Un dépistage au coronavirus avec une seule goutte de sang et le résultat connu en 15 minutes : des entreprises du monde entier se sont lancées dans la course pour élaborer un test sérologique rapide. Parmi elles, NG Biotech, à Guipry (35), qui annonce la commercialisation de son kit.

Comment savoir si l’on a été contaminé par le coronavirus, dans le passé, avec peu ou pas de symptômes ? Et que l’on est, de fait, immunisé, du moins pour un temps ? Les tests PCR, qui sont utilisés aujourd’hui en France, ne le permettent pas : grâce à un écouvillon enfoncé dans le nez, ils indiquent si un malade est infecté au moment où on les réalise… C’est là qu’interviennent les tests sérologiques : ils visent à détecter les anticorps pour déterminer, après coup, si un individu a été en contact avec le virus et s’il dispose des défenses immunitaires adéquates.

Dans la très complexe opération de déconfinement qui attend la France à un horizon encore inconnu, ces tests sanguins s’annoncent primordiaux : ils permettront d’affiner le nombre total de personnes contaminées, dont les cas asymptomatiques. De connaître les zones où le virus rôde encore. De laisser des gens aller travailler, sans craindre pour leur santé. Bémol toutefois, ils n’indiqueront pas si une personne est encore contagieuse. Là, des examens cliniques seront nécessaires.

Concurrence chinoise et américaine
Ce titanesque marché des tests sérologiques s’ouvre et des entreprises du monde entier sont dans les starting-blocks : l’américain Abbott, le finlandais Mobidiag, le chinois Innovita. En France, l’alsacien Biosynex est aussi prêt à dégainer. Face à eux, une petite société bretonne de 40 salariés créée en 2012, basée à Guipry, à mi-chemin entre Rennes et Redon. NG Biotech, spécialisée dans les tests de diagnostic rapide, lance officiellement son produit ce mardi. Sans complexe. « Nous sommes les seuls à présenter un outil tout intégré, on a poussé la facilité d’utilisation à l’extrême », assure le Dr Alain Calvo, directeur du développement. Le test intègre un auto-piqueur et un collecteur de sang et permet de connaître l’évolution de la maladie, de sa phase active à celle de guérison, grâce aux types d’anticorps détectés.

Passé par plusieurs étapes d’évaluation, des urgences de l’AP-HP jusqu’à l’Institut Pasteur, il garantirait, selon Alain Calvo, « une fiabilité de 100 % ». Le marquage de la norme CE en poche, NG Biotech a ses entrées au ministère de la Santé et « a déjà reçu une première commande pour un acteur public ». Mais ne souhaite pas communiquer son nom.

Réservé aux professionnels de la santé
Dès mardi, sera-t-il possible d’acheter le produit en pharmacie ? Non, répond Alain Calvo : « Notre stratégie est claire, on veut donner très rapidement ce type de test au corps médical français pour qu’il dispose d’un nouvel outil », précise-t-il. L’auto-test par des personnes lambda « est encore trop prématuré ».

Installée à Guipry, entre Rennes et Redon, la société NG Biotech compte pour l’heure une quarantaine de salariés. Elle espère doubler son effectif dans les prochaines semaines. (DR)

NG Biotech voit grand : d’une production de 50 000 à 70 000 tests en avril, elle espère atteindre le million en juillet. Pour cela, une quarantaine de personnes vont être embauchées et les murs de l’entreprise devront être poussés. Le but : continuer à produire en Bretagne. Et Alain Calvo de tacler ses futurs concurrents : « Je ne suis pas sûr que les entreprises qui vont arriver sur le marché hexagonal auront une capacité de production sur le seul sol français… » 



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