes, saines et crédibles.

Seuls, ceux qui ne souhaitent pas au fond d'eux même que le bloc démocratique mène le changement, dont a tellement besoin le pays, s’acharnent et de manière coordonnée, à travers leurs écrits à asséner des coups à la Koutla, à tenter de la discréditer et à briser l'élan unitaire. Cette attitude négative et destructrice ne fait-elle pas directement le jeu des adversaires déclarés ou occultes du changement démocratique ? Ne sert-elle pas les forces du statu-quo?

Mais peine perdue. Le pays est à la veille d'un véritable tournant. Comme l'a déjà déclaré S.M. le Roi, l'année 1996 sera une année décisive. La nation entière est dans l'attente du discours royal de la Fête de la Jeunesse, qui permettra, sans aucun doute, de dynamiser le processus de changement.

Abdelkrim Belguendouz


 
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