A une question d’Al-Bayane, le ministre d’Etat à l’Intérieur a répondu lors de la conférence de presse tenue le 14 septembre 1996, que le gouvernement voyait favorablement la représentation de la communauté marocaine à l’étranger au sein du prochain parlement, la forme et les modalités restant à étudier.

La question pourrait être discutée d’après M.Driss Basri avec les partenaires lors du dialogue qui sera ouvert à la Chambre des Représentants, pour adopter de manière consensuelle les lois organiques et les lois électorales, dont les projets seront soumis incessamment par le gouvernement.

Une prédisposition favorable
L’attitude du gouvernement est à relever avec satisfaction car, à notre sens, la communauté marocaine à l’étranger a été marginalisée au sein du Parlement, depuis la suppression dans la législature de 1993 des cinq circonscriptions électorales qui lui étaient consacrées.

Cette mesure régressive n’a nullement été compensée par ailleurs par la création d’un Haut conseil consultatif de la communauté marocaine à l’étranger, comme l’avait annoncé officiellement le gouvernement, ni par l’incorporation de représentants des émigrés dans le Conseil Economique et Social, dans le mesure où cette institution prévue dans la Constitution depuis 1992, n’a pas encore été mise en place.

Ce sont ces raisons notamment qui avaient poussé les partis du Bloc Démocratique à inclure dans le mémorandum de la Koutla en avril1996, la possibilité de faire représenter la communauté marocaine à l’étranger au sein de la seconde chambre.

Par la suite, les partis du Wifak ont adopté sur ce point, la même position dans leur plate forme.

On peut donc dire que sur le principe, il y a un accord aussi bien du gouvernement que celui des deux coalitions partisanes en présence, de voir la communauté marocaine à l’étranger représentée dans le futur Parlement. Reste bien entendu à étudier la forme et à envisager les modalités. Ce sera justement le rôle des lois organiques de les fixer, dans le cadre du dialogue qui est attendu au sein de la Chambre des représentants.

La première formule qui pourrait être envisagée, serait de retourner à la représentation de la communauté marocaine à l’étranger au sein de la première chambre, moyennant bien entendu une révision au niveau du nombre des circonscriptions de l’étranger et du découpage, pour tenir compte des mutations qui se sont opérées au sein de l’émigration marocaine à l’étranger.

La deuxième possibilité, qui n’a pas été exclue par le ministre d’Etat à l’Intérieur lors de la conférence de presse, serait d’envisager la représentation des émigrés par le biais des chambres professionnelles ou bien des conseils élus.

Mais à notre sens, cette seconde éventualité semble plus compliquée et trop sélective. A titre d’exemple, ne pourraient être représentés au sein des chambres de commerce et d’industrie que les hommes d’affaires marocains à l’étranger, alors que la composition de l’émigration marocaine à l’étranger est beaucoup plus diversifiée. Ce qu’il faudrait donc plutôt retenir, c’est la formule envisagée par la Koutla dans son mémorandum.

Toujours est-il, voilà un domaine qu’il faudra éviter d’occulter, l’essentiel étant de considérer les émigrés marocains à l’étranger comme des citoyens marocains à part entière.

Leur large participation au scrutin référendaire, qui a duré pour eux du vendredi 13 au dimanche 15 septembre 1996, pour tenir compte des difficultés matérielles, montre que nos compatriotes à l’étranger tiennent à accomplir leur devoir national en tant que citoyens marocains à part entière. 

Abdelkrim Belguendouz
Paru dans « Al Bayane » du 16 septembre 1996




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