Tenons compte du fait qu’un verre doit être vu dans sa totalité et non partiellement. De même, il s’agit de voir la porte à moitié ouverte qu’il ne s’agit nullement d’ignorer ou d’occulter, en ne parlant que de la porte à moitié fermée.

Dans cet esprit, relevons d’abord que, durant ses six années d’existence, le Ccme a bien organisé un certain nombre d’activités d’ordre culturel (cinéma, expositions, scène musicale avec production de CD). De même, des colloques, séminaires, tables rondes et journées d’études ont été organisés dans le cadre des «événements du Conseil», ou en partenariat avec des organismes très différents, contribuant à animer quelques peu la discussion au niveau national en matière migratoire et à (re) mettre en débat quelques problématiques abordées depuis un certain temps déjà au niveau académique par différents chercheurs marocains essentiellement, de l’intérieur ou de l’extérieur du pays. 

L’organisation de ces «événements» par le Ccme, a donné lieu par la suite à la publication de certains actes de colloques comme les trois sur l’islam, les langues en migration et les sportifs marocains du monde, livres présentés et discutés à nouveau à l’occasion de la 17ème édition du Salon international de l’édition et du livre à Casablanca du 11 au 20 février 2011. 

Mais au-delà de cette activité éditoriale, le plus important aurait été que ces débats aboutissent à la formulation par le Ccme d’avis consultatifs dans les domaines étudiés, ce qui n’est nullement le cas après plus de six années d’existence du Conseil. Pourtant et à titre d’exemple, pour les organisateurs du colloque «sportifs marocains du monde», «un des objectifs de ce colloque est précisément d’approfondir cette réflexion dans le domaine de la politique sportive et de tracer des pistes qui pourraient servir de recommandations à même d’alimenter notre Conseil dans la perspective de constituer un avis consultatif sur la question». (Y.Ajarraï, président du groupe de travail Cultures, éditucation, identités du Ccme, coordinateur du colloque in Colloque « Sportifs marocain du monde histoire et enjeux actuels ». Actes du colloque, international. Publication du Ccme, Editions la Croisée des Chemins et Segmer, février 2011, p13). 

Par conséquent, les activités précitées sont à prendre en considération, mais elles n’ont nullement permis au Conseil de la communauté marocaine à l’étranger d’assumer ses fonctions essentielles, notamment la mission consultative, en émettant des avis consultatifs au Roi Mohammed VI sur les politiques publiques marocaines en matière de communauté marocaine établie hors du territoire national, ainsi que la mission prospective. 

Or, l’évaluation de l’action du Ccme est à entreprendre fondamentalement en fonction de ses missions centrales et non pas de l’animation culturelle, soumise à une grande visibilité médiatique et à des effets d’annonce, mais qui fait diversion sur le cahier de charges précis, prévu par le dahir lui-même C’est le travers dans lequel est tombé le président du Ccme dans le bilan du Conseil qu’il a effectué dans le numéro de la revue trimestrielle « Hommes et Migrations », consacré aux diasporas marocaines, édité fin janvier 2014. Dans son entretien, ayant pour titre « une politique en faveur de la participation culturelle et citoyenne des Marocains du monde », Driss El Yazami s’est largement étendu sur les activités culturelles, mais en dépit du fait que la question du bilan des six dernières années de l’institution lui a été expressément posée, il n’a à aucun moment, évoqué le bilan des fonctions consultatives et prospectives du Conseil. 

De larges prérogatives inexploitées 
Pourtant, l’éventail des attributions de l’institution est très large, couvrant de vastes champs de préoccupations, liées notamment aux problèmes, aux attentes et aux aspirations des Marocain(e)s résidant à l’étranger au plan économique, social, culturel, politique, éducatif, administratif, cultuel et bien d’autres dimensions. 

