Depuis près d’un mois, un site électronique en arabe, dont le siège est en Italie, publie des «éditoriaux» incendiaires, provocateurs, irrévérencieux et irresponsables signés nommément par son président directeur général. 

Ces articles publiés par celui qui se présente comme un «journaliste d’investigation », « spécialiste » des «خبايا وأسرار" (, inconnues, éléments cachés et secrets ) sur tous les dossiers, même ceux qui le dépassent, et se prévaut d’avoir de très fortes attaches et «entrées » auprès de très hauts responsables centraux de l’appareil sécuritaire marocain, outrepasse démesurément les lignes rouges. 

Récidives 
Ces pseudo analyses reprochent de manière fallacieuse et tendancieuse en cette période de pandémie, «le silence de l’institution monarchique dirigée par le roi Mohamed Vi », « l’oubli » et « l’abandon» par le Souverain marocain de la communauté marocaine résidant à l ‘étranger, parce qu’il n’a pas consacré un discours particulier à la Nation en ce temps de coronavirus 19 comme l’ont fait d’autres chefs d’Etat. Nous faisons référence ici à l’article en date du 25 mars 2020 avec pour titre : «Absence de politique de communication de l’Etat en matière de coronavirus, du Roi au chef du gouvernement ». 

Une semaine auparavant ( article du 18 mars 2020), la démarche était déjà balisée et un certain nombre de conclusions totalement erronées étaient tirées. 

« L’Etat marocain, à travers ses diverses institutions, a renié (!!!) les membres de la communauté marocaine résidant à l’étranger ». Il ajoute par ailleurs, « ce qui a meurtri le cœur des Marocains du monde, c’est le silence de l’institution monarchique sous la conduite du roi Mohamed VI », alors que, précise-t-il, le Souverain a exprimé dans différents anciens discours son empathie et sa sollicitude envers les Marocains établis à l’étranger. 

Plus loin, l’article énonce sans sourciller que « le roi Mohammed VI, chef de l’Etat marocain qui constitue l ‘interlocuteur numéro 1 et le garant des droits de la Jaliya, est resté prisonnier (!!!) de cette vision sécuritaire et de ces rapports mensongers et fallacieux ». 

Dès lors, il énonce de manière péremptoire et arrogante la conclusion suivante : « La crise du coronavirus s’arrêtera un de ces jours, mais les Marocains de l’émigration n’oublieront pas comment le Roi Mohamed VI les a abandonnés à la première vraie épreuve humanitaire mortifère qui ils affrontent dans les pays d’immigration et de séjour ». 

Dans l’article datant du 13 avril 2020, le même auteur ose affirmer que «Nasser Bourita et ceux qui sont derrière lui au Cabinet royal ont, depuis l’élargissement de la pandémie du coronavirus aux pays de l’Union européenne, «pratiqué la politique d’apartheid (!!!) à l’égard des Marocains du monde répartis à travers le monde ». Il poursuit en posant insidieusement cette question : «où est la culture de la solidarité et de l’entraide qui caractérise généralement toute commanderie des croyants (!!!) !? ». 

« En résumé conclue cet article, Corona modifiera sans nul doute la relation stratégique future entre le Royaume du Maroc et les six millions de Marocains du Monde qui n’oublieront jamais la politique de discrimination raciale (!!’) exercée contre eux à tous les échelons et à tous les niveaux », en clair par toutes les institutions du pays. 

Pour impressionner les lecteurs, faire état de son carnet d’adresses et signifier qu’il a l’oreille des plus hauts responsables du pays, une technique est généralement utilisée., y compris dans les articles mentionnés plus haut. En effet, le comble ou l‘outrecuidance est le fait suivant. Comme indiqué à la fin de ces «analyses », tous ces articles sont envoyés pour information et sensibilisation à toute une série d’instances avec en tête, le Cabinet Royal, puis la DGED !!! 

Une panoplie de mesures royales 
Inutile de dresser ici la liste des mesures prises sur initiative et impulsion royale pour la lutte contre le coronavirus. Mesures concrètes décidées sans tapage, mais avec détermination, hauteur de vue et une vision stratégique qui valent mieux que de longs discours. Il suffit de rappeler qu’elles font l’objet d’un consensus national, primordial pour l’action collective à entreprendre et à faire réussir. Tout comme elles ont eu un écho favorable à l’échelle internationale, pour leur caractère anticipateur 

Bien entendu, au niveau de certains aspects factuels de la gestion gouvernementale de cette crise sanitaire sans précédent qui touche le monde entier, un certain nombre de couacs, de dysfonctionnements, voir même de problèmes majeurs sont à régler, mais là n’est pas le sujet que nous abordons ici. Nous soulèverons prochainement certains de ces problèmes à résoudre en marge de la réunion de la commission des affaires étrangères, des affaires islamiques et des Marocains résidant à l’étranger qui auditionnera le 22 avril 2020 le ministre Nasser Bourita à propos notamment des touristes et hommes d’affaires marocains bloqués à l’extérieur du Maroc et de certains binationaux résidant à l’étranger bloqués au Maroc, sans compter un certain nombre de Marocains retenus dans les deux villes marocaines de Sebta et de Mellilia, occupées par l’Espagne. Il y a aussi la question très sensible du rapatriement vers le Maroc des corps des citoyens MRE décédés dans les pays de séjour. 

Une attitude irresponsable irrecevable 
Dès lors, pour qui roule le président directeur général de ce site - horreur ( et non pas aurore ou lever (du soleil) en arabe, qui prétend travailler 24h/24 dans l’objectivité et la responsabilité, ce qui n’est nullement le cas, étant en fait spécialisé non pas dans les chourouk news, mais dans les fake news. Reprenons à notre compte en l’adaptant, une raison avancée par Himri El Bachir, journaliste honnête et militant associatif au Danemark dans une récente contribution au débat. Notre interrogation est la suivante. 

Pour le « PDG » du site, le soleil se lève-t-il aux Emirats Arabes Unis qui mènent une campagne d’Intoxication contre le Maroc avec un certain nombre de connivences ? Les institutions, dont une se trouve avenue des Zaërs et l’autre à Hay Ryad également à Rabat, dont il se sent le protégé et un des choyés parmi certains marocains résidant en Italie ( en constituant en contrepartie un avocat zélé du secrétaire général de l’institution consultative de Hay Ryad), cesseront-elles de l’appuyer et de lui porter assistance au vu de ces positions pour le moins irresponsables ? Ces institutions en particulier, doivent tirer les leçons adéquates et remettre en cause leurs pratiques. 

Concernant le site lui-même, il ne s’agit pas de liberté d’expression, mais d’une attitude et position antinationale, basée sur des arguments fallacieux. On ne peut se donner le feu vert pour dépasser ainsi la ligne rouge. C’est irrecevable et nous tenons, en tant que citoyen marocain «du dedans », à le dire publiquement en dénonçant sans détour ces agissements. Que tous ceux qui sont interpelés, s’expriment publiquement sur la question. On ne peut laisser passer ce genre de très grave dérapage sous prétexte que le site est peu fréquenté... 

Rabat, le 19 avril 2020 

Abdelkrim Belguendouz 
Universitaire à Rabat, chercheur en migration





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