La mauvaise nouvelle est tombée comme un couperet. On aurait tant voulu croire que ce n’est qu’une mauvaise vanne de 1er avril. Hélas, c’est vrai, terriblement vrai : Fadel Iraki, l’homme au coeur immense et à l’amitié aveugle est parti pour toujours.

Je suis triste, je suis atteré.
Nous ne voyions pas beaucoup, mais j’avais beaucoup d’estime pour lui, et je pense que c’était réciproque.
Je l’ai connu presque comme tout le monde, c’est à dire à l’aune de sa grande création, celle qui avait donné une nouvelle impulsion et ses titres de noblesse à la presse libre, j’ai nommé le grand magazine Le Journal Hebdo, et son pendant arabe “Assahifa”
Ces dernières années, j’ai du le croiser deux ou trois fois par hasard, dans un restaurant ou dans une réception. Il n’était pas très bavard, mais on sentait à chaque fois qu’il en avait toujours gros sur le coeur.
Fadel avait mal à son pays, à notre pays. Il aurait tant aimé qu’il soit mieux, et il ne l’a jamais caché. Il le criait même, mais à sa façon : discrètement.

Pour contribuer au changement auquel il aspirait pour le Maroc, il n’avait pas hésité à mettre tout l’argent qu’il pouvait dans cette aventure de presse sans précédent, mais aussi toute son énergie pour la faire réussir.
Avec ses plusieurs amis, dont Aboubakr Jamai et Ali Ammar, il a fait tout ce qu’il avait en son pouvoir, il a donné sans compter, pour que la voix de la presse indépendante puisse porter le plus loin possible. 
J’ai eu la chance et le privilège de faire partie de l’équipe du Journal, comme chroniqueur externe, pratiquement depuis le début de l’aventure, et je puis vous assurer qu’à aucun moment je n’ai senti que Fadel était mon patron. D’ailleurs, je savais qu’il n’intervenait jamais ni dans le choix éditorial de ses journaux ni dans celui de leurs collaborateurs . 
Je me souviendrai toujours de la période où Le Journal connaissait des contraintes de tout genre, et comment il semblait déterminé à lutter jusqu’au bout pour que cette si belle aventure ne s’achève jamais. 
Hélas, malgré toutes les résistances, il a fini, ainsi que ses équipes, par jeter l’éponge. Et je sais, pour en avoir discuté parfois avec lui, que plusieurs années après, il n’avait jamais avalé cette mauvaise fin. 
Fadel, on te doit beaucoup, et on ne te remerciera jamais assez, mais, sois sûr qu’on ne t’oubliera pas. 
A cause de ce maudit Corona et l'obligation de confinement, tes amis et tes proches ne pourront même pas t'accompagner à ta dernière demeure, ni te pleurer ensemble.
A ma grande amie Meriem Moumile, sa merveilleuse compagne de vie, et à leurs familles, je présente mes plus sincères condoléances.
Repose en paix.


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