La musique marocaine est au-devant de la scène, nationale et internationale. Ou, du moins, une certaine musique, qui s’exporte bien d’ailleurs, tout particulièrement dans le Golfe… Elle compte des millions d’afficionados, de fans, qui, sur YouTube, Instagram ou Facebook, prennent régulièrement des nouvelles de leurs «idoles», visionnent leurs vidéos et commentent amplement leurs prestations musicales.

Mais, c’est moins par leurs productions artistiques que par leurs comportements que certains artistes font les Unes des quotidiens, notamment parce qu’ils sont particulièrement répréhensibles, et, de surcroît, très souvent passibles de poursuites en justice.

Ainsi Saad Lemjarred, aux millions de followers, se trouve actuellement à Paris pour comparaître devant une Cour d’Assises sous l’inculpation de viol !

Sans préjuger du verdict final et tout en respectant la présomption d’innocence, on rappellera que le sieur en question avait déjà eu des démêlés avec la justice américaine, pour les mêmes motifs, il y a quelques années, mais aussi que l’un de ses avocats, le célèbre Me Dupont Moretti, avait quitté sa défense au bout de quelques mois après avoir arraché des tribunaux français, sa mise en liberté provisoire…

Ainsi Dounia Batma, tellement imbue de sa personne qu’elle parle d’elle à la troisième personne, comme Alain Delon, (excusez du peu), lorsqu’elle «poste» des messages sur sa page Facebook.

Mme Batma, avec d’autres, est sous le coup de poursuites judiciaires à Marrakech pour «diffamation, extorsion, publication de photos et diffusion de déclarations sans le consentement de leurs propriétaires avec l’intention d’intimider et d’offenser».

Et comme si ces chefs d’inculpation ne suffisaient pas, le Tribunal d’instance de la ville ocre a rajouté une seconde et grosse louche : «Participation à l’accès frauduleux au système de traitement informatique des données et diffusion d’images et de déclarations d’autrui sans son consentement, dans le but de nuire ou de diffamer».

Ainsi Zina Daoudia, connue comme chanteuse de Raï et de Chaabi, qui, au cours d’une récente prestation en Arabie saoudite, a eu l’audace incongrue de proclamer que «l’Arabie saoudite nous envoyait ses «garçons» et que le Maroc rendait la pareille en y envoyant ses «filles» !!!

Comme si ces «flux» étaient assimilables à des échanges culturels, une version maroco-saoudienne du programme Erasmus en somme, alors que chacun sait dans notre pays que nombreux sont les adeptes du tourisme sexuel en provenance du Golfe qui viennent au Maroc.

D’ailleurs, des communiqués fréquents de la DGSN mentionnant des arrestations de prostituées marocaines prises en flagrant délit de débauche avec des «étrangers» sont reproduits dans la presse nationale et l’on sait que si les péripatéticiennes locales sont poursuivies en justice, leurs co-accusés sont fermement priés de quitter notre territoire après l’acquittement d’une amende.

Quant à «nos filles» qui partent dans les contrées lointaines du Golfe, on sait pertinemment que ce n’est point, très majoritairement, pour y poursuivre des études supérieures, travailler dans la finance ou la communication !

Trop souvent malheureusement, il s’agit de pauvres filles à qui l’on promet des ponts d’or et qui, sous une couverture de domestique, coiffeuse ou de masseuse, se retrouvent prisonnières de réseaux de proxénétisme qui les adonnent à la prostitution.

Alors, Dounia, Zina, Saad, sont-ils recommandables et exemplaires pour notre jeunesse ?

Les « affaires» qui les concernent aujourd’hui, du moins pour deux d’entre eux, ainsi que la «chanson» de Daoudia ne projettent-elles pas une image très négative de l’art musical national ?

Comment comprendre qu’elles continuent à jouir du statut de star alors qu’elles traînent derrière elles de telles casseroles (des marmites même !) ?

Bien sûr, les artistes marocains ne sont pas tous de ce cru, loin s’en faut et fort heureusement, mais un proverbe nous rappelle qu’un seul poisson suffit à pourrir le panier…

Qu’il est loin le temps des Naïma Samih, Samira Bensaïd, Abdelwahab Doukkali, Abdelhadi Belkhayat, Mohamed El Hiyani, Latifa Raffat ou Brahim Alami !

O TEMPORA, O MORES…





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