Une chronique de Fouad Laroui a suscité la polémique. L’auteur parle d’ironie. Fouad Laroui mal compris ? Le 17 février, l’écrivain a publié une chronique sur le site d’informations Le360.ma. Intitulé « Dur, dur d’être Marocain », le billet d’humeur évoque la honte de son auteur de se présenter à l’étranger comme Marocain. 

En cause ? Ses compatriotes responsables des attentats de Paris ou des violences sexuelles de Cologne. « On arrête un pickpocket à Amsterdam, un braqueur à Marseille, un trafiquant de drogue à Oslo, une fois sur deux, c’est un compatriote », écrit Fouad Laroui. Et d’expliquer que c’est notamment parce que le passeport marocain est maintenant facile à obtenir. Nostalgique, il se rappelle: « A l’époque [dans les années 1970, ndlr], […], il était plus difficile d’obtenir un passeport que de gravir le Toubkal à genoux ». La facilitation de l’obtention des passeports aurait pour résultat que « ces Marocains qui nous font honte un peu partout en massacrant des innocents ou en violant des Allemandes ».

Dans un premier temps, cette chronique a suscité peu de réactions. Seuls trois commentaires ont été publiés sur Le360.ma, par exemple. Dans la foulée, la grogne commence à monter sur les réseaux sociaux. Le 1er mars, la journaliste Nouhad Fathi publie sur son blog un incendiaire « Fouad Laroui est un Bounty ». La jeune femme y dénonce l’auteur Maroco-Neerlandais. « L’écrivain a vraisemblablement vécu trop longtemps en Europe pour se rappeler que le Maroc demeure, tout de même, un pays du tiers monde », écrit-elle. Attentats et viols liés au tiers monde ? On ne voit pas vraiment de rapport et encore moins de justification. Mais Nouhad Fathi poursuit : « Pour lui, si les terroristes de Paris et les violeurs de Cologne sont Marocains, c’est parce qu’il existe une faille spatiotemporelle déversant des fournées de Marocains sauvages sur le monde civilisé ». Ou encore, de remarquer que : « Bien sûr, il a réussi à insérer dans son texte deux trois clichés qui plaisent tellement à ceux dont il convoite la validation, ainsi apprend-t-on de lui que ces chanceux [ceux qui obtenaient un passeport, ndlr] décrochaient le Saint Graal ‘ la barbe au vente ‘ et ‘ les babouches à la main ‘ ».

Ce billet a été repris par quelques internautes, qui ont à leur tour mis en avant la chronique de Fouad Laroui. On vous épargne les Tweets insultants. Certains reprochent à l’écrivain de tenir un discours familier de celui de l’extrême droite française, comprenez : d’un côté, les Marocains sont responsables de crimes plus que les autres citoyens, et de l’autre, il faut être moins laxiste en matière de délivrance de papiers, ne les offrir qu’aux « bons » Marocains.



Fouad Laroui aurait-il été mal interprété ? Contacté par Telquel.ma, le principal intéressé nous explique qu’il s’agit bien d’ironie : « Un billet d’humeur n’a pas vocation à être suivi d’une explication ou d’une justification. Il se suffit à lui-même. Quand à ceux qui ne comprennent pas l’ironie, c’est leur problème, pas le mien ».

Des propos à ne pas prendre au premier degré ? Si on nous l’explique, on peut aussi l’imaginer à la lecture, notamment, du ton employé au dernier paragraphe : « C’est pourquoi je lance un appel au ministre de l’Intérieur: par pitié, Excellence, pour que nous ayons moins honte des turpitudes de nos compatriotes, rétablissez la quasi-impossibilité du passeport qui était notre lot commun dans les années 70. Et surtout, rétablissez le certificat de bonnes vie et mœurs qui empêchera ces malotrus de venir ruiner notre réputation en Europe…. ». En tous cas, un humour pas compris par tous.



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