Cette semaine, j’ai décidé de me hasarder sur un terrain que je ne maîtrise, mais alors pas du tout, à savoir le rayon de l’économie. Pis : l’économie sociale. Mais, je vous rassure, je ne vais pas vous sortir des théories que j’ignore ou développer des thèses qui me dépassent, mais je vais me limiter à vous présenter quelques constats et m’interroger avec vous sur les éventuelles solutions, si solutions il y aurait.

Si j’ai choisi le sujet de la classe moyenne, c’est parce que, depuis toujours, et surtout depuis quelque temps, il est devenu le thème de prédilection d’un peu tout le monde, du plus petit érudit, ou pas, au plus haut des experts et des responsables. 

D’abord, c’est quoi la classe moyenne ? La définition la plus simple, la plus usitée et la plus comprise par le commun des mortels, c’est celle- ci : la classe moyenne c’est la classe sociale qui se situe au-dessus de la classe disons défavorisée pour ne pas dire pauvre, et au-dessous, de la classe dite des riches. 

Comme vous le constatez, ce n’est pas très précis, mais ça permet un peu de vous situer et savoir plus ou moins où vous en êtes côtés niveau social et revenu.

Il est convenu, un peu partout dans le monde, que ce qu’on appelle “classe moyenne” serait composée des cadres de la fonction publique, du secteur privé, des professions libérales tels que les avocats et autres, des commerçants moyens, des enseignants etc. Etc. 

Cette liste n’est ni exhaustive ni très claire, et elle, surtout, très mobile. Autrement dit très fragile.

En effet, le statut médian de cette classe fait que certains de ses membres sont, très théoriquement, susceptibles de monter plus haut, socialement parlant, mais que d’autres peuvent, également, dégringoler vers le bas. 

Qu’en est-il au Maroc ? 
Tout d’abord, et bizarrement, il y en pas beaucoup qui se revendiquent de cette catégorie , peut-être parce que le terme moyen possède, chez nous du moins, une résonance péjorative. Ailleurs, c’est-dire dans des pays plus modernes, et où les statistiques socio-économiques sont moins fantaisistes que chez nous, faire partie de la classe moyenne est considérée comme un signe de réussite. C’est un peu normal, puisque, dans ces pays, la situation de ces gens-là, à défaut d’être constamment stable, a le mérite d’être plus ou moins enviable. Ils ne sont pas riches-riches, mais ils sont loin d’être dans le besoin, notamment parce que leurs responsables font tout pour leur assurer le confort dû à leur rang. 

Chez nous, la situation est tout autre. Si nos pauvres sont, comme on les appelle si bien chez nous, effectivement des démunis, et si nos riches le sont parfois, voire souvent, d’une manière éhontée, nos “classes moyennes”, nos “moyens”, ne sont pas, hélas, moyennement riches, mais plutôt moyennement pauvres, justement, parce qu’ils manquent terriblement des moyens leur permettant de vivre comme ils le souhaiteraient.

Je vais essayer de vous expliquer. 
Prenons un cadre du public et du privé, qu’importe, et qui serait plutôt honnête, autrement dit, qui ne serait pas un corrompu. Appelons-le, par exemple, Monsieur Normal. 

Monsieur Normal et Madame Normal, elle aussi, cadre, ont deux enfants d’âge scolaire. Comme tous les cadres qui se respectent, ils ont contracté un crédit pour l’achat d’un appartement décent, donc cher, et puis un autre crédit pour l’acquisition d’une voiture, une pour chacun des deux. Leurs enfants, comme tous les enfants des cadres qui se respectent, sont inscrits dans des écoles privées, dont les prix font rougir même leurs propres propriétaires. Ajoutez à cela toutes les autres dépenses vraiment nécessaires, comme la bouffe, les fringues, les vacances, au moins, celles de l’été, etc. Je vous laisse faire les comptes. 

C’est fait ?
Alors, très franchement, comment voyez-vous la vie de M. et Mme Normal qui, je vous le re-précise, sont des gens tout à fait honnêtes. Donc, ils n’ont pas un seul sou “Haram”. 

J’ai parlé de cadres salariés, mais je peux tout autant vous parler de nos enseignants, de nos fonctionnaires, et même de nos officiers de la police ou de la gendarmerie et de bien d’autres, et qui font partie, de fait, de cette fameuse “classe moyenne.

La solution ? Je vous assure que je n’en ai aucune idée. Je suis un chroniqueur, moi, pas un économiste. Et pas un politicien – que Dieu m’en préserve – non plus.

Je vous laisse réfléchir à tout cela, je vous souhaite un très bon week-end et vous dis à la semaine prochaine pour aux autre vendredi, tut est dit. 




0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top