L’inquiétude née de la xénophobie tend à faire oublier les crimes dont les immigrés eux-mêmes sont victimes. Une réglementation restrictive maintient l’infériorité statutaire de l’étranger.

Quand un travailleur immigré cherche un logement, il rencontre les mêmes difficultés qu’un citoyen français ; à cette différence que, là où ce dernier est courtoisement accueilli, l’immigré est hostilement remercié. Quand ce même travailleur va renouveler ses papiers, il se retrouve avec un récépissé de séjour de un à trois mois, qui ne lui permet pas de trouver un travail, un logement, une inscription pour ses enfants à la crèche ou à l’école : partout, on lui demandera une carte de séjour de trois à dix ans.

Veut-il ouvrir un compte en banque, s’inscrire à un stage de formation ? Chaque fois, il se retrouve en butte au même dilemme ; et si, de surcroît, il n’excelle pas dans le maniement de la langue française...

Un bref regard sur les cinq ou dix dernières années montre que le statut de l’immigration et l’ensemble des lois et décrets qui réglementent l’entrée et le séjour des populations concernées restent très fragiles puisque, de fait, ils varient au gré des conjonctures économiques et politiques... Et bien que l’on soit passé en France d’une immigration de célibataires isolés à une immigration familiale plus propice à l’installation durable — avec ce que cela suppose de nouveaux problèmes sociaux à résoudre, — il n’en reste pas moins que, sous bien des aspects, les politiques migratoires, dans leur esprit et dans leur lettre, sont restées très significativement incapables d’apporter une réponse au problème du statut global de l’immigration.

Face à cette fragilité juridique, qui se traduit aujourd’hui par une réglementation restrictive, dans le meilleur des cas, comment le travailleur immigré n’éprouverait-il pas un sentiment d’insécurité permanente dans tous les domaines de la vie sociale ? Difficulté du regroupement familial ; précarité de l’accès au logement, à la santé, à l’école ; discriminations dans le travail et la formation professionnelle ; marginalisation dans la jouissance des droits civiques ; brimades administratives ; manquements de la police et de la justice quant à l’application de la loi contre les (...)



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