L’« éternel second » du Tour de France est mort à l’âge de 83 ans. Coureur très doué, excellent grimpeur, il avait su gagner le cœur des Français face à ses adversaires.

En 1959, Raymond Poulidor, alors parfaitement inconnu hors de son Limousin natal, s'offre le luxe de mener la vie dure aux cracks du peloton dans une course baptisée "Le Bol d'or des Monédières", en Corrèze.

Puisque le jeune Raymond n'était pas très loin de chez lui, des copains du club de vélo, des voisins de la ferme louée par ses parents - modestes métayers sur les terres proches de Masbaraud-Mérignat dans la Creuse, Domaine de la Goutte, avant qu'ils émigrent à une vingtaine de kilomètres de là, à Champnétery, en Haute-Vienne -, tous se sont déplacés avec des pancartes "Vas-y Poulidor".

Fin de ce critérium. Un champion, Louison Bobet, trois fois vainqueurs du Tour de France (1953, 1954, 1955), amusé, excédé mais curieux aussi, demande à son entourage : "Mais qui est donc ce Poulidor ?" Voilà le début de l'histoire du roman d'un petit Français modeste et courageux, magnifié dès la ligne de départ de sa carrière par le talentueux Emile Besson, journaliste sportif à L'Humanité et miroir du cyclisme : c'est lui l'inventeur du célèbre "Poupou", lancé alors dans L'Echo du Centre.

"Poupou" va fleurir sur tous les chemins et dans tous les cœurs des Français. "Monsieur Poulidor, vous portez un nom qui devrait plaire, un nom en or", lui glisse Antonin Magne, ancien grand champion lui-même et directeur sportif de la célèbre équipe Mercier. Ce conseil avisé n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Sans jamais gagner le Tour de France, "Poupou" a toujours su faire fructifier sa carrière, et avec les intérêts.




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