«la refonte du modèle de développement (au Maroc) est l’affaire de tous les Marocains et de l’ensemble des forces vives de la Nation : individus et institutions, partis et syndicats, société civile et organisations professionnelles (…) Il est possible à tout à chacun d’apporter son concours à cette entreprise en proposant des idées constructives, en toute liberté et avec la plus grande objectivité ». Discours royal d’ouverture de la session parlementaire le 13 octobre 2017

« (…) En outre, nous appelons tout un chacun à faire montre d’objectivité en appelant les choses par leur nom, sans complaisance ni fioriture, et en proposant des solutions innovantes et audacieuses
(…) ». 
Message du Roi Mohammed VI adressé le 19 février 2018 au troisième Forum parlementaire sur la Justice sociale Ces derniers temps au Maroc, à travers la « Nouvelle Politique Migratoire du Maroc » et l’impact positif qu’elle a eu notamment dans la responsabilisation du Maroc dans le domaine migratoire au niveau de l’Union Africaine, le thème de la migration figure parmi les agendas politiques et sociaux en tête de liste. Cette migration est devenue non seulement une préoccupation des milieux gouvernementaux certes, mais aussi de la société civile, des universitaires, des médias…Mais cette nouvelle politique migratoire nationale, qui est à saluer, à appuyer et à faire réussir en la renforçant, est en fait une politique migratoire hors MRE. Or la migration est à appréhender dans toutes ses dimensions, formes et expressions et non pas de manière sélective et réduite. 

En effet, le fait migratoire au Maroc comporte des questions non résolues jusqu’ici, tout comme de par l’évolution et les mutations parfois rapides dans le domaine, il soulève des questions nouvelles au plan politique et social. Par ailleurs, l’intérêt porté à la migration concerne de plus en plus l’immigration étrangère au Maroc, particulièrement celle des subsahariens. Pour autant, on ne doit pas éliminer de la réflexion et de l’action, l’émigration des Marocains vers l’étranger qui continue sous diverses formes (émigration des saisonnières, «l’ahrig » ou émigration irrégulière dont celle des mineurs non accompagnés, émigration pour le regroupement familial, exode des compétences…), ainsi que l’existence d’une forte communauté marocaine établie à l‘extérieur des frontières nationales, autour de laquelle des silences, des tabous et des non-dits persistent qu’il s’agit de briser. 

Voilà pourquoi, au moment où, avec l’impératif de la rénovation de son modèle de développement, le Maroc devrait s’apprêter à s’engager dans un grand mouvement de réajustements, de réorientations, de ruptures et de réformes, il nous a paru nécessaire d’intégrer dans la démarche la question de la migration internationale dans ses deux volets(MRE et immigration étrangère au Maroc), en assurant le dialogue pour parvenir à une implication consciente et engagée de toutes les parties concernées dans les réformes à envisager. 

Évitons que ce secteur ne figure parmi les «oubliés» de la réflexion collective pour le renouvellement du modèle de développement national. En d’autres termes, le Maroc n’a plus dorénavant que des immigrés. Il a au même moment des émigrés à l’étranger, dont il ne faut pas occulter politiquement, sociologiquement et au niveau de la connaissance et de la recherche scientifique, l’existence même. 

Hormis certains aspects, liés essentiellement à l’immigration étrangère, ce domaine migratoire a besoin d’un effort sérieux de remise à niveau à tous les niveaux, aussi bien conceptuel que pratique et organisationnel. Dans ce quatrième et dernier volet, nous ne reprendrons pas les suggestions déjà émises dans les trois parties précédentes qui concernent le plus souvent le secteur de l’immigration étrangère et de l’asile au Maroc et auxquelles le lecteur voudra bien se référer directement pour compléter l’analyse et les propositions, dans le cadre d’une vision globale. 

Dans ce qui suit, dix points principaux seront développés, concernant fondamentalement le secteur des Marocains résidant à l’étranger avec des recommandations concrètes clés, en prenant en considération leur faisabilité et les parties directement concernées : 
  • Une vue globale. 
  • Leçons à tirer par le Chef du gouvernement au plan organisationnel et institutionnement. 
  • L’interpellation politique du chef du gouvernement. 
  • Les citoyens MRE, un dossier stratégique d’intérêt national à ne pas « oublier », mais à repenser dans le cadre du renouvellement du modèle de développement du Maroc. 
  • Renouveler l’analyse sur l’émigration marocaine. 
  • Avoir une réelle offre de stratégie nationale MRE et mettre fin à l’imposture et au mensonge. 
  • Quatorze préoccupations et interpellations relatives au dossier des citoyens MRE. 
  • Stratégie Nationale MRE et observatoire MRE. 
  • Rapport stratégique d’une non-stratégie. 
  • En guise de conclusion générale. 
Abdelkrim Belguendouz 
Universitaire à Rabat, chercheur en migration 

Demain : Leçons à tirer par le chef du gouvernement au niveau organisationnel et institutionnel. 





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