Selon l’article 2 du dahir n°1-07-208 du 21 décembre 2007, portant création du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, le Conseil a pour attribution et prérogative d’émettre des avis sur : 
  • les avant projets de textes législatifs et réglementaires dont l’objet concerne les affaires de l’émigration et les questions concernant les Marocains résidant à l’étranger ; 
  • les principales orientations des politiques publiques permettant d’assurer aux Marocains résidant à l’étranger le maintien de liens étroits avec leur identité marocaine et notamment celles relatives à l’enseignement des langues, l’éducation religieuse et l’action culturelle ; 
  • les mesures ayant pour but de garantir les droits et préserver les intérêts des Marocains résidant à l’étranger, notamment en situation difficile et précaire ; 
  • les moyens visant à inciter les Marocains résidant à l’étranger à participer aux institutions et aux différents secteurs de la vie au niveau national, et à la promotion des actions menées à leur profit ; 
  • les moyens de renforcer la contribution des Marocains de l’étranger au développement des capacités de leur pays d’origine, aux niveaux national, régional et local, à l’effort du développement humain durable et à la modernisation de la société ; 
  • le développement des stratégies modernes de communication, d’interaction et de coopération avec les pays d’accueil aux niveaux culturel, humain et économique. 
Le Conseil est également chargé d’observer les évolutions prévisibles dans le domaine de l’émigration sur les plans politique, économique, culturel et scientifique. Ce faisant, il doit produire un rapport stratégique tous les deux ans, pour permettre aux gestionnaires du dossier migratoire d’anticiper et prendre les mesures qui s’imposent, afin d’atténuer l’impact d’éventuelles conséquences. 

Six groupes de travail 
Par rapport à toutes ces prérogatives, le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger s’était pourtant structuré en six groupes de travail qui sont les suivants : 
  1. droit des femmes et nouvelles générations, 
  2. cultures, éducation et identités, 
  3. administration, droits des usagers et politiques publiques, 
  4. compétences scientifiques, techniques et économiques pour le développement solidaire, 
  5. cultes et éducation religieuse, 
  6. citoyenneté et participation politique. 
Ceci voudrait dire notamment que le Ccme doit mener une approche genre systématique; favoriser par des propositions et suggestions réalistes, l’action culturelle au sein de l’émigration; contribuer de par ses avis et recommandations à une offre culturelle adéquate, non pas en transformant le Ccme en acteur culturel comme il a tendance à l’être maintenant, mais en impulsant à travers des avis consultatifs au Roi l’action des organismes publics et privés concernés; contribuer réellement au développement de la recherche scientifique; évaluer les diverses politiques publiques en direction de la communauté marocaine résidant à l’étranger; protéger et élargir les droits multidimensionnels de la diaspora marocaine dans les pays d’implantation ; impulser une réflexion objective, argumentée et une consultation pluraliste sur la citoyenneté, afin que les Marocains résidant à l’étranger bénéficient effectivement de tous leurs droits politiques par rapport au Maroc; encourager par ses recommandations et suggestions la contribution des compétences de l’étranger au développement économique, social, culturel, technologique et solidaire du Maroc.. 

Toutes les approches précitées devant déboucler concrètement sur la formulation et la présentation d’avis consultatifs, à entériner préalablement en assemblée plénière du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger.. 

A cela, ajoutons qu’une équipe de membres du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, a été chargée spécialement de la préparation des rapports stratégiques. 

Selon les responsables du Ccme, l’institution est également une instance de vigilance ou de surveillance, étant notamment «le gendarme» des institutions nationales chargées de la gestion du dossier des Marocains résidant à l’étranger, en particulier gendarme du ministère chargé de la communauté marocaine résidant à l’étranger appelé maintenant ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des questions migratoires. (Terme de gendarme assumé par D.El Yazami président du Ccme dans l’interview accordée sous le titre « Dites nous Monsieur Mre… », Hebdomadaire Tel Quel, Casablanca, 3 mars 2008). 

Comment alors expliquer le fait que le Ccme, dont les dirigeants ont l’obligation de résultat, d’efficacité et de performance, n’ait assumé, jusqu’à nos jours, 10 février 2014, aucune de ses missions centrales ? 

Engagements réitérés non tenus 
Allant plus dans la communication et moins dans les actes, voilà à quoi peut se résumer la situation. Le travers des dirigeants du Conseil, très friands de « com », provient du fait que ce qui est annoncé n’est pas honoré. Les engagements pris ne sont pas suivis d’effets tangibles. Or il y’a la nécessité d’avoir clairement un agenda démocratique et d’être fidèle aux obligations d’un cahier de charge. Les annonces faites, les engagements pris et les assurances données à plusieurs reprises à travers des déclarations médiatiques des dirigeants du Conseil ne manquent pas en effet, depuis le lancement de l’institution. 

