La participation des Organisations de la société civile (OSC) au dialogue avec l’Union Européenne (UE) revêt une importance majeure dans les négociations sur les questions de la mobilité, de l’asile et de la gestion des frontières. 

Elle permet aux OSC d’avoir plus de capacités à influencer les prises de décision et les politiques, surtout quand elles s’insèrent dans le cadre d’un consortium régional rassemblant des associations actives, crédibles et capables de présenter un bilan critique de la réalité des politiques de mobilité, souvent bilatérales, et de plus en plus sous chapeautage européen, mis en place depuis l’adoption du programme européen de Tampere en 1999 et de se saisir des mécanismes disponibles pour promouvoir de nouvelles approches et des projets innovants. 

Après 2011, le contexte régional est devenu plus favorable à la mise en place d’un dialogue constructif avec l’UE à la lumière des nouvelles approches qui accordent plus d’importance aux corps intermédiaires dans le renforcement du partenariat entre les pays des deux rives de la Méditerranée. La Nouvelle Politique Européenne de Voisinage (PEV) adoptée depuis 2015 confirme le caractère vital du rôle des OSC dans la promotion de la bonne gouvernance, de la démocratie, de l’état de droit et des droits humains. 

Cependant, les milieux racistes et les mouvements d’extrême droite en Europe ont exploité la phobie de l’opinion publique d’une arrivée massive d’immigrés et de réfugiés en Europe, dans un contexte régional marqué par l’instabilité politique de certains pays du Sud, pour accentuer leur campagne de propagande fondée sur l’exclusion, la discrimination et la stigmatisation des migrants. Dans les pays européens, on s’oriente de plus en plus vers des politiques d’enfermement et de limitation du droit à la libre circulation des personnes, ce qui entraine de nombreuses violations des droits humains. À l’ordre du jour des réunions de dialogue régional ou bilatéral, on présente des propositions ayant pour objectif de renforcer le processus d’externalisation des frontières de l’Europe, notamment par la création de « plateforme de débarquement » dans les pays tiers2 en échange de l’octroi d’aides et de faveurs aux pays qui accepteraient de jouer ce rôle. Les OSC sont appelées à élaborer, dans le cadre du dialogue avec l’UE sous sa forme régionale ou bilatérale, des propositions concrètes et claires pour humaniser la gestion du dossier épineux de la migration « irrégulière » et pour favoriser la liberté de circulation des personnes sur la base du respect des mécanismes internationaux de protection des droits humains et du devoir de solidarité entre les peuples, tout en tenant compte des défis actuels des différentes parties concernées. Face à l’approche sécuritaire adoptée par l’UE et le risque d’une acceptation de cette politique par certains pays de la rive sud de la Méditerranée, le renforcement de la coordination entre les OSC s’impose dans le cadre d’un réseautage Nord/Sud et Sud/Sud, afin de garantir plus d’efficacité à leurs actions. 

Nous proposons de présenter, d’abord, les contours de la politique européenne en matière d’immigration. Ensuite, nous aborderons les effets des politiques économiques et sociales de l’UE sur les causes profondes de l’immigration dans un contexte de développement inégal. Enfin, nous présenterons une synthèse des recommandations de la société civile amenée à jouer un rôle plus important pour humaniser les politiques migratoires.







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