En ce vendredi 11 octobre 2019, de très nombreuses manifestations populaires se sont déroulées dans plusieurs villes algériennes à l’instar d’Alger, d’Oran, de Constantine, de Mostaganem, d’El Tarf, de Tizi Ouzou, de Bejaia, de Mascara, de Bordj Bou Arreridj ou de Jijel et bien d’autres villes.

Les manifestants algériens ont réitéré fermement leur opposition aux présidentielles de décembre 2019 et clamé haut et fort leur net refus aux projets relatifs à la loi des finances 2020 ainsi qu’à la loi sur les hydrocarbures.

Alger, comme à chaque vendredi, a vibré au rythme du mouvement de contestation, déclenché le 22 février 2019, et le Centre-ville n’a pas désempli en ce 34ème vendredi où une foule humaine majestueuse, défiant un climat de répression croissante dénoncé par des ONG’s, au lendemain d'une nouvelle arrestation d’une figure du mouvement de contestation du régime au milieu d'un important dispositif policier, a déferlé réclamant le changement et affichant une hostilité claire au pouvoir en place en exprimant leur colère suite à la folle répression qui s’abat sur le peuple algérien.

A Oran, un raz de marée humains a été observé puisque des milliers de manifestants ont sillonné les rues du centre-ville en scandant « El Blad Bladna, ndirou rayna, makanch el vote (l’Algérie est notre pays, nous ferons ce que nous voulons, il n’y aura pas de vote).

A Tizi Ouzou, ce sont des centaines de milliers de personnes qui ont manifesté, le 11 octobre 2019, pour réitérer leur rejet des présidentielles avec Bedoui et Bensalah.

Ainsi, Amnesty International avait dénoncé, le 10 octobre 2019, le climat de répression de ce mouvement populaire de contestation en Algérie et a demandé la libération des personnes arrêtées pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.

Quant à la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH), celle-ci a multiplié les communiqués d’inquiétude ces derniers jours mettant à nu la répression croissante des manifestations pacifiques par les forces de l’ordre algériennes et dénoncé les conditions de détention de plus d’une centaine de manifestants arrêtés.

C’est pourquoi, face à ce climat délétère, le chiffre des candidats à l’émigration clandestine est reparti à la hausse et pour le seul mois de septembre 2019 les services de sécurité algériens ont mis en échec 720 tentatives d'émigration illégale, des chiffres qui ne reflètent guère la réalité du fait qu’ils ne prennent pas en compte les harraga victimes de disparition forcées ou d'exécution sommaires en pleine Méditerranée ou ceux qui arrivent en Europe qu'ils soient placés ou pas dans des centres de rétention.

Il y a lieu de noter que dans les embarcations de fortune, des médecins et d'autres cadres, des femmes avec enfants et des personnes âgées prennent parfois place aux côtés des sans-emploi. Ils ne sont pas otages des appréhensions de leurs aînés. Avoir un toit et manger à sa faim ne leur suffit pas. Ils veulent vivre ! Et ils ne croient plus aux promesses. Les nouvelles générations ne croient qu'au concret. En Algérie, l'augmentation du nombre des harraga demeure un important indicateur politique et social, c'est même l'un des meilleurs indicateurs de la pression sociale.

Même la Banque Mondiale prévoit de sombres lendemains économiques en Algérie ce qui est un mauvais signal quant à la confiance dans l’actuel processus politique dicté par le Général Ahmed Gaïd Salah et dont la stratégie martiale adoptée par le commandement militaire ne fait qu’exacerber la crise. 

Les élections présidentielles du 12 décembre 2019 est le dernier rempart derrière lequel se réfugient les hommes du sérail et le maintien de cette date est pour eux une question vitale. Il s’agit d’une opération qui a pour objectif de doter le régime en place d’une façade civile à travers un président discret et docile.

Mais le peuple algérien est conscient de la manœuvre et il fera tout pour la déjouer en exerçant simplement sa souveraineté et sa citoyenneté à travers la contestation pacifique. Se dresser contre lui est une si bien mauvaise idée. N’est-ce pas Monsieur Ahmed Gaïd Salah ?

Farid Mnebhi




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