S’agissant en premier lieu du rapport stratégique qui doit être remis à Sa Majesté le Roi tous les deux ans (par conséquent ici fin 2009), mais qui ne l’a pas encore été en ce 10 février 2014, il était pourtant affirmé officiellement que «le rapport stratégique sortira en 2010 et le travail a déjà commencé» (Voir «le Ccme une force de réflexion, d’action et de proposition». Interview de Driss El Yazami président du Ccme, parue dans «Le Matin du Sahara» du 8 juin 2008). 

Par ailleurs, dans «Al Ittihad Al Ichtiraki du 13 octobre 2009, relayé par la suite par «Libération» (Casablanca), la date devient même précise pour le président du Ccme, qui déclare que: «pour ce qui est de sa mission prospective, le Ccme est appelé à réaliser un rapport tous les deux ans pour proposer les stratégies, les outils, les méthodes et les actions à mettre en œuvre pour améliorer les conditions de vie des Marocains à l’étranger, de façon à répondre parfaitement à leur besoins et attentes. Le rapport stratégique 2010 qui est en cours de finalisation, sera présenté le premier trimestre de l’année». 

Une année plus tard, le même responsable, n’avait pas manqué de souligner que « sur le plan interne, nationalement moins visible, nous avons avancé dans le processus d’élaboration de nos avis consultatifs et dans la rédaction de notre rapport stratégique, puisque nous sommes aussi une institution de prospective ». (Interview du président du Ccme parue dans le magazine Bledmag sous le titre «Bilan à mi-parcours de Driss El Yazami » n°23, début 2010). 



Quelques mois après, le président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, déclarait encore au journal « Le Matin du Sahara et du Maghreb » du lundi 20 décembre 2010 : « Nous sommes entrain de finaliser plusieurs avis consultatifs, puisque nous ne sommes ni une agence exécutive, ni un ministère. Nous préparons donc nos avis et nous les soumettrons à Sa Majesté ». Plus de trois années après, toujours rien ! 

Pour ce qui est toujours des rapports d’activité et des avis consultatifs, le président du Ccme reconnaissait dans l’hebdomadaire Tel Quel du 15 au 21 janvier 2011, que « nous avons pris un peu de retard dans la tenue de notre plénière, mais les rapports d’activité de ces trois dernières années, ne sauraient tarder ». 

Concernant de manière spécifique l’avis consultatif sur la participation politique, qui nécessite des consultations avec les milieux directement concernés, en particulier la société civile MRE, le président du Ccme reconnaissait à la mi-janvier 2011, que le Conseil était encore au stade de la recherche des modalités techniques d’organisation des consultations: «dans un an, nous rendrons les conclusions de nos travaux. Le groupe Citoyenneté et participation politique planche sur les modalités liées à cette question, notamment comment organiser les consultations à l’étranger, qui participe etc. Nous devons aussi prendre l’avis des partis politiques sur la question» (Propos de Driss El Yazami, président de Ccme rapportés par Tarik Hari «Mre: le 

Conseil qui vous veut du bien…», paru dans l’hebdomadaire Tel Quel, Casablanca, n°456, du 15 au 21 janvier 2011). 

Or pour plus d’efficacité et d’utilité, les avis concernant le futur conseil et la participation politique qui sont de surcroit prioritaires, auraient dû être rendus en temps opportun, c’est-à-dire non pas à la dernière minute, mais longtemps à l’avance pour des raisons notamment d’organisation et d’efficacité. L’objectif étant de réunir les conditions requises au succès des opérations à venir, (élections législatives initialement prévues en 2012 et devancées finalement en novembre 2011) avec une mobilisation générale qui nécessite sensibilisation, adhésion consciente, communication et par conséquent une préparation méthodique et rigoureuse, en disposant du temps nécessaire pour le faire. 

Deux autres responsables 
Le secrétaire général du Ccme surtout (Abdallah Boussouf), ainsi que le « membre dirigeant du Conseil » (Driss Ajbali) n’étaient pas en reste. A chaque interview à diverses radio ou aux chaines de télévision marocaines ou étrangères, au grés des thématiques d’actualité abordées, l’annonce était faite selon laquelle le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger était sur le point de formuler un avis consultatif sur l’enseignement de la langue arabe aux enfants MRE (Boussouf, Aljazira, 2010), un avis consultatif sur les différentes institutions chargées des affaires des MRE (Boussouf, TV Alarabia, 2010)… 

Le temps passant sans résultat concret, ces deux autres membres de la direction du Conseil déclaraient à tue tête, qu’il fallait attendre la fin du mandat de quatre ans (20 décembre 2011), pour avoir tous les avis consultatifs et pouvoir mener une évaluation objective… Au 10 février 2014, nous sommes toujours dans cette attente… Aucun avis ! Aucun rapport ! 

