Les responsables algériens perdent la raison, en même temps que la mémoire. L’expulsion massive des paisibles Marocains installés légalement en Algérie, ne peut s’expliquer que par le désarroi du gouvernement d’Alger, devant la réussite de la Marche Verte historique et la concrétisation sur le terrain, de l’accord tripartite conclu entre notre pays, la Mauritanie et l’Espagne, comme vient de le constater la presse internationale lors d’une récente visite. 

Ces mesures d’expulsion et d’exactions multiples, constituent un signe de faiblesse du pouvoir algérien devant la juste cause du Maroc, fort de son droit internationalement reconnu et décidé à récupérer pacifiquement le Sahara Occidental marocain, usurpé par le colonialisme franquiste.

Le comportement inhumain des autorités l’Alger, rappelle par ailleurs la pratique colonialiste durant la guerre de libération nationale en Algérie, lorsque des centaines de milliers d’Algériens furent contraints par la force à se réfugier en Tunisie ou au Maroc, qui ont rempli leur devoir de solidarité avec un peuple frère en lutte pour sa liberté. Et pourtant, ce n’est pas au « clan d’Oujda », actuellement au Pouvoir en Algérie, que l’on va rappeler ces faits.

Mais l’ironie des choses et le comportement hystérique des autorités d’Algérie, veulent que la ville d’Oujda et tout l’Oriental, qui constituaient pour la Révolution Algérienne un vaste camp de solidarité et une base logistique et matérielle, soient transformés maintenant en un camp de larmes et de souffrances, du fait de la dislocation de milliers de familles et de la perte de leurs biens.

C’est là un procède indigne de la part de ceux qui prétendent par ailleurs être des révolutionnaires et œuvrer pour le socialisme. Cette pratique inhumaine les disqualifie et montre que le Maghreb des peuples dont ils osent parler, n’est qu’un slogan creux, destiné à cacher leurs sentiments hégémoniques.

Le gouvernement algérien qui – à juste titre- a revendiqué pour la communauté algérienne en France le droit de vivre dans la dignité et la sécurité, oublie ce principe élémentaire lorsqu’il s’agit en plus de ressortissants dont le seul crime est d’appartenir à un pays frère, qui a décidé de parachever son intégrité territoriale et de faire partie d’un peuple qui s’est mobilisé de façon unanime pour la réaliser.

Si le gouvernement algérien, à court d’arguments sur la question du Sahara Occidental marocain, attend par sa pratique irresponsable, que notre pays utilise des moyens similaires, nous lui disons qu’il se trompe lourdement, car le Maroc ne s’abaissera jamais à ce genre de pratique.

La communauté algérienne vivant au Maroc se trouve dans un pays frère et ami, qui croit aussi bien dans le Maghreb des Etats (en ne s’ingérant pas dans les affaires d’autrui), qu’en celui des peuples. De ce fait, elle a droit à tous les égards et en premier lieu, le droit au respect de la dignité de la personne et de la sécurité des biens. 

Abdelkrim Belguendouz
« Al Bayane », 28-29 décembre 1975



 
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