Depuis janvier 2020, le Liban connait un nouveau scandale concernant la fourniture de fioul non conforme, en provenance d'Algérie. Cette affaire, qui met principalement en cause la société algérienne, a eu des répercussions diplomatiques, puisque, lundi 4 mai, le ministre libanais de l’Énergie et de l’Eau, Raymond Ghajar, a convoqué l’ambassadeur algérien au Liban, Abdelkrim el-Rakaybi «pour évoquer le dossier». Des membres du gouvernement libanais ont parlé d’ «irrégularité et de pots de vin». 

Implication de la Sonatrach (Algérie)
Deux sociétés sont impliquées dans ce scandale, la compagnie algérienne Sonatrach et la compagnie libanaise ZR Group. L’Orient- le Jour du 7 mai écrit : « En avril, l’établissement public a signalé à la justice que l’entreprise publique algérienne Sonatrach lui avait livré du carburant défectueux un mois plus tôt. 

L’enquête ouverte a débouché sur l’émission de mandats d’arrêt visant plusieurs personnes, dont le représentant de Sonatrach au Liban, Tarek Faoual. » L’article précise que le procureur général près la cour d’appel du Mont-Liban, Mme Ghada Aoun, « a lancé une enquête concernant un navire de transport de carburant qui serait chargé de fuel non-conforme, destiné à être livré aux centrales électriques libanaises. Le carburant se trouvant à bord du navire Aspo, frété par la Sonatrach, a été jugé défectueux après des tests menés par des laboratoires libanais, selon la chaîne locale d'informations LBCI. » 

L’affaire a récemment rebondi comme le révèle encore le quotidien L’Orient-Le Jour, le premier juge d’instruction du Mont-Liban ; M. Nicolas Mansour, a émis mardi 5 mai un mandat d’arrêt contre le représentant de la société algérienne Sonatrach au Liban. Selon des informations de la chaîne locale LBCI, cet individu et plusieurs autres inculpés ont avoué avoir versé des pots-de-vin. L’Agence nationale d’information (ANI) précise que le magistrat a entendu, le 6 mai, les deux anciens ministres de l’Énergie, Nada Boustani et Mohammad Fneich, le directeur général d'EDL Kamal Hayek et l'ingénieur Yehya Maouloud. Jeudi 7 mai, il a interrogé la directrice générale du ministère de l’Énergie, Aurore Feghali, et la directrice des laboratoires à la sous-direction des installations pétrolières, Dima Haïdar. 

Le gouvernement algérien impliqué directement dans ce trafic 
Au cœur de la polémique, on retrouve donc l’entreprise pétrolière et gazière algérienne Sonatrach. Ce n’est pas la première fois que la presse libanaise crie ainsi au scandale en citant cette société. Bien entendu, tout en reconnaissant l’existence d’un différend entre sa filiale Sonatrach Petroleum Corporation (SPC) et le gouvernement libanais du fait de la très mauvaise qualité de fioul livré à Electricité du Liban, la Sonatrach nie toute implication dans le scandale mais les faits sont là, un contrat lie l’Algérie, via Sonatrach Petroleum Corporation, basée à Londres, au Liban (Ministère libanais de l’Electricité et de l’Eau), aux termes duquel l’Algérie livre au Liban l’équivalent de 200 millions de dollars de gazole et de fioul a l’établissement public à caractère industriel et commercial Électricité du Liban (EDL).

Le contrat renouvelé tous les trois ans, expire le 31 Décembre 2020. Le directeur général de la société libanaise d’électricité (EDL) a transmis, le 6 avril, un courrier au ministre de l’Energie, pour démontrer l’ampleur du préjudice et recommander à la Banque centrale libanaise de surseoir au paiement de la facture de cette marchandise non conforme. 

La Sonatrach est très proche du régime algérien et permet de perpétuer un système algérien de survivre. Le Monde, mis en ligne le 17 avril 2019, cette société pétrolière et gazière d’Etat créée en 1963, «est devenue la caisse du régime permettant sa survie à coups de financement de programmes sociaux, de subventions de multiples produits et construction d’infrastructures.» La Sonatrach est bien le tiroir-caisse du régime algérien et son fidèle exécutant, et son pilier essentiel. C’est avec l’argent tiré de Sonatrach que le régime algérien soutient des groupes terroristes, comme l’ETA basque naguère ou les séparatistes du Polisario aujourd’hui. 

Dr. Nasser Khoury
Liban

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