Par ailleurs, concernant l’existence des avis, il ne suffit pas de dire pour créer l’ambigüité et transférer la responsabilité, que ces avis sont destinés d’abord au Souverain et de laisser entendre qu’ils ont déjà été réalisés et émis, mais qu’ils ne peuvent être rendus publics que sur autorisation royale expresse. En fait, ce qui est en cause ici, c’est l’inexistence actuelle même de ces avis, alors que les responsables du Ccme parlent de «plusieurs» avis déjà émis et qu’ils «seront rendus publics à la fin du mandat du Conseil» (Voir Tel Quel du 15 au 21 janvier 2011). En effet, la formulation de ces avis doit d’abord être assurée par les groupes de travail internes compétents du Ccme, discutée ensuite et entérinée par l’assemblée plénière… qui n’a jamais eu lieu depuis juin 2008. 

Dés lors, les « qu’en savez-vous ? », appris et récités par cœur par certains membres zélés du Conseil (de Montréal et de Séville en particulier) pour contrer toute appréciation critique des résultats de l’institution, sont de la pure phraséologie ! 

Auto-satisfaction 
Si l’on se réfère maintenant aux dernières déclarations des dirigeants du Conseil, le bilan est globalement positif. 

Pour son président, Driss El Yazami et en nous basant sur son interview parue dans « Hommes et Migrations » fin janvier 2014, «le Ccme a accumulé un patrimoine de connaissance scientifique significatif de l’immigration marocaine». Quelques mois auparavant, le satisfécit suivant est crié haut et fort, dans «La Vie Economique » du 30 avril 2013: « in fine, avec le recul, en nous comparant à d’autres pays, il y’a de quoi être fier. Notre pays à l’égard de ses ressortissants à l’étranger, est l’un des plus actifs, et des grands pays l’ont reconnu ». 

Pour sa part, Abdallah Boussouf, secrétaire général du Ccme, estime dans un entretien paru le 29 mars 2013 sur le site du Conseil, que le résultat des « cinq années est positif », et qu’ « il n’y a pas de doute là-dessus ». Selon lui, si le Conseil n’a pu émettre des avis consultatifs, c’est simplement par manque de temps et en raison de la contrainte des ressources : « Il faut donner du temps au temps, ces problématiques méritent une approche approfondie et ne peuvent en aucun cas être résolues par des slogans ». 

Or à notre sens, la politique, c’est la gestion du temps. Certes, il ne faut pas être pressé au point d’improviser, mais il ne faut pas non plus être trop lent. Car souvent on tergiverse à loisir pour gagner du temps et chercher un répit supplémentaire. On doit savoir qu’en matière de communauté marocaine établie hors des frontières nationales, le déficit est tellement énorme et ancien, que toute tentative pour gagner du temps, est en même temps une perte de temps et une erreur supplémentaire. Le discours de report en report dans la formulation des avis consultatifs nécessaires et des rapports stratégiques indispensables, de remise à plus tard, de donner plus de temps, signifie en fait un manque de professionnalisme, un déficit de détermination et l’absence de volonté réelle de changement dans les politiques en direction des citoyens marocains à l’étranger, qui attendent depuis longtemps les réformes nécessaires. 

Driss Ajbali, coordinateur général, pense également s’en sortir avec une pirouette, à propos de l’absence absolue d’avis consultatifs. Dans une interview accordée le 2 avril 2013 à l’occasion de la participation du Ccme au Salon International de l’Edition et du Livre, pour camoufler la mauvaise gouvernance et le blocage permanent de la direction tripartite du Conseil aux initiatives et aux efforts louables notamment de la majorité des membres du groupe de travail citoyenneté et participation politique, il se fait modeste et plein d’humilité : « Il y a une telle complexité dans la réflexion sur le sujet de la migration. Notre devoir à nous, c’est effectivement de ne pas aller dans la facilité et le slogan, surtout lorsqu’on doit donner un avis à Sa Majesté. Il faut que l’on soit au minimum rigoureux, scientifique et éclairé pour pouvoir éclairer les autres ». (www. dialymotion.com 2 avril 2013). 

