L'ancien PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, se serait entré au Liban à l'aide d'un passeport français, alors que ses 3 passeports (français, libanais et brésilien) sont entre les mains de la justice japonaise. 

La Direction générale de la sécurité générale libanaise a confirmé que Ghosn était entré légalement au Liban où il ne serait pas inquiété par la justice. 

Arrêté à Tokyo le 19 novembre 2018 et inculpé au Japon pour abus de confiance et dissimulation de revenus, Carlos Ghosn a confirmé dans un communiqué qu'il se trouvait au Liban, disant refuser d'être «otage» au Japon d'un système judiciaire «partial». «C'est une surprise totale, je suis abasourdi», a déclaré son principal avocat japonais, affirmant ne pas avoir été contacté par son client et avoir appris «par la télévision» qu'il avait fui le pays où il est sous le coup de quatre inculpations pour malversations financières. 

«Soutien consulaire» garanti par la France 
Invitée ce 31 décembre sur France Inter, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances s’est prononcée sur le départ du Japon de l'ex-président de Renault et Nissan à quelques mois de son procès. Agnès Pannier-Runacher a ainsi expliqué que Carlos Ghosn n'était pas au-dessus des lois mais que le soutien consulaire de la France lui était acquis. 

Comment Carlos Ghosn, l'un des hommes les plus connus et reconnaissables de la Planète, a-t-il pu quitter le Japon sans être repéré, quelles conséquences sur son procès ? Ce sont les premières questions qui se posent au Japon où la sidération l'emportait mardi. 

L'ex-magnat de l'automobile de 65 ans, qui possède trois nationalités (française, libanaise et brésilienne), est parvenu à sortir de l'archipel où il était en liberté surveillée sans que quiconque ne s'en aperçoive. 

Et il est entré légalement au Liban où il ne sera pas inquiété par la justice, a fait savoir mardi la Direction générale de la sécurité générale, citée par l'agence de presse libanaise NNA. 

Surprise au Japon 
Alors qu'il préparait son procès, selon ses défenseurs, et semblait, selon des proches, se plier avec application à toutes les règles imposées (pas de séjour à l'étranger, ne pas voir ni contacter sa femme, rapporter toutes ses rencontres, ne pas quitter Tokyo plus de trois jours), cette fuite a surpris tout le monde. 

Parti sans laisser de trace 
Selon une source anonyme de la chaîne publique NHK, "l'Agence des services d'immigration a indiqué n'avoir aucune trace quelconque" (informatique, vidéo) d'un Carlos Ghosn quittant le pays. 

Des critiques de parlementaires commençaient à fuser sur les réseaux sociaux, telle celle de Masahisa Sato, du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir, jugeant "problématique qu'un pays laisse ainsi faire un départ illégal". 

C'est une situation extrêmement grave 
En l'état, les procureurs nippons apparaissent bien démunis. Selon Junichiro Hironaka, en toute logique, la libération sous caution va être annulée, l'argent versé (quelque 12 millions d'euros au total) gardé par la justice. Mais en l'absence de traité d'extradition entre Beyrouth et Tokyo, Carlos Ghosn a peu de risque d'être renvoyé au Japon. 

Un procès en l'absence du prévenu n'est pas envisageable au Japon, selon l’avocat. Pour lui cette fuite est aussi le résultat d'un système judiciaire qui laisse peu d'espoir de s'en sortir. 



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