Si l’on ne peut être que d’accord sur l’exigence de rigueur scientifique, pourquoi na pas avoir suivi cette démarche et entrepris par contre une approche diamétralement opposée, comme nous le montrerons tout au long de ce livre !? 

Changement de fusil d’épaule 
Les explications précédentes constituant une ficelle trop grosse et n’ayant nullement permis de convaincre, les dirigeants du Ccme ont changé de fusil d’épaule, pensant que dorénavant, la meilleure défense c’est l’attaque, en faisant passer le coupable en victime, ou le pyromane en sapeur pompier . C’est l’exercice auquel s’est livré notamment Abdallah Boussouf, secrétaire général du Ccme lors d’un débat télévisé organisé le 13 juin 2013 dans le cadre de l’émission « Mouwatine Al Youm» (Citoyen d’aujourd’hui) de Medi1 TV sur le thème «Marocains du Monde et défis de la crise économique internationale». L’enregistrement de l’émission a été édité sur le site du CCME. 

Le numéro deux du Conseil a tenté d’imposer deux interprétations essentielles pour blanchir, déculpabiliser les dirigeants de l’institution et leur faire ôter toute responsabilité : 

1- Dans le cadre de sa fonction consultative, le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger a organisé une série de séminaires et élaboré de nombreuses études avec des suggestions et des recommandations, qui ont été envoyées aux différents ministères et organismes s’occupant des Marocains résidant à l’étranger, mais les responsables de ces institutions n’ont pas tenu compte de cette plus value du Conseil. 

Cependant à notre sens, les avis consultatifs auxquels est astreint le Ccme, ne sont pas synonymes de résumés d’interventions ou d’un canevas de propositions recueillies ici ou là et actées lors de séminaires, tables rondes et diverses rencontres. Les avis consultatifs destinés à réformer substantiellement les politiques publiques en matière de communauté marocaine résidant à l’étranger et devant être adressés à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, doivent répondre à une méthodologie beaucoup plus fouillée et rigoureuse et être discutés statutairement en assemblée plénière du Conseil, pour être adoptés ou rejetés, ce qui n’est pas du tout le cas, l’assemblée plénière ne s’étant pas réunie depuis celle de lancement en juin 2008 

De plus, si le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger a acquis selon ses responsables une «connaissance fouillée » dans le domaine migratoire, est parvenu à un état des savoirs et à un état des lieux «remarquables» en matière de migration marocaine, pourquoi n’avoir pas, selon l’article 2 du dahir instituant le Conseil, observé les évolutions prévisibles dans le domaine de l’émigration sur les plans politique, économique, culturel et scientifique, en produisant obligatoirement un rapport stratégique tous les deux ans, ce qui nous aurait amené en ce 10 février 2014 à la réalisation du troisième rapport stratégique !? Au lieu de celà, les responsables du Ccme se sont raccrochés à une étude sur la stratégie migratoire du Maroc à l’horizon 2030, menée en partenariat avec l’IRES, le ministère chargé des MRE et la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger, mais aucun résultat n’a filtré jusqu’à présent. 

2- S’agissant de la participation politique au Maroc des citoyens marocains à l’étranger et de leur représentation au parlement, la question n’a pas encore été résolue selon le numéro 2 du Conseil, par la faute du chef de gouvernement Abdelilah Benkirane, qui s’est exprimé négativement sur ce dossier lors de son interpellation mensuelle à la Chambre des Conseillers le 8 mai 2013, et qu’il ne fera que confirmer à notre sens, à la Chambre des Représentants le 29 juillet 2013. 

Or si la position du chef de gouvernement est fort critiquable, ayant refusé de prendre ses responsabilités sous couvert que le dossier est à prendre avec beaucoup de précautions, est aussi du ressort de l’institution monarchique et connait des problèmes techniques de faisabilité, force est de constater qu’en la matière, la responsabilité de la direction tripartite du Ccme dans le véritable blocage de cette participation politique est également sans équivoque, comme nous le montrerons dans ce livre. 

Auparavant, dressons un bilan d’ensemble de l’(in)action du Conseil, de la communauté marocaine à l’étranger, en analysant les raisons des multiples dysfonctionnements constatés, preuves à l’appui. 

Abdelkrim Belguendouz 
Universitaire à Rabat, chercheur en migration 

DEMAIN : 2- Raisons spécifiques à chaque groupe de travail. 





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